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Mot de passe perdu?

Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> Monde magique >> Poudlard et ses environs

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Tu es ma page manquante...
Emma Martinson
Préfète en chef
Chroniqueuse Gryff'Time
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1re année
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Gryffondor
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Titre : Tu es ma page manquante...
Créé : 02/06/2019 à 18:39:48 - Modifié : 02/06/2019 à 19:13:36

¤ 18h30, Bibliothèque des Historiens.

Sortant d'une longue journée, Emma ne devait pas s'arrêter là ; En effet, il y a peu, la jeune femme fut nommée Préfète en Chef, pour le meilleur mais aussi pour le pire. Heureusement pour elle, ce n'était pas à son tour de faire les rondes du soir, la Gryffondor avait donc prévu de veiller dans son bureau jusqu'au retour de sa camarade, Thalia Jones. Mais présentement, la Martinson n'avait décidément pas fini de courir dans tous les sens. En effet, on lui avait annoncé qu'un élève avait décidé de mettre à sac la bibliothèque des Historiens. La brune devait donc se rendre dans celle-ci, afin d'en savoir plus sur cet élève et de, bien évidemment, trouver une sanction appropriée à cette bêtise.

Arpentant les couloirs du château d'un pas décidé, elle ignorait à qui elle aura affaire. Monsieur Phantôm ou... Karazyan ? Ce dernier nom eut le don de faire manquer un battement à la Rouge&Or. Ses pas ralentirent peu à peu, son assurance en avait pris un coup. Elle espérait voir le Professeur Adjoint de Métamorphose, elle priait intérieurement. Non pas qu'elle éprouvait un mauvais sentiment envers l'ancien Serdaigle, mais la jeune femme voulait à tout prix éviter cette rencontre. Ou plutôt, ces retrouvailles. Les années avaient défilé doucement, et Emma avait toujours vécu avec cet espoir de revivre cette soirée magique, en vain. Le revoir serait pour elle une source d'espoir plus intense, entraînant sûrement une déception plus qu'importante...

Se retrouvant face à la porte de la bibliothèque des Historiens, la Préfète en Chef poussa celle-ci d'un mouvement nonchalant et mit quelques secondes avant d'y pénétrer. Son regard balaya la salle d'un regard irrité ; d'anciens ouvrages ont été détruits, les étagères n'avaient jamais été si désordonnées et certaines pages arrachées complétaient le vacarme, rendant cette bibliothèque chaotique. Emma, toujours indignée, s'avança afin de voir qui se trouvait à cet endroit. Des pas retentirent, ce qui glaça le sang de la jeune femme. La Lionne ferma les yeux le temps de quelques secondes, appréhendant l'arrivée de cette personne. Son coeur prit un rythme nouveau lorsque ses yeux ambrés se posèrent sur le visage de l'Historien. Iaril. Son prénom était encré dans le coeur d'Emma, et elle espérait au fond d'elle qu'il se rappelait toujours d'elle, de son nom, de ses lèvres. En effet, la concernant, elle n'avait rien oublié. Rien. Et surtout pas son départ, lors de leurs adieux.

Emma prit un air indifférent, faisant mine de rien. Ils étaient ici pour prendre des décisions quant à ce vacarme causé dans la jolie et ancienne bibliothèque, et rien d'autre.


♦ La bibliothèque est méconnaissable, dit-elle dans un souffle, détachant son regard de celui du jeune homme pour balayer la pièce spacieuse des yeux. Une remarque tout bonnement inutile, pensa-t-elle, mais aucun autre mot ne pouvait franchir le seuil de ses lèvres.

RPG entre Iaril Karazyan et Emma Martinson
Envoi d'un MP avant toute intervention
Bannière de la talentueuse Iaril Karazyan





josh&may
Iaril Karazyan
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Serdaigle
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 02/06/2019 à 20:51:11

Les mains enfoncées dans les poches, les sourcils froncés, la respiration saccadée sous le coup de la colère et de l’indignation, Iaril balayait ses nombreuses étagères d’un regard impuissant. Oh, il aurait évidemment pu utiliser la magie pour nettoyer et tout remettre en ordre. Un seul coup de baguette, qui se trouvait bien coincée dans une poche intérieure de la veste de son costume, aurait suffi à balayer d’un revers de main cette journée et surtout ce moment pendant lequel il s’était absenté quelques instants pour des affaires urgentes – pour refaire sa réserve de Baguette Réglisse – et qu’un élève s’était infiltré dans la bibliothèque pour s’essayer à de nouveaux sortilèges et y mettre un bazar monstre.

Nom d’un elfe… fit-il d’une voix éteinte en attrapant, avec toute la délicatesse dont il pouvait faire preuve, un petit ouvrage affreusement abîmé. Ils ont osé toucher à celui-ci aussi…

Soigneusement, il le rangea dans une autre poche intérieure de sa veste noire – qui en contenait un certain nombre, à vrai dire il portait sur lui de quoi tenir plusieurs jours dans un environnement impropre à la vie humaine – et continua son inspection d’un pas lourd. Le parquet en bois de chêne brut craquait quelques fois lorsqu’il passait sur des zones critiques qui avaient fait l’objet d’un acharnement sauvage. Sa bibliothèque était dans un état lamentable. Les étagères, qui suivaient les courbes étranges des murs jusqu’au plafond que l’on pouvait à peine percevoir, avaient été vidées, éventrées, privées de leurs trésors. Ces derniers, étalés sans ménagement à terre, étaient déchirés, brûlés, écornés, partiellement ou complètement détruits. Les dégâts étaient conséquents et le jeune homme ne savait même pas si la magie pouvait réellement tout remettre d’aplomb sans laisser des traces de violence.

Quelle ignorance… murmura-t-il dans sa barbe de trois jours.

Parvenant au centre de la bibliothèque, une grande pièce circulaire, l’Historien ne put que prendre conscience de la violence des faits. La pièce n’était que le témoignage d’une splendeur et d’une grandeur révolue. A plusieurs dizaines de mètres du sol, dans les rayons les plus hauts, Godry, la Demiguise de l’Historien, essayait tant bien que mal de faire le tri entre les ouvrages qui avaient été miraculés et ceux qui avaient essuyé cette colère inexpliquée. Iaril fit volte-face pour rejoindre l’entrée de son immense bureau – la pièce était encore appelée ainsi par quelques ignorants. Au détour d’une armoire qui remplissait un espace vide, le jeune homme s’arrêta net en tombant sur une jeune fille. Pendant un instant, son cœur fit un bond en croyant que les ravisseurs étaient revenus pour finir leur triste ouvrage. Puis, l’instant d’après, son cœur manqua un nouveau battement en la reconnaissant. Comment oublier ces yeux ambrés ? Comment oublier ces cheveux d’une couleur envoutante ? Comment oublier cette silhouette parfaite ? L’Historien ne put s’empêcher de noter qu’elle avait prit des formes depuis leur dernière rencontre, qui remontait à plus de six ans. Emma. Ce prénom résonnait étrangement à l’intérieur de lui, comme un souvenir longtemps oublié qui ressortait d’un seul coup. Que faisait-elle ici ? Il avait réussi à ne pas la croiser pendant toutes ces années et voilà qu’elle se présentait d’elle-même à sa bibliothèque ? Pendant quelques instants, il se revit à l’âge de onze ans, dans les bras d’une fille qu’il ne connaissait à peine, virevoltant sur la piste de danse, laissant la réalité derrière lui. Sa timidité avait sans doute gâché cette soirée puisqu’il avait pris ses jambes à son cou juste après avoir osé s’emparer de ses lèvres.

