Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> Monde magique >> Poudlard et ses environs

White Christmas
Deborah Chloé Parker
Veilleuse
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 6245
Titre : White Christmas
Créé : 14/07/2017 à 14:32:24




Forêt Interdite, Poudlard ⬧ 19 décembre 2003



* Avancer. A travers les arbres, les larmes et la douleur. Avancer. En courant, pour éviter de s'arrêter. Avancer. Dans quel sens, cela n'importait pas. Il ne pouvait pas y avoir de sortie. Il n'y avait que ces arbres. Ces larmes. Cette douleur. Rien autour ne pouvait exister.
Elle trébucha, tomba lourdement. Son front heurta une branche. Ses mains saignaient. Elle les fixa, la bouche entrouverte. Quand s'était-elle blessée ? Étaient-ce bien ses mains ? Elle ne sentait rien. Elle n'existait plus. Deux heures auparavant, elle était encore quelqu'un. Elle ne savait plus qui.
La neige tombait. Sur ses longs cheveux de jais, sur sa robe déchirée, sur ses mains blessées. Elle leva les yeux au ciel, des yeux bleu, gris, vidés de leur intelligence, de leur impertinence. Les larmes avaient tout emporté.
Se relever. Parce que s'arrêter, c'était donner prise à l'horreur. Avancer. Comme s'il y avait encore quelque chose à faire. Ne pas penser. C'était la partie la plus facile. Elle ne savait plus penser. Elle ne savait même plus respirer.
Elle cogna son épaule à un arbre. Son genou butta contre un rocher. Des branches battirent un peu plus son visage. La Forêt ne la laisserait pas en paix. C'était bien. Elle ne serait plus jamais en paix. Peut-être resterait-elle là, à se meurtrir un peu plus à chaque pas, jusqu'à ce que la Forêt la prenne en pitié et la donne en pâture à l'une de ses créatures. C'était le mieux qu'elle aurait pu espérer si elle s'était souvenue de ce qu'était l'espoir.
Sa bouche avait un goût étrange. Peut-être avait-elle vomi. Elle ne se souvenait plus. Ses yeux éteints avaient cessé de voir. Son corps tout entier avait cessé de sentir et comprendre ce qui l'entourait. Comment donner sens aux choses désormais ?
Tout d'un coup, l’accalmie. Il n'y avait plus que sa douleur. Une douleur pure, écrasante, paralysante. La Forêt l'avait laissée partir. C'était loin d'être une bénédiction. Elle n'avait plus nulle part où s'écorcher, où jeter ses dernières forces pour échapper à la réalité. La réalité était là, aussi éclatante que le Parc enneigé. Aveuglante dans la nuit d'hiver. Hypnotique. Et trop atroce pour qu'elle la supporte.
Elle s'évanouit. *




RPG avec Serenity Railgun.
L'intervention des PNJ n'est pas souhaitée.

Serenity Railgun
Retraitée
5e année
[Avatar]
Serdaigle
Messages : 4540
Titre : Re : White Christmas
Créé : 23/07/2017 à 11:34:24

* Enroulée dans sa cape, Serenity fixait la gigantesque étendue blanche de givre couvrant le lac qui se trouvait face à elle. De temps en temps, elle jetait un coup d’oeil à Diablo, le félin qu’elle avait adopté un an plus tôt. Dès que la neige avait commencé à tomber, ce dernier était devenu complètement ingérable, et elle était bien obligée de le sortir de son dortoir pour qu’il puisse se dépenser. Faisant des bonds désordonnés dans une synchronisation des plus approximatives, l’animal était plutôt déchaîné. L’érudite secoua un instant ses jambes, engourdie par le froid. À vrai dire, il était plutôt agréable et apaisant de pouvoir observer le parc à cette heure presque tardive dans cet état de quiétude totale, sans devoir subir les assauts et attaques de boules de neige d’autres élèves. Ces derniers étaient sans doute tous réunis dans leur dortoir en ce moment, ou se réchauffaient près du feu de leur Salle Commune. *

* Levant les yeux au ciel, la bleue et bronze ferma un instant les yeux, profitant du silence. Il était tard, et elle savait qu’elle allait devoir rentrer, mais n’en avait pas encore envie. À regret, elle tourna la tête pour chercher son chat des yeux, et fronça les sourcils en constatant qu’il n’était nulle part en vue. *

[ S’il a encore filé dans la Forêt Interdite, cette fois-ci il en sortira tout seul. ]

* Agacée par les fugues constantes du félin, la sorcière se mit néanmoins en marche en direction de la forêt, par simple acquis de conscience. Elle aperçut bientôt un mouvement, et poussa un soupir de soulagement en reconnaissant l’animal gris tigré qui semblait être très intéressé par un…qu’est-ce que c’était, au juste ? *

* S’approchant aussi vite qu’elle le pouvait malgré la couche de neige, la Railgun comprit rapidement de quoi il s’agissait, et retint une exclamation étouffée. Elle se mit à courir et s’arrêta à genoux devant le corps d’une jeune fille évanouie. La Serdaigle tourna doucement l’élève qui paraissait à peine plus âgée qu’elle et qu’elle ne connaissait pas, avant de regarder autour d’elle. Il n’y avait personne aux alentours. Elle essaya de réveiller doucement la brune qui avait perdu connaissance, ne voulant néanmoins pas la secouer trop fort. Couverte de sang, de griffes et d’ecchymoses, elle était en bien mauvais état. *

* Ignorant son chat qui ne semblait pas comprendre la gravité de la situation, l’érudite jeta un nouveau regard au parc qui était désespérément vide. La solution la plus logique aurait sans doute été de courir le plus vite possible au château pour ramener un adulte, mais l’idée de laisser cette inconnue dans le froid à côté de la forêt lui paraissait tout simplement révoltante. Ôtant sa large cape pour la placer à côté de la jeune fille, Serenity fit rouler le corps inconscient pour le faire légèrement basculer. Se servant de la neige et de la cape, elle pourrait sans doute faire glisser la brune jusqu’au château pour l’emmener à l’infirmerie. *

___________________________________

* Assise en tailleur sur un lit de l’infirmerie, l’érudite fixait le corps toujours inanimé de la jeune fille qu’elle avait réussi à tirer jusqu’au château, à grand peine d’ailleurs. Dans le processus, elle avait peut-être fait plus de mal que de bien à sa vis-à-vis, butant de nombreuses fois contre des rochers, perdant souvent du terrain dans les montées, mais elle n’avait pas pu se résoudre à l’abandonner en plein milieu du parc. Diablo sur les genoux, une tasse de chocolat chaud au creux des mains, elle n’avait pas voulu retourner dans son dortoir, désireuse de parler à l’inconnue une fois qu’elle se réveillerait. La curiosité la dévorait, et elle voulait au moins connaître l’identité de cette dernière. Resserrant la couverture autour de ses épaules d’une main, elle poussa un soupir et jeta un regard à la fenêtre pour observer la neige qui tombait toujours dehors. *

Deborah Chloé Parker
Veilleuse
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 6245
Titre : Re : White Christmas
Créé : 23/07/2017 à 18:49:35

* Lorsqu'elle se réveilla, ce fut pire.

Son évanouissement lui avait fourni un répit. Pendant quelques précieuses minutes, la neige avait anesthésié ses plaies, son cœur avait ralenti, ses larmes s'étaient taries. Son corps avait cessé de fonctionner pour protéger son esprit, pour le couper de la douleur et de l'effroi. Elle avait lâché prise.
Puis le rêve avait commencé.
Le soleil brillait, d'une lumière crue qui rendait les contours flous et scintillants. Contours du Lac, contours des deux sacs abandonnés sur le rivage, contours d'un ponton qui n'existait pas dans la réalité.
La réalité. Deborah fit un pas, déboussolée. Elle savait que tout cela était faux. Elle ne savait pas comment elle était arrivée là. Elle regarda ses pieds nus qui s'avançaient sur le bois, calmement, sans qu'elle l'ait décidé. Au moment où elle allait paniquer, quelque chose, au plus profond d'elle-même, lui fit savoir qu'elle n'était pas en danger. Elle avança encore.
L'eau clapotait. Elle jeta un regard aux environs déserts. Tout était parfait. Pour la première fois de sa vie, elle était capable de ressentir ce que les autres appelaient la béatitude. D'un geste souple, sans effort, elle se débarrassa de son uniforme et plongea dans l'eau qui l'appelait.
Et tout changea. Sous la surface, il faisait si sombre et si froid que dans sa poitrine son cœur s'arrêta soudain. Paniquée, elle voulut remonter, mais une chose visqueuse à la force titanesque la saisit par la cheville, l'attirant vers le bas. Des bulles sortaient de sa bouche qui criait sans bruit. Ses yeux écarquillés voyaient de plus en plus mal à mesure que la surface s'éloignait. Ses bras impuissants s'agitaient sans qu'elle n'ait aucune chance. Elle coula.
Elle coula pendant ce qui lui semblaient être de longues minutes, mais ne devaient être que des secondes. L'oxygène ne lui manquait pas encore. Elle ferma la bouche dans une vaine tentative de garder de son souffle. Ce fut alors que la créature qui l'avait attrapée la lâcha, et qu'elle le vit.
Ses cheveux de jais, trop longs et mal taillés, flottaient autour de son visage plus livide que jamais. Il était attaché à un pieu, dans un halo de lumière vers lequel Deborah se dirigea aussitôt. Le manque d'air cisaillait sa poitrine et étouffait son cerveau. Elle posa les doigts sur la corde, sans même tenter de sortir sa baguette. Dans ses yeux terrifiés, la vérité commençait à poindre, et une voix mit des mots sur ses pensées. *


« Voyons, petite fille, tu vois bien que tu n'es pas capable de me sauver. »

* Sous le choc, elle avala de l'eau, et sa gorge la brûla. La voix était sortie de nulle part. Les lèvres bleues n'avaient pas bougé. Elle tenta à nouveau de desserrer les cordes, sans succès. Elle leva les yeux vers la surface qu'elle n'apercevait plus, consciente que ses poumons allaient exploser. Mais cette fois, elle ne le quitterait pas.
Ce fut sa dernière pensée avant que la même force titanesque qui l'avait attirée là ne l'en sorte. En une fraction de seconde, elle était de retour à l'air libre.

Dans l'Infirmerie, elle se mit à tousser compulsivement. Sa tête tournait, ses poumons étaient en feu, son cœur s'affolait. Elle essaya de se relever mais quelque chose l'en empêcha.
Il lui fallut plusieurs minutes pour calmer ses spasmes, mais la réalité et le cauchemar ne s'en iraient pas. Peut-être jamais. Elle se releva légèrement, avec plus de précautions, et tenta de comprendre où elle était.
Elle n'eut aucun mal à reconnaître l'Infirmerie, où elle avait déjà fait quelques séjours. En revanche, l'élève qui la fixait lui semblait complètement inconnue. Deborah la dévisagea longuement, et avec prudence. A cet instant, elle n'était pas sûre de pouvoir reconnaître qui que ce soit tant l'empreinte d'un tout autre visage était encore présente dans ses pensées.
L'élève ne semblait pas menaçante. C'était la seule conclusion qu'elle était en état de tirer, et il lui coûta de demander : *


« Qui es-tu ? »

* Elle n'eut pas besoin de demander ce qui était arrivé. En revanche, la peur la saisit brusquement quand elle réalisa qu'à tout moment, l'Infirmière ou un Professeur pouvait entrer ici et la découvrir. *

« Quelqu'un m'a vue ? »

* Elle ne pouvait pas se permettre d'être consignée dans les registres de l'Infirmerie. Sa culpabilité, sa douleur et son chagrin étaient sa responsabilité, et ils seraient à la hauteur de ce qu'elle avait fait. Elle perdrait la joie, l'insouciance et l'amour, rien de moins - et rien de plus. Il n'était pas question que l'école découvre le rôle qu'elle avait joué. *

Serenity Railgun
Retraitée
5e année
[Avatar]
Serdaigle
Messages : 4540
Titre : Re : White Christmas
Créé : 12/08/2017 à 14:49:42

* Les traits de l’élève inconsciente étaient tirés et soucieux, même dans son sommeil. Elle gigota légèrement, toujours endormie, et la sorcière espéra brièvement qu’elle ne souffrait pas trop de ses contusions. Peut-être était-ce la raison pour laquelle elle semblait tellement inconfortable en ce moment. Mal à l’aise, la Serdaigle lança un regard réprobateur en direction de la porte, reprochant mentalement au personnel médical de ne pas être encore intervenu. *

* Prise d’une violente quinte de toux, l’inconnue étendue sur le lit semblait reprendre connaissance. Inquiète, Serenity s’avança légèrement, pour le plus grand déplaisir du félin posé sur ses genoux. Elle arrêta rapidement son geste en voyant la jeune fille se ressaisir et la fixer pendant un long moment. La bleue et bronze ne bougea pas, rendant son regard à sa vis-à-vis, curieuse. Le silence fut finalement rompu, par le ronronnement de Diablo sur ses genoux, puis par la question de la jeune inconnue. Avant de répondre, l’érudite s’empara d’une deuxième tasse de chocolat chaud afin de la glisser sur la table de chevet de son interlocutrice. *

Serenity Railgun. Et toi, qui es-tu ?