Il fit tous les efforts du monde pour ne pas sortir les mains des poches et ne pas retrouver ses mauvaises habitudes de se les triturer lorsqu’il était mal à l’aise. Que faire ? S’excuser après ces longues années ? Feindre l’indifférence ? Cette rencontre impromptue était bien trop soudaine pour son petit cœur qui n’avait pas réussi à suivre sa croissance et était resté celui d’un petit garçon, tremblant et rougissant en prenant pour la première fois la main d’une charmante jeune fille. La voix sereine et sérieuse qu’emprunta la Martinson lui ôta tous les doutes qui s’étaient emparés de son esprit et de son cœur.


Il s’agit bel et bien de ma bibliothèque pourtant, c’est affligeant, fit-il en feignant l’observation poussé d’un ouvrage tombé au sol pour éviter les longs regards silencieux.



RP|OFF
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Emma Martinson
Préfète en chef
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Gryffondor
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 03/06/2019 à 19:57:45

Les doutes de la Gryffondor s'étaient évaporés lorsqu'elle sentit son regard sur elle, l'observant comme au premier jour. Il se redécouvraient, bien que son air habituel n'avait pas quitté le beau visage du jeune garçon. Emma ne put se retenir de le sonder tout en se voulant discrète ; Son regard noisette était l'une des caractéristiques qui ne pouvait pas la trahir, elle avait tant plongé le sien dans celui-ci, sans s'en lasser. Et ce, en une seule et unique soirée. Elle nota ensuite ses changements physiques, tels que son corps plus athlétique qu'elle pouvait percevoir sous sa veste noire élégante, ainsi que sa barbe qui venait habiller son expression. Une bouffée de chaleur s'était emparée de son corps lorsque la voix de Iaril parvint aux oreilles de la Préfète en Chef. Une voix quelque peu rauque qui déstabilisa Emma, sans relever ce petit accent qui se faisait toujours légèrement remarqué. La fille aux cheveux châtains ne pouvait le nier : Elle le trouvait toujours aussi irrésistible.

Que faire, à présent ? Le calme s'était installé, et celui-ci fit resurgir quelques souvenirs. Elle se voyait encore dans cette jolie tenue habillée, sa robe bordeaux, craignant de danser avec l'Aiglon de cette époque. Et pourtant, ce dernier avait réussi à la rassurer, même avec sa timidité apparente. Elle avouait ne pas comprendre, il y a quelques années. A présent, Emma attendait de voir s'il restait toujours le même au fond, bien qu'elle n'en doutait pas réellement. En lui, Em' arrivait toujours à retrouver cet enfant fragile et rougissant qu'elle avait rencontré il y a quelques années, ce qui restitua l'assurance de Martinson.

Pour en revenir à l'état des lieux, raison pour laquelle la Rouge&Or se trouvait ici, rien n'allait. Tout avait été dévasté, comment ne pouvait-on pas respecter ce qui nous entourait ? Et surtout, comment pouvait-on rester sans crainte en saccageant des livres d'une grande valeur ? Emma peinait à comprendre certains élèves, aucune explication ne venait à elle. Comme depuis son jeune âge, Emma ne pouvait pas rester sur place dans ce genre de situation, surtout en cas de silence. Ce dernier n'était pourtant pas si gênant, toutefois elle se sentait obligée de faire quelques pas. Le bois grinçait sous ses pieds, ce bruit eut le don de décocher une grimace sur le visage de la brune. Etait-il possible de réparer les dégâts, notamment ces livres qui étaient au delà de la dégradation ? Elle se racla la gorge, tout en se tournant vers le garçon, une voix peinée.


♦ Je suis navrée...

Et elle l'était vraiment. Cette dernière avait horreur de voir ce genre d'événement se produire, surtout dans un endroit qui était justement isolé. Toutefois, la jeune femme fut interpellée par quelque chose... Comment un élève avait-il réussi à s'infiltrer dans cet immense espace ? Sûrement un manque d'attention ? Peu importait, ce n'était pas la question qu'il fallait immédiatement se poser. Elle décida donc d'agir, après quelques secondes de réflexion.

La Martinson s'approcha d'une étagère. Celle-ci contenait un livre où seule la reliure avait été abîmée, il s'agissait là d'un livre que l'on pouvait encore sauver de ces sortilèges. Voyant à quelques mètres que Karazyan avait sur lui quelques livres presque réparables, elle le prit aussitôt, avec beaucoup de délicatesse. Puis, Emma se dirigea vers le bel Historien, se rapprochant peu à peu. Elle lui tendit l'ouvrage alors qu'ils étaient face à face, un petit sourire vint éclairer le visage de la Rouge&Or.


♦ Si jamais on a besoin de mon aide...





josh&may
Iaril Karazyan
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Serdaigle
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 03/06/2019 à 22:44:49

Ses yeux n’arrivaient pas à se poser quelque part. Il revenait constamment vers Emma. Plongeant dans son regard. Embrassant ses courbes élégantes et féminies qu’elle arborait fièrement. Convoitant ses lèvres. Une attirance indescriptible le poussait à lui jeter un regard toutes les cinq secondes. Comme s’il souhaitait rattraper ces six années passées sans pouvoir l’admirer. Il l’avait bien aperçue quelques fois dans les couloirs mais il avait fait en sorte de disparaitre dans un recoin sombre avant qu’elle ne passe, ses longs cheveux et sa jupe bougeant au rythme de ses pas décidés. Pendant six années, il n’avait pu observer qu’un dos et un profil incertain qui ne lui avait offert qu’une maigre satisfaction.

Toujours glissées dans les poches de son jean sombre, ses mains commençaient à devenir moites à cause du stress et de l’incertitude de la situation, de ses sentiments et des pensées d’Emma à son égard. Se souvenait-elle de cette soirée ? Il en doutait. Leur rencontre avait été fortuite bien que voulue par les deux partis, rapide bien qu’intense. Se souvenait-elle de ce baiser ? Il en doutait également. Cette soudaine envie de la faire sienne, de laisser libre cours au désir brûlant qu’il le rongeait depuis la seconde où son regard s’était posé sur elle, n’avait peut-être pas été si mémorable. Se souvenait-elle de sa fuite lâche ? Il en était certain. Cette réaction était légitime – en tous cas essayait-il de se le convaincre. Chaque jeune garçon touché dans son intimité et dans son cœur, perdu dans des sentiments qu’il ne comprenait pas et découvrant pour la première fois l’enivrement de danser avec une fille et la douceur d’un baiser, ne pouvait agir autrement. Il en avait même souffert de longs mois puisqu’il ne pouvait se confier et partager ses sentiments, ses doutes et ses peurs à personne. Il avait dû vivre avec sans en comprendre le sens. Ce n’est que plusieurs années plus tard, à l’âge de quinze ans, qu’il parvint à toucher du doigt la réponse : le coup de foudre.


Pas autant que moi… répondit-il en sortant de ses rêveries de jeunesse avec un petit soupir de découragement.

Sa prise de parole lui avait remis les idées en place. Cette voix avait décidément tous les pouvoirs. Iaril s’en voulait de ne pas avoir convenablement fermé la porte en sortant. Les membres du personnel avaient accès à des protections spéciales pour verrouiller leurs quartiers afin d’éviter toutes intrusions de petits imbéciles et il avait naïvement pensé que rien ne se produirait pendant ces quelques minutes d’absence. C’était lui l’imbécile. Pourquoi s’était-il évertué à penser que les livres étaient intouchables ? Que les élèves n’oseraient pas dégrader leur propre histoire ? Les jeunes sorciers n’avaient plus foi en rien et ne jurait que par l’apprentissage de nouveaux sortilèges sans chercher à savoir et à comprendre s’ils étaient bons ou mauvais. Choqué par ses propres pensées, Iaril chercha à nouveau le regard d’Emma pour se calmer l’esprit mais elle avait disparu de son champ de vision. Une fois de plus, son cœur manqua un battement en pensant qu’elle était partie, fatiguée d’être en face d’un jeune homme qui n’avait aucune confiance en lui, ou pire, qu’il l’avait tout simplement imaginée.

Faisant volte-face, il émit un soupir de soulagement en la voyant attraper délicatement un petit ouvrage miraculeusement épargné. Elle était d’une douceur incomparable et Iaril fit un petit sourire en acceptant volontiers ce qu’elle lui tendit. Emma s’était considérablement approchée du Karazyan, si bien qu’il était presque capable d’entendre sa respiration. Cette proximité le rendit encore plus mal à l’aise, tellement qu’il ne réussit pas à empêcher le mot suivant de franchir ses lèvres.


Toujours !



RP|OFF
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Emma Martinson
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Gryffondor
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 04/06/2019 à 23:15:41 - Modifié : 05/06/2019 à 00:11:41

Aussitôt, Iaril accepta l'aide de la jeune fille, cette dernière sourit de plus belle. Il restait véritablement le même, ce qui réjouit Emma qui n'avait pourtant oublié aucun regard et mot qui lui avait été adressé auparavant. Par ailleurs, la fillette qu'elle était n'avait pas supporté l'abandon du garçon. Elle pensait réellement qu'il avait fui par simple dégoût, espérant ne plus recroiser son regard un jour. La culpabilité avait longtemps pris possession de la petite fille, et encore aujourd'hui, en le revoyant. Son cœur en avait pris un coup mais cela avait pu la forger. Bien qu'elle avait la possibilité de croiser son chemin quelques fois dans les vastes couloirs du château, Emma faisait tout pour l'ignorer, jouant la carte de l'élève pressée ou qui ne faisait pas attention à ce qui l'entourait, les yeux rivés vers l'avant. Au fond d'elle, elle n'était pas si assurée. Au fond d'elle, chaque fois qu'elle le croisait était un manque grandissant. Son cœur saignait de peine. La Gryffondor avait compris qu'à ce moment là, au fil des années, elle n’éprouvait pas qu’une simple attirance pour Iaril. La courageuse jeune fille ressentait de forts sentiments envers lui malgré ces longues années d'ignorance, ce départ amer et tout le reste. Tout ce reste, qui les avaient séparés sans pitié d’eux-mêmes. Oui, Emma avait tant souffert, mais se trouver en face de lui à cette heure-ci la comblait de bonheur. Néanmoins, ressentait-il les mêmes émotions ? Avait-il regretté cette soirée ? Tout ce qu'elle voulait, c'était calmer ces incertitudes qui torturaient son esprit jour et nuit.

Toujours en l'observant, elle descendit légèrement pour poser ses yeux sur les lèvres du jeune homme, ses joues s'empourprèrent aussitôt. Les battements de son cœur devinrent plus forts, frappant violemment contre sa poitrine, ce qui était clairement et difficilement supportable. Ses pensées divaguèrent inconsciemment vers ce fameux baiser. Son seul et unique vrai baiser. Celui dont elle donnerait tout pour recommencer une nouvelle fois. Martinson n'avait absolument pas eu le temps de le savourer et surtout, de réaliser ce qui lui arrivait. Le Karazyan l'avait fait, elle en était toujours aussi surprise. Lui, le petit garçon timide et rougissant à un simple compliment. Lui, le petit garçon qui avait réussi à rendre Emma si vulnérable. Mais à présent, de multiples questions lui brûlaient le bout des lèvres ; Pourquoi lui avait-il volé ce baiser ? Pour s'amuser ? Non, sûrement pas. Enfin, la jeune Lionne qu'elle était n'avait que cette hypothèse en tête, retenant cette fuite si rapide. Aujourd'hui, le doute volait au dessus de leurs têtes. Peut-être que le moment de mettre les choses au clair était venu ?