* L’attitude de l’élève qui lui faisait face changea brusquement, et la brune fronça les sourcils. Elle jeta machinalement un coup d’oeil à la pièce avant de reporter son attention devant elle. *

Non, je t’ai ramenée toute seule. Tu t’es évanouie en sortant de la Forêt Interdite. Mais l’infirmière ne va pas tarder à arriver.

* Caressant machinalement le chat qui ronronnait toujours, roulé en boule sur ses genoux, la Railgun observa attentivement la jeune fille. Elle avait envie de lui demander ce qu’elle faisait dans la forêt à une heure si tardive et la raison pour laquelle elle était dans un tel état, mais son instinct lui chuchotait de ne rien en faire. Maîtrisant sa curiosité, elle se contenta de contempler sa vis-à-vis. *

Tu es blessée à plusieurs endroits, et tu as certainement pris froid. Je t’ai peut-être causé quelques bosses supplémentaires en te traînant jusqu’ici, désolée.

* Avec une grimace, la Serdaigle reprit une gorgée de sa boisson. La chaleur de cette dernière était réconfortante. À la simple pensée du froid que son interlocutrice avait dû ressentir, Serenity resserra une nouvelle fois la couverture autour d’elle. Lorsqu’elle était rentrée au château en emmenant l’inconnue avec elle, une tempête de neige semblait littéralement éclater. Le vent soufflait fort, et elle se souvenait encore de la sensation de froid qui lui piquait les joues et les extrémités. *

Je ne dirai à personne d’où tu sortais quand je t’ai trouvée, si c’est ce qui t’inquiète.

Deborah Chloé Parker
Veilleuse
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 6245
Titre : Re : White Christmas
Créé : 14/08/2017 à 21:44:45

* Un chat. Le regard fantomatique de Deborah, d'un bleu qui n'avait jamais paru aussi translucide, se posa sur la créature qui la regarda en retour. Ses sourcils se froncèrent un peu sous l'hématome qui recouvrait son front et la douleur ne lui parvint pas tout de suite tant l'incompréhension régnait dans son esprit. Un chat. Elle n'avait jamais beaucoup aimé ces bêtes. Elle leur préférait les chiens, les gros chiens. Ils étaient moins paresseux, plus puissants aussi. Non, elle n'aimait pas les chats. Pourtant, il y avait quelque chose d'apaisant à regarder la belle fourrure grise de celui-ci, à fixer ses yeux muets. Quelque chose de douloureux aussi. Elle sentit le chagrin remonter, écraser sa poitrine, gonfler sa gorge, traverser ses yeux. Comment ce stupide chat pouvait-il être vivant, comment le sang pouvait-il encore traverser son corps et le réchauffer, alors que tout près, il gisait, glacé ?
Elle frissonna. Là-bas, elle n'avait pas osé le toucher. Ils avaient si souvent plaisanté sur sa peau livide, ses yeux acier, qui lui donnaient l'air d'être toujours transi de froid. Là-bas, elle l'avait vu geler. Sans le bouillonnement de son sang, sans la fièvre dans ses yeux, elle n'avait pas osé le toucher. Même pas ses cheveux. La plaie béante qui avait ouvert son front avait décollé une partie de son cuir chevelu, baigné de rouge.
Une nausée la secoua de bas en haut sous les yeux indifférents du chat. La fille, elle, parlait. Deborah laissa passer quelques phrases avant d'essayer de se raccrocher au flot des mots. Ses lèvres s'étirèrent dans un mouvement sans âme à la mention des bosses. Quelle importance ? La fille ne semblait pas contrariante. Avait-elle donné son nom ? Elle ne l'avait pas entendu. Elle supposa qu'elle avait dû lui demander le sien. *


« Deborah. »

* Le prénom franchit ses lèvres avec difficulté. Etait-il toujours le sien si elle n'était plus la même personne ? La pensée la traversa pendant une seconde, mais ne dura pas. Par dessus, le visage bleui se superposa, opaque, comme pour lui refuser l'accès à toute autre pensée. Elle ferma les yeux. Il était toujours là. Là-bas, elle l'avait recouvert, comme si cela allait mettre fin au regard acier qui la transperçait. Même ici, elle le sentait toujours. A travers la mort, la distance et à travers le tissu noir de sa veste.
Elle se pencha en avant si brusquement que la toux vint à nouveau déchirer sa gorge. Sa veste. Elle avait laissé sa veste sur le corps. La panique la fit s'étouffer un peu plus, son cœur joignit le mouvement en s'affolant aussi. L'écusson de Serpentard, les papiers qui avaient dû rester dans ses poches, cela leur suffirait. Il n'avait pas tant d'amis chez les Vert et Argent. Et une seule aurait l'air d'avoir traversé l'enfer. Elle écarta les couvertures dans un geste désespéré en même temps qu'elle se levait.
Il fallait qu'elle tienne. Qu'elle y retourne. Ce fut peut-être l'épuisement, ses blessures ou cette pensée-là - devoir revenir. Ses jambes flanchèrent et elle s'écroula, toujours consciente. *


« Il faut que j'y retourne. Il faut... Il faut... »

* Elle leva les yeux vers la fille, pleine de vide. Il fallait qu'elle se sauve, que personne ne sache. Elle savait que la partie d'elle qui était morte aurait voulu cela. Qu'elle se sauve. Mais la survivante, elle, se fichait de ces dernières volontés. Elle se laissa glisser sur le sol. *

Serenity Railgun
Retraitée
5e année
[Avatar]
Serdaigle
Messages : 4540
Titre : Re : White Christmas
Créé : 18/08/2017 à 11:12:49

* La jeune fille prononça son nom, l’air encore un peu dans le vague et la voix rauque. Son visage se troubla presque instantanément et elle se redressa vivement dans son lit avant de tousser violemment. La main de la Railgun se crispa sur sa tasse, qu’elle reposa maladroitement sur la table de nuit avant d’observer Deborah pendant quelques instants. La bleue et bronze sentit assez rapidement l’angoisse qui semblait étouffer sa vis-à-vis, sans en comprendre la raison. Au-delà des ecchymoses et des griffes qui avaient meurtri son corps, elle était dans un état de panique plutôt inquiétant. *

* La Serdaigle fronça les sourcils en voyant l’élève tenter de se redresser, et se leva à son tour pour l’en empêcher. Elle n’en eut pas besoin, et baissa un regard anxieux sur Deborah qui venait de s’affaler sur le sol avant de se précipiter vers elle. D’un geste, Serenity ramena les couvertures vers son interlocutrice. *

Tu n’iras nulle part dans cet état, tu ne parviendrais même pas à passer la porte de l’infirmerie. Et garde ça sur toi, tu es frigorifiée.