[ Et après, tu t'étonnes de l'avoir fait fuir en le fixant de la sorte... ]

Chassant ses pensées qui partaient trop loin à son goût, Emma tourna les talons, détournant par la même occasion le jeu de regard qu'entretenaient les deux jeunes gens. La brune fit un signe de la tête pour être sûre que l'ancien Bleu&Bronze était toujours présent pour sauver quelques livres légèrement abîmés et qui surtout, avaient toujours une chance de retrouver leur bon état. Marchant entre les rayons, à une dizaine de centimètres l'un de l'autre, Emma jeta quelques regards furtifs vers Iaril, analysant son expression. En effet, la Préfète en Chef avait pour habitude d'analyser toute sorte de situations, notamment la gestuelle et les mots qui étaient employés. Les mains dans les poches, le regard profond et perdu dans le chaos qu'était la Bibliothèque, il était là, à côté d'elle. Une envie brûlante de rapprocher leurs deux corps tentait de prendre le contrôle d'Emma. Celle-ci se mordait la lèvre inférieure, essayant de trouver ses mots et d'échapper à cette soif de lui qui pouvait peut-être tout détruire. Le silence planait encore, le seul son qui occupait l'espace était celui de leurs pas et de leur respiration. Elle mit un doigt sur son menton, tourna doucement son visage vers le brun, un regard curieux se lisait dans ses yeux. Cette curiosité lui collait à la peau, lui jouant parfois des tours. Toutefois, elle considérait que cette question était peut-être bonne à poser, elle pouvait ainsi éviter tout malaise potentiel entre eux. Emma avait toujours des questions, et ce n'était pas nouveau.


♦ Si je peux me permettre, comment cet élève a pu s'introduire ici ? Fit-elle, brisant le silence de sa douce voix, en prenant sous son bras deux autres livres qui se trouvaient, il y a quelques secondes de cela, sur le bois du sol.






josh&may
Iaril Karazyan
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Historien
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Serdaigle
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 05/06/2019 à 17:37:38

Il avait envie de hurler. Et de pleurer. Pourquoi devait-il être aussi spontané ? Pourquoi perdait-il autant ses moyens en étant face à elle ? Pourquoi ? C’était la seule question qui importait. Pourquoi elle ? Pourquoi l’a mettait-il sur un piédestal ? Dans ses souvenirs, personne n’avait réussi à abattre toutes ses barrières, construites volontairement autour de sa fragilité due à de nombreuses tragédies et souffrances, à part Emma Martinson. Dès l’instant où leur regard s’étaient croisés, son cœur avait été complètement mis à nu. Était-ce à cause d’une faculté magique quelconque ? D’un don d’hypnose ? De la puissance de son aura ? Y réagissait-il de cette manière à cause d’une réaction chimique ? Des phéromones ? Iaril n’était pas très doué dans ces domaines et il n’y comprenait souvent rien. Le concept de « coup de foudre » était déjà assez difficile à assimiler, alors il ne pouvait espérer comprendre la théorie de deux êtres chimiquement attirés l’un vers l’autre grâce à des sécrétions d’hormones. Secouant furtivement la tête, qui commençait à devenir lourde avec ces trop nombreuses pensées, l’Historien se concentra sur la seule et unique chose qui comptait : Emma. A quoi bon s’éterniser en spéculations, en théories ? Ce qu’il ressentait était bien – ou pas, selon le point de vue – simple : il aimait se perdre dans sa contemplation, il aimait l’avoir près d’elle, il aimait sa voix et son sourire. La jeune Gryffondor était incapable de comprendre à quel point elle faisait battre son cœur.

Apparemment, cette perte de contrôle lui fit plaisir et elle remercia le jeune homme d’un petit sourire qui le fit fondre un petit peu plus. Ils restèrent là, immobiles, quelques instants. Emma le regardant, Iaril la regardant. Rougissant de ce silence et de cet échange de regards, Emma se mit en mouvement pour mesurer davantage les dégâts et l’outrage fait à l’Historien. Avec un petit sourire timide, ressemblant bien trop aux sourires niais qu’il lui faisait sans cesse lors de cette soirée où tout a commencé, il lui emboita le pas sans se faire prier. Il pouvait presque sentir son bras contre le sien. Ses mains, toujours enfouies dans ses poches, étaient de plus en plus crispées. Il avait une forte envie de les sortir et de venir effleurer la main délicate d’Emma qui se trouvait non loin. Serait-elle troublée, contente et surprise ou dégoutée, indifférente et méfiante de ce geste ? Se dégagerait-elle directement de son emprise ? Répondrait-elle à ce rapprochement en serrant sa main dans la sienne ? L’emmènerait-elle valser, comme elle fait valser son cœur, au centre de la pièce afin de renouer avec des souvenirs passés ? Iaril faillit manquer la petite marche en étant subitement arraché à ses pensées lorsqu’Emma prit soudainement la parole.


[ Regarde où tu vas, crétin. ]

Il fut obligé de baisser un peu les yeux – Emma étant plus petite que lui – pour croiser son regard. Elle le regardait d’un air curieux et presque taquin. Un regard qu’il connaissait que trop bien. Ce petit air revêche. Ce regard sincère et profond. Un regard qui s’était posé de nombreuses fois sur lui. Elle n’avait pas réellement changé malgré les années. Iaril pouvait toujours percevoir la petite fille de onze ans, dans sa robe rouge scintillante, assise face à lui, les bras croisées, arborant un léger maquillage et s’étant parfumée d’un parfum très léger qu’il parvenait encore quelques fois à retrouver dans ses rêves. Il en avait presque des étoiles dans les yeux en repensant à ce si bon souvenir.

Eh bien, il me semble ne pas avoir réellement fermé la porte correctement en m’absentant… fit-il en sortant les mains des poches.

Et voilà. C’était la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase. Retrouvant ses vieilles et mauvaises habitudes, il joignit ses mains pour les triturer. Elle le mettait dans tous ses états. Il n’était même plus capable de cacher la vérité en disant que quelque part la faute était sienne. N’avait-il pas droit d’aller se chercher quelques friandises ? Les journées de l’Historien étaient longues et souvent fastidieuses, il avait bien besoin de quelques remontants. Quels étaient les idiots qui avaient dit que l’Historien avait l’esprit rationnel, qu’il n’aimait que la compagnie de ses livres et ne pouvait ressentir quoi que ce soit d’autre que la supériorité de tout savoir et l’excitation d’ouvrir un nouveau livre ? Ils rigoleraient sans doute à gorge déployée à le voir tenter en vain de se dépêtrer de cette situation.



RP|OFF
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Emma Martinson
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Gryffondor
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 05/06/2019 à 20:50:34

Elle s'attendait effectivement à une réponse de ce type, ce qui pouvait être assez probable. Tout le monde avait déjà eu un petit manque d'attention, et le beau jeune homme en payait le prix à présent. Mais ce que l'idiot d'élève ne savait pas, c'était qu'il allait d'ailleurs aussi payer les conséquences de ses actes, et pas qu'un peu. Petit à petit, Emma commençait à prendre ses marques et savait s'y prendre avec les élèves. Evidemment, rien n'était encore parfait. La septième année n'aurait jamais cru penser ça, mais elle ne put s'empêcher de remercier intérieurement ces élèves turbulents de lui apporter de l'expérience chaque jour, bien que ses journées ressemblaient plus au rôle d'un membre de la Brigade de Police Magique, en distribuant heures de retenue et punitions sans relâche. Un événement vint par la suite occuper les pensées de la Martinson, comme le Hall qui ressemblait à un champs de guerre, qui avait causé pas mal de dégâts et les sanctions fusaient alors qu'une foule s'était constituée. L'Entrée du château n'était plus vue de la même façon après ceci.

S'égarant encore dans ses pensées, elle revint vers celui qui était à ses côtés. En réalité, la Gryffondor trouvait tout cela si insensé... Pourquoi se trouvaient-il tout les deux, seuls, après tout ce temps ? Emma l'ignorait. Et singulièrement, avant la fin de cette journée, allaient-il continuer à s'ignorer comme de parfaits inconnus, se cachant de tout cela ? Elle ne voulait. La jeune femme était certaine d'une chose : elle ne s'éloignerait pas tant qu'elle ne lui aurait pas fait part de tout ce qu'elle avait sur le cœur. Son désir de partager son envie de lui parler de leur rencontre, de leurs discussions, de ces douces valses qu'ils avaient partagé, s'amplifiait considérablement et était devenu bien trop volumineux dans l'esprit de la jeune fille. Au final, Em' avait besoin de parler d'eux. Sa tentation constante se renforçait encore et toujours. Elle jeta un œil sur la distance de leurs corps, et celle-ci diminuait au rythme de leurs pas à l'unisson. Alors que Iaril avait sortit ses membres de ses poches extérieures, la Rouge&Or reporta son regard vers celui de Karazyan avec un petit regard amusé. En effet, elle se rappelait de sa timidité qui le rendait plus adorable qu'autre chose. Les garçons qu'elle côtoyait n'étaient décidément pas comme Iaril, il était différent. Ce dernier n'avait pas besoin de se surestimer pour montrer sa valeur, il était l'incroyable âme qui avait su dérober son cœur. A cette heure-ci, elle ne le trouvait pas seulement adorable, mais particulièrement attirant. Il était tout ce qu'elle aimait. Et tout cela, juste en étant au départ un cavalier venu lui aussi, contempler les autres s'amuser, tournoyer sur la piste de danse et s'aimer. Leur moment était d'ailleurs venu, cela avait pu faire comprendre à la fillette qu'elle existait vraiment aux yeux de quelqu'un, le temps d'une soirée.


♦ Hm, je vois, elle marqua une longue pause en faisant mine de réfléchir. En fait, pourquoi devait-elle à tout prix parler ? Il n'y avait rien à dire, seulement des sentiments à prouver. Et la jeune Martinson comptait le pousser à bout. Bien sûr, elle gardait toujours espoir qu'il puisse enfin céder à la retenue.

Pourquoi devait-elle se cacher alors qu'elle savait très bien que c'était lui, et pas un autre ? Se détachant et prenant plus d'aise, elle frôla du bout des doigts le tissu de la veste de l'Historien. Il ne sentait peut-être rien, ce qui ne satisfaisait pas la Lionne. Discrètement, sa main gauche effleura la sienne. Faisant tous les efforts du monde pour avoir l'air impassible. Mais son regard ne trahissait pas, on pouvait très sûrement se douter de ses intentions. Elle plongea subitement son regard dans les yeux de l'Historien. Sa voix prit inconsciemment un ton bien plus doux, elle susurra presque ces derniers mots.


♦ Au moins, tu ne referas plus cette erreur.





josh&may
Iaril Karazyan
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 08/06/2019 à 14:40:07

Il n’y avait aucune trace de jugement dans la réponse d’Emma. Après tout, bien qu’érudit, le Karazyan n’était pas à l’abri d’erreurs ou de fautes d’inattention, bien au contraire. Il n’était dans le personnel que depuis le début de l’année scolaire et il avait encore des difficultés à se voir lui-même comme un adulte avec des responsabilités. Les élèves de septième année n’avaient que deux ans de moins que lui et leurs différences tant physiques qu’intellectuelles ne tenaient à rien. Il avait d’ailleurs été, à plusieurs reprises, pris pour un étudiant à son grand désarroi. Lui qui avait eu envie de grandir rapidement, d’oublier son enfance et toutes les souffrances qui étaient liées, on le rabaissait sans cesse, lui faisant croire qu’il ne pouvait évoluer, qu’il était coincé dans cette carapace d’adolescent qui l’avait fait tant souffrir. L’était-il, coincé ? Était-il voué à refaire les mêmes rêves toute sa vie ? A revivre les horreurs qu’il avait vécues ? A refaire les mêmes erreurs ? Il ne le voulait pas. Il souhaitait prouver au monde qu’il n’était plus le même. Qu’il avait gagné confiance. Qu’il était respectable. Qu’il était devenu celui qu’il devait être. Alors pourquoi perdait-il toute la confiance et l’assurance, qu’il s’était évertué à gagner, à proximité d’Emma ?

Au loin, la Grande Horloge retentit. 18h45. Un quart d’heure s’était écoulé depuis l’arrivée de la jeune fille. La notion du temps avait été totalement chamboulée et Iaril aurait juré qu’ils avaient raté l’heure du repas depuis bien longtemps. Il avait été éloigné d’elle si longtemps qu’un quart d’heure suffisait à le rendre heureux pendant des heures, voire des jours. Avec une démarche lente, les deux jeunes gens continuèrent à faire le tour de la bibliothèque pour récupérer les livres qui pouvaient être facilement réparés. Au bout de quelques minutes, les bras de l’Historien étaient bien trop chargés pour pouvoir en porter davantage alors, fermant les yeux sur la règle de ne pas utiliser la magie à proximité des livres, il les fit voleter derrière eux d’un coup de baguette, qu’il remit in-extremis dans la poche dédiée de sa veste. Discrètement, Godry, la Demiguise, avait décidé de les suivre en jouant les acrobates sur les plus hautes étagères ne manquant pas une miette de leur conversation. Les yeux dans le vague, l’esprit taraudé entre ses pensées et la dangereuse proximité d’Emma, Iaril fut parcouru d’un frisson lorsqu’il sentit un effleurement sur sa main droite. Une pression immense s’empara de sa poitrine et sa gorge se noua quand il comprit qu’il s’agissait de la main de la Préfète-en-Chef. L’avait-elle fait sciemment ? Son corps s’était-il rapproché inconsciemment jusqu’à être assez près pour le toucher pour assouvir un désir inavoué ? Il commençait à s’imaginer qu’Emma avait peut-être envie d’être près de lui, qu’elle avait peut-être les mêmes pensées que lui et qu’elle ressentait des sentiments semblables. Inimaginable. Pourquoi s’embêterait-elle à s’amouracher d’un jeune homme timide, un peu trop spontané, peu sûr de lui et irrévocablement et éperdument amoureux d’elle suite à quelques mots échangés et d’un baiser volé ?