* Il n’était pas dans les habitudes de l’aiglonne de se montrer particulièrement avenante avec qui que ce soit, mais la détresse manifeste de la jeune fille remuait quelque chose en elle. Elle avait envie de l’aider, sans très bien savoir comment, et elle devait commencer par comprendre la raison de son angoisse. *

Où est-ce que tu veux retourner ? Dans la Forêt Interdite ? C’est absolument hors de question, je ne te porterai pas là-bas dans cet état.

* Le ton de la bleue et bronze était sans appel, mais elle baissa immédiatement les yeux. Elle avait récupéré l’inconnue à la lisière de la forêt, inconsciente et dans un état lamentable. Pourquoi aurait-elle voulu y retourner ? Peut-être qu’elle avait oublié quelque chose de précieux, ou peut-être qu’elle était jute complètement folle et faisait partie de ces gens qui se mettaient dans des situations dangereuses dans le seul but de se sentir vivre. Mais étrangement, la Railgun n’y croyait pas trop. Aussi, elle releva les yeux et croisa le regard de sa vis-à-vis pendant un moment. *

Je peux y retourner à ta place, si c’est important.

* Serenity jeta un coup d’oeil par la fenêtre, observant les flocons emportés dans le vent. La neige avait continué à tomber, mais pas assez fort pour recouvrir leurs traces, pas en si peu de temps. Si elle se dépêchait, si elle partait tout de suite, elle pourrait peut-être retrouver le trajet de Déborah. Avec un soupir, elle se pencha vers l’élève et lui tendit une main pour l’aider à se remettre dans son lit. *

Tu as oublié quelque chose là-bas ? Je peux suivre tes traces pour retrouver ton chemin, mais je veux que tu te remettes au lit d’abord.

Deborah Chloé Parker
Veilleuse
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 6245
Titre : Re : White Christmas
Créé : 26/08/2017 à 13:34:23

* La fille parlait. Elle avait une voix agréable, vigoureuse et autoritaire, qui résonna chez Deborah, la ramenant mot après mot à la réalité. La fille avait raison. Elle n'était pas en état de repartir dans la Forêt. Même s'il n'y avait pas eu là-bas toute ses angoisses, ses remords et son chagrin, restaient encore le froid, la tempête et les créatures. Qu'elle s'en fût sortie une première fois relevait du miracle - ou était-ce une malédiction ? C'était, en tout cas, une opportunité. Et, dans sa courte vie, sa vie d'avant, elle avait appris à ne jamais en laisser passer une.
Elle dévisagea le chat. Elle pouvait sentir sa chaleur, entendre les vibrations de ses ronronnements. Il la regarda en retour, comme pour l'interroger. Qu'en ferait-elle, de cette chance qu'on lui avait donnée ? Elle voulait croire qu'au fond du vide, quelque part entre la douleur et la peur, autre chose émergerait un jour. Elle voulait croire qu'elle aurait la force de rester à flot jusque là. Elle aurait voulu qu'on la guide, qu'on lui dise que ce jour arriverait plus tôt qu'elle ne le croyait. Mais elle était seule, si seule. Elle leva les yeux vers l'autre fille, leurs regards se croisèrent, le vert sur le bleu et le bleu sur le vert. Qui était-elle ? Pourquoi restait-elle ? Rien ne faisait sens mais elle sentait que c'était peut-être elle, sa chance. Cette inconnue qui l'avait mise à l'abri, qui proposait son aide. Cette inconnue qui l'empêchait d'être seule.
C'était peut-être une erreur. Comment savoir ? Deborah fixa la fille. Elle avait envie de lui faire confiance. Quelque chose qu'elle n'avait jamais ressenti. Serait-elle comme ça, désormais ? Ou était-ce juste pour cette fois, juste pour cette fille ? A moins que ce ne fût simplement le risque. Pile, tu gagnes, face, tu perds. Elle voulait tenir la pièce dans sa main. La jeter en l'air et regarder dans quel sens le vent tournerait. Pile, tu vis, face, tu meurs. Il aurait aimé ça. Alors, pour lui, pour le risque, pour la fille, elle parla : *


« J'ai laissé ma veste. Dans une grotte de la Forêt. C'est ma veste d'uniforme, avec l'écusson de Serpentard. Je l'ai laissée sur un Serdaigle. Il est mort. »

* Elle ne savait pas quoi ajouter. La pièce était en l'air. Comment allait-elle retomber ? *

Serenity Railgun
Retraitée
5e année
[Avatar]
Serdaigle
Messages : 4540
Titre : Re : White Christmas
Créé : 30/08/2017 à 11:54:09

* Le silence revint dans la pièce, uniquement troublé par les ronronnements du félin qui quitta les jambes de la Railgun pour s’approcher de Deborah. La bleue et bronze l’observa se lover doucement contre l’inconnue sans rien dire, et leva à nouveau les yeux dans l’attente de sa réponse. Il y avait sur le visage de la jeune fille quelque chose qui paraissait familier à la Serdaigle, sans qu’elle puisse trouver de quoi il s’agissait. Sans doute à cause de l’expression tourmentée de cette dernière. *

* L’élève reprit la parole, et la sorcière ouvrit la bouche pour la refermer instantanément, plusieurs fois d’affilée. Elle écarta vite la possibilité qu’il puisse s’agir d’une blague, tout dans l’état de sa vis-à-vis prouvant le contraire. Soit il y avait bien un élève mort dans la Forêt Interdite, soit Déborah était complètement folle, l’un n’excluant pas totalement l’autre. Ce qui était réel, néanmoins, c’était la détresse et la douleur de la jeune fille allongée devant elle, preuve étant qu’elle n’était pas responsable de la situation. *

* Serenity fixa son interlocutrice pendant un long, long moment, évaluant les options qui s’offraient à elle. S’il y avait bel et bien un cadavre dans cette forêt, il était évident que la verte et argent n’y était pour rien, sinon elle ne serait pas dans cet état. Il devait s’agir d’un accident, qu’elle pourrait payer assez chèrement si quelqu’un retrouvait sa veste sur les lieux. S’il n’y avait aucun cadavre dans cette forêt, la vipère n’était responsable de rien non plus, et se trouvait juste dans un état d’angoisse inexpliqué. Quoiqu’il en soit, la brune allait devoir faire quelque chose, et vite avant que la neige ne recouvre ses traces. *

Je…je reviens.

* Se mordant les lèvres, la bleue et bronze se leva finalement, courant pour sortir de la pièce. Elle était sans doute stupide de se rendre dans un endroit dangereux à la tombée de la nuit simplement parce qu’une élève à moitié évanouie délirait totalement, mais elle ne pouvait pas s’empêcher d’aller vérifier. Quelque chose, son instinct sans doute, ou sa tendance irrépréssible à se frotter aux situations délicates, la poussait à suivre les traces de Déborah pendant qu’elle dégringolait le parc à toute vitesse. Le souffle court, l’érudite franchit le seuil de la Forêt Interdite et baissa les yeux vers la neige, où les pas de l’élève étaient encore légèrement visibles. Peut-être qu’elle était en train de faire une grosse bêtise, mais dans le doute, cela valait mieux que ne rien faire du tout. *

___________________________________

* Malgré l’effort, les joues de la Railgun étaient livides pendant qu’elle revenait à l’infirmerie. Elle tremblait, et ce n’était pas à cause du froid, pendant qu’elle serrait la veste avec l’écusson de Serpentard contre elle comme si le geste pouvait lui apporter un quelconque réconfort. Quelques minutes plus tôt, elle l’avait enlevée du cadavre d’un jeune homme qu’elle avait vu de maintes fois dans sa Salle Commune. Elle s’était ainsi souvenue du visage de Déborah qui lui paraissait si familier, et qu’elle avait aperçu très souvent en compagnie de l’aiglon. Qu’était-il arrivé dans cette grotte ? Elle ne le savait pas, et honnêtement elle ne voulait pas le savoir. Prise de court, la brune s’était contentée de ramasser le vêtement en priant pour ne pas s’évanouir, avant de quitter la forêt sans oublier d’effacer les traces derrière elle. Hors de question que quiconque puisse remonter jusqu’aux jeunes filles. *

* Ravalant la bile qui menaçait de lui monter à la gorge, la bleue et bronze pénétra à nouveau dans l’infirmerie. Elle découvrit cette fameuse inconnue qui n’en était pas une dans son lit, l’aide soignante s’affairant autour d’elle en lui posant quelques questions sur ce qui lui était arrivé. Avant qu’elle ne puisse répondre, Serenity pressa le pas afin d’arriver à leur hauteur. *

J’ai été récupérer ta veste Débo, ne t’inquiète pas.

[ Débo ? Vraiment ? ]

* Prise de court, la jeune fille avait décidé d’improviser. Elle sourit à sa vis-à-vis et déposa la veste sur le lit voisin, avant de se tourner vers l’infirmière pour répondre à ses questions. *

On avait décidé de faire une bataille de boules de neige, et on s’est un peu emportées. Au final, on s’est retrouvées près du saule cogneur sans faire exprès, et…

* Avec une grimace, la brune montra la vipère de la main, espérant que son excuse passerait. Elle riva son regard à celui de la verte et argent, l’implorant mentalement d’entrer dans son jeu. *

Deborah Chloé Parker
Veilleuse
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 6245
Titre : Re : White Christmas
Créé : 02/09/2017 à 23:40:18

* La pièce était retombée. Le tintement s'était fait discret, comme pour contrebalancer l'énormité des mots qu'elle venait de prononcer. Dans sa gorge, une boule était apparue. La fille avait ramassé la pièce. Impossible de savoir quel sort s'était abattu sur elle. Pile, elle revient avec ta veste. Face, elle prend ses jambes à son cou, direction le bureau de la Directrice. La fille l'avait laissée seule. Seule avec ses questions. Seule avec lui comme seule réponse en tête. Une boule dans la gorge et de la bile dans sa bouche.
Elle vomit. Elle vomit jusqu'à ce que son corps soit aussi vide que son cœur. Pliée en deux vers le sol, elle laissa tout tomber, dans l'espoir vain de se libérer. Ses larmes aussi tombèrent, s'emmêlèrent aux cheveux bruns qui aveuglaient ses yeux. Le cou penché, les bras ballants, la bouche ouverte, elle fut incapable de bouger lorsqu'elle eût fini. Le vide la paralysait de l'intérieur. Elle n'avait plus rien. Plus rien à quoi se raccrocher, plus rien où puiser des forces, plus rien d'où pouvait naître son chagrin non plus.
Elle resta ainsi un long moment. Ce n'était pas si mal, finalement. Elle aurait presque pu s'y habituer. C'était comme si elle n'existait plus vraiment. Elle se demanda si c'était comme ça, d'être un fantôme. Aurait-elle le même air lointain que le Baron, désormais ? Ils avaient désormais plus en commun qu'elle ne l'aurait jamais cru. *


« Qu'est-ce que vous faites là ? qu'est-ce que vous avez fait à mon sol ? mais dans quoi vous êtes allée vous fourrer ? si on ne peut plus être tranquille la veille des vacances... allez, montrez-moi ça... »

* Des bras la tirèrent, la tournèrent, l'allongèrent. Une main écarta les cheveux de son visage, se posa sur son front. Une femme parlait. Deborah repensa à la fille, à sa voix à elle. Les jacassements de la femme la fatiguaient. Où était passée la fille ? Allait-elle seulement revenir ? Et dans quel état ?
Elle se laissa faire, comme une poupée. Il lui sembla entendre des questions. Puis tout à coup, elles cessèrent. Il lui fallut un moment pour comprendre que la fille était là, qu'elle comblait les blancs, donnait des réponses. Elle ouvrit péniblement les yeux sous les hématomes qui couvraient son visage. Face à elle, la fille la montrait du doigt, et elle acquiesça sans savoir à quoi, à peine consciente du mouvement qu'elle faisait. Ses yeux restèrent accrochés à la veste. Sa veste. Dans sa gorge, la boule finit de disparaître. *