Il m’arrive d’être tête en l’air quelques fois… fit-il le cœur battant à tout rompre. J’essayerai de faire de mon mieux pour que mes livres soient à l’abri, désormais.

Il ne croyait pas vraiment à ses propres paroles. Si la Martinson s’était mise en tête de partir maintenant, il l’aurait suivie sans même prendre garde à fermer la porte de la bibliothèque. Il était incorrigible mais la jeune fille lui faisait perdre tous ses moyens et toutes ses bonnes résolutions. Ses joues s’empourprèrent lorsqu’il effleura la main d’Emma avec la sienne, comme pour lui envoyer un signe qu’elle résidait toujours dans son cœur, comme pour répondre à son propre contact, voulu ou non, comme si ce geste pouvait lui faire comprendre tout ce qu’il brûlait de lui dire.



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Emma Martinson
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Gryffondor
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 09/06/2019 à 14:40:25

Sa peau en contact avec la sienne, elle put remarquer que Iaril lui avait rendu sa caresse avec un petit sourire. Celui-ci eut le don de faire chavirer le cœur de la jeune fille. Elle le lui rendit sans se faire prier, et ses joues devinrent un peu plus colorées. Comme si ces dernières étaient en feu. Le regard captivant du jeune homme était inévitable, et il était difficile pour la Lionne de s'en détacher. A ce moment là, elle désirait s'immiscer dans ses pensées, les prendre une par une et toutes les analyser, sans aucune exception. Elle voulait l’entendre, le garder près d’elle, ne plus se cacher derrière ce masque, et lui ouvrir son cœur comme un livre : qu’il puisse tout savoir, sans aucun filtre. De toute manière, l’érudit possédait déjà le cœur de la Martinson entre ses mains, et il l’avait toujours eu. Encore fallait-il qu'il en soit au courant.

Cette étreinte était-elle un signe ? Voulait-il lui véhiculer un message à travers celui-ci, sans oublier son regard envoûtant qu'il lui avait lancé, tout en rougissant ? Cette attention voulait sûrement en dire long sur ce que l'Historien ressentait. Tout compte fait, on ne réagissait pas comme cela avec n'importe qui, osa penser la jeune fille de dix-sept ans. Ce contact l'apaisait, et elle attendait celui-ci depuis bien longtemps. Ces retrouvailles se passaient finalement assez bien, et les deux jeunes gens étaient en même temps assez actifs en ramassant les livres plus ou moins épargnés. La réponse du jeune homme fit légèrement sourire Emma. Effectivement, son sourire ne voulait plus s'envoler, elle en avait presque mal à la mâchoire. Mais tout cela était au dessus de ses forces, Iaril était près d'elle et c'était tout ce qui comptait.

Un quart d'heure était passé, ce qui était encore bon signe. Emma ne voulait pas s'en aller d'ici, et ce, même s'il fallait rater l'heure du dîner. Mais lui, que voulait-il ? La Gryffondor ne pouvait pas s'arrêter de revenir sur ce qu'il pouvait bien avoir en tête, c'était bien plus fort qu'elle. Les questions fusaient, se multipliaient pour au final emplir l'esprit de la Rouge&Or, c'était un bazar, tout comme la Bibliothèque. Les livres vire-voltant à présent derrière eux, elle n'avait pas remarqué la Demiguise qui était sûrement le compagnon du Karazyan. Il était vrai que la jeune fille aimait beaucoup les créatures, et était assez proche de la nature. Mais la brune n'avait aucune créature magique, sans compter son chat qui restait à Londres, chez sa mère. Celle-ci avait tout de même besoin d'une certaine compagnie, la solitude connaissait assez bien Amy, la chère et tendre mère d'Emma. Quant à cette dernière, elle n'avait besoin que d'une seule et unique compagnie pour rendre son bonheur complet : Iaril. Sa main droite était d'ailleurs toujours sur la sienne, et décidément, aucun des deux ne voulait se détacher de cette étreinte. Au contraire, la jeune fille voulait même les réunir. Les réunir comme pendant leur dernière danse, et les unir pour ne plus jamais les séparer. Elle émit un souffle de satisfaction quand elle vit qu'il ne s'était pas dégagé de l'étreinte aussitôt. Elle plongea ensuite son regard dans le sien en s'emparant délicatement de sa main chaude. Avec un air timide, se mordant la lèvre inférieure et sentant les yeux de l'Historien sur elle, la courageuse Lionne perdait tout contrôle d'elle-même.


♦ Et... s'ils leur arrivent malheur une nouvelle fois, tu pourras t'attendre à me revoir ici.

Elle avait prononcé ces derniers mots de façon à marquer le jeune homme. La brune ne l'avait d'ailleurs pas fait sciemment, mais elle s'attendait à une réaction qui pouvait lui montrer qu'il tenait à elle. Les livres se devaient être en sécurité, et pour l'instant, avec deux personnes assez responsables dans la Bibliothèque, rien ne pouvait leur arriver. Le cœur battant à tout rompre, elle ne pouvait plus lâcher la main de Iaril. Ce prénom résonnait d'ailleurs à l'intérieur d'elle, ne voulant plus la quitter.

[ ... Tu peux faire peur parfois, Em'. ]

♦ Iaril...

Ce nom s'était échappé de ses lèvres impulsivement, la laissant dans un léger malaise. Elle rougit de plus belle en s'entendant dire ce prénom si doux à l'oreille, fuyant ainsi inexorablement le regard du concerné.





josh&may
Iaril Karazyan
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Serdaigle
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 09/06/2019 à 19:20:46

La Gryffondor avait toujours les mots pour le réconforter et le soutenir. Même lors de leur première et unique rencontre – jusqu’à aujourd’hui –, la jeune fille n’avait pas hésité à mettre Iaril à l’aise malgré sa grande timidité. Elle l’avait peut-être fait sans s’en rendre compte mais elle l’avait grandement aidé à prendre sur lui, à rassembler son mince courage pour la prendre par la main et l’accompagner au centre de la piste de danse et à mettre de côté ses appréhensions et ses peurs pour s’emparer de ses lèvres quelques instants. Arriverait-il à devenir un homme à ses côtés ? Il lui semblait qu’Emma pouvait le tirer vers le haut, faire de lui quelqu’un de plus assuré, lui faire oublier tout ce qu’il a été ainsi que toutes ses souffrances pour se concentrer sur l’avenir. Serait-elle toujours derrière la porte qu’il tenterait d’ouvrir ? Lui tendrait-elle toujours une main bienveillante en cas de chute ? Cette perspective le remplissait de bonheur et un doux sourire illumina son visage basané. Presque aussitôt, le Karazyan sentit la main d’Emma se resserrer autour de la sienne. Son cœur fit un bond dans sa poitrine, tellement qu’il se sentit nauséeux pendant un court instant. Les deux jeunes gens s’étaient arrêtés au milieu de la bibliothèque entre deux grandes étagères miraculeusement épargnées. Iaril déglutit nerveusement en plongeant son regard dans celui de la Préfète-en-Chef qui le regardait tout aussi intensément.