« Une bataille de boules de neige à cette heure-ci ? ça doit être ça qu'on appelle la folie de Noël... bon, et bien puisque ça vous a amusé de vous mettre dans ce pétrin, je vous laisse veiller sur votre camarade. Ne vous inquiétez pas s'il y a encore un peu de fumée verte, c'est l'Essence de Dictame qui agit encore. J'ai dû finir mon flacon, heureusement que le trimestre est terminé... ils me font rire avec leurs restrictions budgétaires, c'est plutôt la bêtise humaine qu'il faudrait restreindre si on veut vraiment utiliser moins de produits... »

* Même en arrière plan, la voix de l'aide soignante était toujours aussi désagréable. Deborah referma les yeux, priant pour ne plus l'entendre. La fille avait trouvé sa veste. La fille avait trouvé sa veste. Elle se répéta ces mots comme un mantra, pour faire fuir la guérisseuse, retrouver des forces, se convaincre que tout irait bien. Elle ne savait plus ce qu'elle voulait le plus. Mais la fille avait trouvé sa veste. Pile, elle était sauvée. C'était tout ce qui comptait.
Petit à petit, le calme revint dans l'Infirmerie. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elles n'étaient plus que deux, à nouveau. Deborah se redressa difficilement, mais plus sûrement que les fois précédentes. Son estomac vide, les soins prodigués, le temps qui passait, tout cela commençait à améliorer son état. Mais surtout, l'idée que personne ne saurait jamais ce qu'il s'était passé avait enlevé une partie du poids terrible sur ses épaules.
Personne, à part la fille. Elle était toujours là. Bien sûr, elle était toujours là. *


« Tu as trouvé, alors ? »

* Impossible de savoir si elle parlait du lieu, de la veste, du corps. Elle dévisagea la fille et, pour la première fois, la vit vraiment. Elle n'avait pas l'air bien. Deborah faillit sourire ; si la fille ressemblait à ça, son état à elle devait être pitoyable. Avec prudence, elle allongea le bras vers la table de chevet, atteignant le chocolat chaud dont l'odeur venait pour la première fois chatouiller ses narines. *

« Merci. Je... je ne sais même pas qui tu es ? ton prénom ? »

* Son visage lui semblait vaguement familier. Était-ce simplement le vague souvenir d'avoir vu cette fille la traîner dans la neige ? ou l'avait-elle vue avant ? Le vide avait aussi envahi sa tête. Elle ne se souvenait plus. *

Serenity Railgun
Retraitée
5e année
[Avatar]
Serdaigle
Messages : 4540
Titre : Re : White Christmas
Créé : 03/10/2017 à 18:02:39 - Modifié : 03/10/2017 à 18:33:00

* Du coin de l’oeil, Serenity observa l’aide soignante quitter la pièce sans cesser son soliloque qui était des plus désagréables. Elle reporta son attention sur la jeune fille couchée devant elle et s’appuya sur le lit voisin en attendant qu’elle prenne la parole, ce qu’elle finit par faire. Après un petit moment d’hésitation, la Serdaigle hocha lentement la tête. *

Oui, j’ai trouvé.

* Elle n’ajouta rien d’autre, ne désirant pas particulièrement s’attarder sur le sujet. Elle avait trouvé la grotte, elle avait trouvé la veste, elle avait trouvé le corps du jeune garçon qui ne se relèverait plus jamais. La simple idée lui fit fermer les yeux pendant un instant, et la bleue et bronze réprima un frisson. Imitant sa vis-à-vis, elle s’empara de sa tasse contenant le chocolat chaud qui n’avait pas refroidi, avantage considérable de la magie. Elle s’aperçut qu’elle tremblait, et se demanda si c’était à cause de l’effort physique qu’elle avait dû fournir, du froid, ou du choc. *

Railgun. Serenity Railgun.

* Gardant les yeux baissés sur sa tasse, la sorcière prit finalement une gorgée de sa boisson, et s’installa plus confortablement sur le lit. Elle n’allait pas s’en aller, ne désirant pas laisser la Serpentard toute seule. Cependant, elle ne désirait pas non plus lui poser la moindre question, du moins par pour le moment. Elle avait de toute façon pris la décision de l’aider, et leur sort était momentanément lié par un secret qu’elles ne pouvaient partager. Relevant les yeux, elle croisa le regard de sa compagne et lui adressa un petit sourire rassurant. Quelle que soit la situation dans laquelle s’était mise Déborah, elle n’était plus seule à présent. *

_____________________________________
Poudlard, un an plus tard

* Ce n’était pas la première fois que la Railgun refusait de rentrer chez elle pour les vacances de Noël, et ce n’était donc pas la première fois qu’elle avait le loisir de contempler la Grande Salle décorée pour l’occasion. Cette année, les elfes s’étaient particulièrement surpassés en cuisine, même si le nombre d’élèves présents était considérablement peu élevé. L’aiglonne prenait son repas seule en bout de table en compagnie de Déborah qui n’était pas rentrée chez elle non plus, et de James, un ami de cette dernière. Depuis le retour de la Parker au château qui avait fugué pendant plusieurs mois à l'étranger, les deux jeunes filles passaient énormément de temps ensemble et s’habituaient peu à peu à leur présence respective. Si Serenity essayait parfois de remonter le moral de sa nouvelle amie, elle s’efforçait surtout de respecter le deuil de cette dernière. La disparition de son camarade de Serdaigle avait été officiellement annoncée depuis longtemps maintenant, et la vipère avait toutes les raisons d’être dévastée. *

* Jetant un regard à son assiette presque intacte, la sorcière tourna la tête en direction de la table des Professeurs qui commençaient à lancer les pétards surprises, avant de reporter son attention sur James, puis sur sa vis-à-vis. Plusieurs bruits d’explosion se firent entendre et les lumières fusèrent dans tous les sens mais la bleue et bronze ne bougea pas, le regard fixé sur le visage de l’élève de Serpentard. Elle se mordilla les lèvres, incapable de trouver les mots justes, et respecta une nouvelle fois son silence, se promettant de rester patiente en attendant de pouvoir faire rendre son sourire à la sorcière. *

[ Joyeux Noël, Déborah. ]

Deborah Chloé Parker
Veilleuse
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 6245
Titre : Re : White Christmas
Créé : 14/11/2017 à 11:20:09