Je… J’y compte bien, répondit-il d’une petite voix rauque, son teint tirant de plus en plus vers un rouge cramoisi.

Être près d’elle était bien suffisant pour lui faire perdre ses moyens alors mener à bien une conversation face à face, sa main droite lovée dans celle d’Emma, échangeant une intensité de regards relevait de l’impossible. Flottant derrière eux, les livres ramassés étaient les seuls témoins – avec Godry, jouant au funambule sur les poutres du plafond – de ce qui pouvait se jouer entre les deux sorciers. La scène était surprenante voire surréaliste. Iaril n’avait plus la force de se battre contre les sentiments qui l’assaillaient de toutes parts. Il n’était pas assez fort pour les intérioriser indéfiniment. Si son corps pouvait être résumé à un vase rempli d’eau, il ne suffirait que d’une goutte supplémentaire pour le faire déborder. Emma n’avait apparemment pas l’intention de lâcher sa main ce qui le rendit particulièrement heureux mais accentuant sa nervosité et sa timidité. Une pression indescriptible s’exerçant dans sa poitrine l’empêchait de respirer convenablement. Sa tête tournait et il aurait sûrement évoqué cette pression et ce manque d’oxygène pour l’expliquer. Mais il n’en était rien. Emma lui faisait tourner la tête, ni plus ni moins.

Puis, la submersion. La dernière barrière qui entourait son cœur se brisa. Le vase déborda. Entendre son prénom de la bouche d’Emma avait un bien plus grand pouvoir que tout ce qu’ils avaient échangé pendant ces quelques minutes. Que pouvait-il faire face à cet ouragan qu’incarnait la Martinson ? Elle avait déboulé dans sa vie sans crier garde et l’avait mis à rude épreuve. Comme maintenant. Il avait beau s’entourer de barrières, feindre l’indifférence et se convaincre qu’elle ne lui était pas aussi chère que son cœur voulait lui faire croire, il ne pouvait se mentir à lui-même. Il lui appartenait. Suite à l’évocation – non-voulue d’après lui – de son prénom, les joues de la jeune fille s’étaient empourprées et son regard était devenu fuyant. L’envie de prendre son visage entre les mains pour que son regard se replonge dans le sien s’empara de lui. Il n’arrivait plus à réfléchir et son cœur, menaçant de sortir de sa poitrine à tout moment, prit le dessus. C’est avec une grande douceur qu’il étreignit la main libre de la jeune fille avec la sienne.


Emma… finit-il par répondre en se rendant compte qu’il s’agissait de la seule chose qu’il brûlait de dire à voix haute.



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Emma Martinson
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 10/06/2019 à 15:38:07

Sa voix avait le pouvoir de chasser toute mauvaise pensée traversant l'esprit d'Emma. Mais effectivement, l'entendre énoncer son prénom avait eu le don de tout faire disparaître autour d'elle. Iaril avait pris soin d'entourer sa main libre dans celle de la Préfète en Chef, ce qui illumina le cœur de celle-ci. Tout était si surréaliste, comme dans un rêve. Elle avait toujours peur de se réveiller au beau milieu d'une scène, d'avoir imaginé tout ce scénario qui était bien trop beau pour être vrai. Mais rien. Rien ne se passait. Ils étaient toujours là, main dans la main, se regardant dans les blanc des yeux. Il se souvenait donc d'elle... L'avait-elle marqué autant qu'il avait su le faire ? Peut-être bien, au final.

Le geste de l'ancien Serdaigle eut le don de faire trembler Emma. Puis, elle se calma quelques secondes après, cette chaleur l'apaisait plus qu'autre chose et pour rien au monde elle se serait retirée. Cette envie de le faire sien pour toujours était de plus en plus importante, son regard était sûrement la plus belle chose que la Rouge&Or avait pu croiser dans sa vie. Était-il possible de trouver quelqu'un si parfait ? De ne relever que du bon, d'en oublier tout bon sens ? Finalement, était-ce cela, « l'amour » ? Tout aimer d'une personne, presque aveuglément ? Ses cheveux soyeux qui avait l'air doux au touché, son teint bronzé et ses prunelles ensorcelantes ? Comment résister face à cette tentation croissante ? C'était tout bonnement impossible. Bien qu'elle soit une Gryffondor, elle avait une certaine peur de tout cela. Ses sentiments foisonnaient à tout bout de champs ; Emma était tombée dans son propre piège. L'effet que l'Historien exerçait sur sa personne était indéfinissable. Oui, elle était heureuse. Et pour l'instant, rien ne pouvait écarter ce bonheur excessif, mis à part un éloignement soudain de la part du jeune homme, très certainement. Certains doutes s'étaient envolés, mais d'autres étaient bien plus tenaces, ne demandant qu'à être éclairés.

Toujours face au jeune homme, après une minute de réflexion, la Martinson se mit silencieusement sur la pointe des pieds pour se retrouver à quelques centimètres de l'oreille gauche de Iaril. Elle pouvait, par ailleurs, ressentir son souffle sur son cou, ce qui la fit frissonner de la tête au pied. Son rythme cardiaque ne pouvait que s'accélérer, elle était d'ailleurs presque certaine que le Karazyan pouvait le percevoir, derrière sa masse de vêtements.


♦ Cette fois, tu ne pourras plus t'enfuir, lui chuchota-t-elle contre son oreille avec un petit sourire, tentant de le mettre en confiance et de l'assurer. Emma savait qui il était, elle n'avait pas besoin de le voir et de lui parler chaque jour. Quelques heures avaient suffit pour que la Lionne lui appartienne. Maintenant cette position quelques secondes plus tard, elle se recula légèrement pour sonder son regard profond une nouvelle fois. Sa voix prit une tonalité un peu plus craintive, devenant quelque peu tremblante. N'est-ce pas ?...





josh&may
Iaril Karazyan
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 10/06/2019 à 20:55:55

Le Karazyan ne se souvenait pas qu’elle était aussi entreprenante pour venir lui susurrer quelques mots au creux de l’oreille, son corps n’ayant jamais été aussi près du sien depuis leur dernière rencontre. Ainsi, elle se souvenait de sa lâcheté et de sa fuite inexplicable et n’hésitait pas à le lui faire rappeler. Néanmoins, ces quelques mots étaient également la preuve qu’elle se souvenait de cette soirée, même si ce n’était peut-être pas pour les mêmes raisons que lui. Cette fuite était restée en travers de sa gorge. Son acte l’avait-elle réellement déçue à ce point ? Avait-elle oblitéré tout le reste pour ne retenir que son moment de faiblesse ? Il aurait aimé lui en expliquer les raisons. Lui dire que ce n’était pas contre elle. Lui dire que ce n’était pas elle qu’il avait fui. Lui dire qu’il avait simplement agi comme un gamin d’une douzaine d’années. Ce n’était sûrement pas une excuse mais il n’avait pas mieux. Il ne trouvait pas d’autres explications à cette fuite.