* Un an avait passé et, dans une certaine mesure, les choses avaient changé. Pour une chose, elle n’était pas en train de se geler à bord d’un train dont elle ne connaissait pas la destination et à bord duquel, pour être honnête, elle ne savait pas où elle était montée. Etait-ce la Suisse ? L’Allemagne ? Et était-ce hier, ou ce matin ? Elle avait perdu le fil du temps et aurait été incapable de dire la date du jour.
A l’instant présent, en revanche, il aurait été difficile d’ignorer quel jour on était. Les décorations, les chants, les pétards et la dinde dans l’assiette qu’elle avait écartée créaient un faisceau d’indices peu subtils. Il faisait froid dans la Grande Salle, mais pas autant que dans ce train vers l’Europe de l’Est. Elle rêvait d’un Whisky Pur Feu qui devrait attendre que ses Professeurs disparaissent ; pour le moment, elle sirotait un thé, à défaut de toucher à son repas. A sa droite, James tendit la main pour récupérer son assiette.
La seule constante, la seule chose qui restait de l’année passée, c’était lui. Et la fille. Face à elle, Serenity mangeait en silence. Il y avait eu beaucoup de silences, depuis son retour. Deborah n’était pas sûre de savoir pourquoi. La vie à Poudlard avait repris son cours, un cours un peu différent, mais normal. Une nouvelle normalité. Ce n’était qu’en présence de la fille que ce silence tombait, comme un rideau. Ou peut-être que, justement, ce silence, c’était un rideau qu’on levait sur la réalité. C’était comme ça qu’elle se sentait, au fond. Silencieuse. Un an après, elle n’avait toujours pas trouvé les mots. Elle avait arrêté de les chercher, mais face à la fille, il était difficile de recouvrir ce vide par d’autres mots. Alors, le silence.
Le silence, cependant, ne convenait pas particulièrement à James. Il avait pris l’habitude de parler à la fille comme si Deborah n’était pas entre eux – et, de fait, elle n’était parfois même pas sûre elle-même d’être vraiment là. Elle appréciait toutefois ces conversations qui passaient au-dessus de sa tête. Elle n'avait pas besoin de les nourrir pour en faire partie. *


« Alors, Serenity, pourquoi tu ne rentres pas à Noël ? un drame familial ? une tragédie ? des disputes sans fin ? »

* De toute évidence, le jeune homme espérait quelque chose d’intéressant à se mettre sous la dent, en plus du pudding auquel il s’attaquait désormais. Deborah sourit à la Serdaigle, en signe d’encouragement, ou de compassion. Une fois l’intérêt de James piqué, il était difficile d’esquiver ses questions. Ses yeux, d’une couleur algue, étaient presque aussi piégeux que son sourire. Et il ne lâchait jamais l’affaire. *

Serenity Railgun
Retraitée
5e année
[Avatar]
Serdaigle
Messages : 4540
Titre : Re : White Christmas
Créé : 15/11/2017 à 22:25:15

* Détournant le regard de sa vis-à-vis, la Railgun observa le reste de la Grande Salle. Les quelques élèves qui n’étaient pas rentrés chez eux pour les vacances semblaient se régaler, et profiter des festivités dignement. Ouvrant les pochettes surprises qui se trouvaient devant eux, ils poussaient des cris et exclamations de joie dans tous les sens, sous les yeux de la Serdaigle silencieuse. Cette dernière tourna la tête en entendant la question de James, et arqua un sourcil. Si l’indiscrétion et la curiosité du jeune homme ne la dérangeaient pas, elle ne savait pas très bien quoi répondre non plus. Optant pour un semi-mensonge, elle pencha la tête sur le côté. *

Quelle imagination débordante. Non, rien de tout ça, mes parents ne fêtent tout simplement pas vraiment Noël. Et ils sont particulièrement occupés en ce moment, alors je ne vais pas traverser l’Écosse et la moitié de l’Irlande pour rien.

* Baissant les yeux sur son assiette qu’elle repoussa du bout des doigts, la bleue et bronze se sentit rougir. Sa jumelle était bien rentrée à Galway et devait certainement être en train de célébrer la fin de l’année avec leur père, comme toujours. Si la relation entre ce dernier et Nora était excellente, il n’en était pas de même pour Serenity, qui ne tenait pas à s’immiscer dans leurs retrouvailles. *

Je pourrais te retourner la question. Qu’est-ce qui peut bien te pousser à rester ici, au lieu de profiter d’une vraie fête de famille ?

* La préfète se redressa sur son banc avec un sourire mais s’interrompit brusquement pendant que de nouveaux feuxfous fuseboum éclataient derrière elle. Elle se retourna doucement pour les contempler, observant les motifs lumineux tournoyer en prenant diverses formes près de la table des Professeurs. Force était d’admettre que les membres du personnel faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour rendre cette soirée particulièrement festive. *

C’était pareil, dans tes autres écoles ? Ou est-ce que c’est juste ici qu’ils essaient d’en mettre plein les yeux ?

Deborah Chloé Parker
Veilleuse
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 6245
Titre : Re : White Christmas
Créé : 19/11/2017 à 22:41:13

* Deborah, qui avait le nez plongé dans sa tasse de thé, jeta un regard furtif à la Serdaigle. Il y avait un peu plus de huit mois qu'elle avait été initiée à la Legilimancie et, à cet instant, elle n'avait pas besoin de toute cette pratique pour savoir que Serenity ne disait pas vraiment la vérité. Elle ne mentait pas tout à fait non plus, ceci dit. C'était souvent la clé des mensonges les mieux réussis : exagérée, minimisée, déformée, la vérité gardait toujours ses accents de sincérité.
Et de toute évidence, James était prêt à la croire. Peut-être parce que c'était encore le moyen le plus rapide de dévier sur son sujet de conversation favori : lui-même. *


« Ceci... est la plus "vraie" fête de famille que j'aie jamais eue, en réalité. »

* Un sourire vint éclairer son visage, creusant des fossettes dans ses joues. Il n'y avait rien de sarcastique ou de cynique dans les mots qu'il venait de prononcer. C'était simplement une observation, plutôt heureuse, et dénuée de ressentiment. *

« J'ai toujours passé Noël dans la famille des autres, c'est la première fois que je le passe avec hm, la mienne. L'an dernier était un début, mais cette fois ça... ressemble plus à Noël. »

* Il sourit à nouveau, cette fois droit à elle, et Deborah reconnut l'expression qu'il prenait quand il s'amusait de quelque chose qu'il était le seul à trouver drôle. Certains la confondaient pour de la retenue, parce que ce sourire-là était presque imperceptible, mais c'était un défi. Défi de le sermonner, de couper court à sa bonne humeur. Elle s'y tentait rarement. Sa bonne humeur était trop précieuse, même si elle était agaçante.
Presqu'aussi agaçante que les histoires qu'il racontait encore et encore, et Deborah reposa sa tasse dans une grimace en entendant la question que posait Serenity. *


« Je t'en supplie, ne le lance pas sur ce sujet... »

* Mais elle n'avait pas fini sa phrase que déjà, James élevait la voix pour recouvrir la sienne, tout en enroulant un bras autour de ses épaules. *

« Ce qu'elle veut dire, c'est qu'elle a-do-re-rait entendre ce que j'ai à dire à ce sujet, car c'est de toute façon bien plus intéressant que ce qu'elle aurait à dire, à savoir... »

* Il fit semblant de la consulter du regard, alors qu'elle essayait de se dégager de son étreinte. *

« Rien du tout, c'est bien ce qu'il me semblait. Donc, Serenity... eh bien, ça dépend. A Beauxbâtons, ils mettaient le paquet, et là-bas ça veut dire quelque chose... dans l'ensemble, c'était sympathique. Surtout les nymphes. Délicieuses. »

* Il haussa les sourcils d'un air entendu tandis que Deborah laissait échapper un bruit qui exprimait clairement son envie de quitter les lieux. *

« Koldovstoretz, c'était terrible. Déjà, ils fêtent ça à la mauvaise date, je ne suis habituellement pas pointilleux, mais quand même, deux semaines de retard c'est pas rien. Et ensuite, ils nous faisaient travailler pendant la nuit... apparemment c'est la nuit la plus propice de l'année pour la divination. Typique. Ils n'auraient pas pu choisir la nuit la plus courte, non... »

* Le jeune homme secoua la tête, de toute évidence toujours sidéré par ce manque de savoir-vivre. Deborah, elle, ravie de l'entendre faire une pause, décida d'intervenir avant qu'il ne se mette à parler de Castelobruxo. *

« Et toi, Serenity, si tes parents ne fêtent pas Noël, tu restes toujours ici ? »

Serenity Railgun
Retraitée
5e année
[Avatar]
Serdaigle
Messages : 4540
Titre : Re : White Christmas
Créé : 10/12/2017 à 14:23:40

* Cela faisait un moment maintenant que la Serdaigle chipotait dans son assiette à peine entamée et elle posa finalement sa fourchette en écoutant la réponse de James. Ses yeux émeraudes parcoururent le visage du garçon dont la bonne humeur était rafraîchissante, et Serenity sentit la tension de ses épaules se dissiper pendant qu’il continuait à parler. Son regard alla de Déborah à son vis-à-vis et elle acquiesça lentement. Elle avait senti à quel point leur lien était fort, et n’était pas surprise d’apprendre que le Meander considérait la verte et argent comme de sa famille. Avec une pensée pour sa jumelle qui partageait ce moment de l’année avec leur père, elle ressentit une pointe de jalousie qu’elle balaya immédiatement. *

* Avec une petite moue d’excuse à l’intention de Déborah, la jeune fille s’empara de sa tasse qu’elle porta à ses lèvres avant de reporter son attention sur le sorcier. *

J’ai du mal à t’imaginer à Beauxbâtons. Tu ne devais pas passer inaperçu.

* Non que le jeune homme n’ait sa place dans un endroit distingué, mais son comportement lui semblait trop spontané, il lui était difficile de le visualiser soumis aux règles de bienséances du célèbre palais français auquel il faisait référence. En entendant sa réflexion sur les nymphes cependant, elle éclata de rire, un rire joyeux et franc comme elle n’en avait pas souvent. *

Vu sous cet angle évidemment, la France ne manque pas d’attraits.

* Si elle n’avait pas beaucoup entendu parler de l’école russe à laquelle il faisait référence, la bleue et bronze ne put s’empêcher de plisser le nez. La divination était une branche de la magie qui ne l’avait jamais attirée et elle lui avait préféré l’étude des runes et l’arithmancie en faisant ses choix d’options. La Railgun secoua la tête, s’apprêtant à poser une nouvelle question à son vis-à-vis, lorsque son amie prit la parole. Sans réfléchir, elle lui répondit immédiatement. *

Ha oui. Si je peux éviter de rentrer à Galway, j’évite.

* Baissant les yeux sur sa tasse, elle haussa les épaules. *

C’est une région magnifique, mais on s’ennuie rapidement.

* Faux, tellement faux. Attachée à l’endroit où elle avait grandi, la jeune fille trépignait d’impatience en attendant de pouvoir se rendre au pub irlandais de Pré-au-Lard qu’elle n’avait pas manqué de remarquer. Les paysages de son pays lui manquaient, ainsi que l’accent des gens dont elle avait pris l’habitude de s’entourer. Son propre accent s’était atténué au cours de ses études et était devenu très léger, ne se marquant que sur certaines rares syllabes quand elle ne faisait pas attention, ou qu’elle était en colère. *

Je serai bien obligée de voyager beaucoup après mes études de toute façon, puisque j’ai prévu de poursuivre des recherches en Métamorphose. Et si je dois garder un point d’attache, ce sera à Londres.

* Sûre du chemin qu’elle avait choisi pour son avenir, la brune releva la tête et sourit doucement à ses interlocuteurs avant de saisir une enveloppe un peu plus loin. Elle était remplie de pétards sorciers, et Serenity avait bien envie de les voir s’enflammer. Mais pas ici. Du haut de la Tour d’Astronomie peut-être, ou près du Lac. Passablement éméchés et alourdis par le repas du soir, leurs Professeurs ne seraient guère enclins à faire leur ronde nocturne de toute façon. *

Ça vous dirait d’aller les allumer autre part ?

Le Grand Escalier >> Monde magique >> Poudlard et ses environs

Retour en haut de la page



Vous avez besoin d'aide ? Rendez-vous dans la FAQ

Partenaires :
Écoles de Magie : Mana Wyrd - Harry Potter 2005 - Hogwartsnet - Habbo Magie Poudlard - L'académie Beauxbâtons
Monde Magique : Fédération du Quidditch Français - La Gazette du Sorcier - Wiki Harry Potter - Obscurus Presse - HP666 - L'Ordre du Phénix - Le Poudcast
Autres : Portail des jeux - Annuaire google

Toute reproduction en totalité ou en partie est interdite.
Les images et les noms relatifs à Harry Potter sont une propriété de la Warner Bros Corp. et J.K. Rowling.

© 2009-2012 Twelve Grimmauld Place - © 2012 Design par Wilde et Kate - Mentions légales

Optimisé pour Firefox 4, Google Chrome 6, Safari 5 et Opera 10.5