Chacun de ses souffles près de son oreille lui faisait comme une décharge électrique dans tout le corps. La tête lui tournait, son cœur tambourinait contre sa poitrine comme s’il rattrapait les six dernières années pendant lesquelles il n’avait pas pu battre aussi vite et aussi fort et ses membres semblaient s’être alourdis comme si la pression qui avait occupé sa poitrine s’était muée partout. Le cou d’Emma l’invitait furieusement aux baisers et aux caresses et sa bouche brûlait d’envie de goûter à cette peau parfaite. Il était tout simplement en ébullition. Iaril eut une petite moue de déception – qui s’évanouit très vite pour laisser la place à un plus grand désir encore – quand la Préfète-en-Chef quitta son oreille pour revenir au-devant de son visage et plonger son regard dans le sien. Ses yeux dorés étaient magnifiques. Il pouvait s’y perdre pendant des heures, se laissant flotter au gré des mouvements de sa pupille et de ses reflets scintillants.


[ On dit que les yeux sont les reflets de l’âme… Tu ne peux pas savoir à quel point tes yeux sont la plus belle merveille qui m’a été permise de regarder, Emma… ]

Inexorablement, le soleil continuait sa course descendante par-delà les collines. Le crépuscule commençait à tomber et la bibliothèque était baignée dans une atmosphère orangée qui accentuait la magie et la beauté de ce moment. Les grandes fenêtres élégamment décorées laissaient passer les derniers rayons du soleil qui finissaient leur course sur les deux jeunes gens. Néanmoins, ils n’en avaient pas besoin pour se réchauffer, la proximité de leur corps et le souffle de l’un caressant le visage de l’autre étant bien suffisants. Six années étaient passées… La fuite était-elle toujours envisageable à l’âge de dix-neuf ans ? Serait-il crédible ? Il en doutait fortement. Il se devait d’être à la hauteur des attentes de la jeune femme et de montrer qu’il était devenu un homme assumant ses actes, ses envies et ses désirs. Elle lui donnait le courage de faire de son mieux, de mettre de côté sa timidité et de lui montrer qu’elle lui était chère. Encouragé par le regard qu’elle posait sur lui, Iaril libéra sa main droite de l’étreinte pour venir caresser sa joue avec une grande douceur.

En effet, répondit-il en arborant un sourire timide mais charmeur. Je n’ai peut-être pas beaucoup changé depuis toutes ces années, mais je n’ai plus envie de me défiler…



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Emma Martinson
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Gryffondor
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 11/06/2019 à 00:49:41

Ce que le Karazyan ignorait sûrement, c'était que la brune était totalement tombée amoureuse de ce Iaril de douze ans. Elle ne lui en voulait pas, et elle ne pouvait tout simplement pas. Ils n'étaient que de simples enfants après tout, et ne s'étaient absolument rien promis. Son départ était finalement un « adieu » mémorable, ce baiser en était la preuve. Emma était juste restée dans cette lourde incompréhension qui ne cessait de la tourmenter nuit et jour, se sentant affreusement coupable. Peut-être aurait-il voulu retourner en arrière et éviter son chemin ? Ces chaises étaient bien trop proches pour que la petite Emma ne puisse se comprimer de parler à cet inconnu de l'époque. Ce qu'il ne savait pas, c'était qu'elle était prête à tout pour sa personne. Comment le lui montrer ? Les mots ne lui venaient pas immédiatement, et il était presque impossible de réfléchir correctement. Ils s’égaraient, se mélangeaient pour finalement former un message incompréhensible.

En effet, à cet instant, la Préfète en Chef se sentait remarquablement égoïste. Et pourtant, ce n'était pas son but. Son cœur avait parlé, et il avait décidé de laisser s'enfuir cette phrase qu'il ne considérait que très peu. Le plus important était resté en elle, et pour l'instant, elle s'efforçait de rassembler tout son courage avant de lui livrer ce qu'elle brûlait d'avouer. La main du jeune homme se détacha de la sienne pour venir caresser la joue empourprée d'Emma. Celle-ci fondait littéralement, et presque dans tous les sens du terme. En répondant à ce sourire affriolant qui lui était destiné, elle ferma les yeux quelques secondes, se sentait misérablement honteuse. Elle l'aimait comme jamais elle n'avait réussi à le faire, à s'en détruire le coeur, et Iaril méritait sûrement quelqu'un qui saurait lui montrer tout cela. Pourquoi avait-elle eu autant de mal à admettre qu'elle était véritablement attachée à lui ? Ce sentiment effroyablement nouveau et indiscret l’avait poussée à longtemps se mentir à elle-même. Et présentement, pourquoi ne pouvait-elle pas tout lui révéler en un acte, une parole, un regard ? Martinson demeurait simplement impuissante face à ce si beau sourire. Se raclant la gorge difficilement, elle repensa à leur rencontre : leur discussion du Brésil, de l’aide qu'elle avait gentiment proposé au petit garçon qui était nouveau à Poudlard, de leurs regards langoureux durant ces valses d’une douceur sans égale, de son talent inné pour la danse, de ces musiques qui étaient à présent symboliques et enfin, de ses douces lèvres posées sur les siennes, clôturant de cette manière cette merveilleuse soirée.


♦ Iaril, le garçon que j'ai rencontré il y a six ans reste celui que j'ai face à moi, aujourd'hui. Elle marqua une pause, fixant leurs mains toujours entremêlées et frissonnant sous la main chaude qu’il avait laissé sur son visage, la caressant tendrement. Cette douceur incomparable calma l’esprit de la jeune femme, l’aidant ainsi à finir sa phrase. Et... je ne le remercierai jamais assez pour tout. Il a été... extraordinaire. Son regard s’adoucissait à chaque nouveau mot ayant réussi à franchir le seuil de ses lèvres rosées, tout comme l’atmosphère que dégageait la bibliothèque. Les derniers rayons de soleil s’infiltraient à travers les fenêtres, luisant contre les jolis yeux de l’Historien.

[ Et je l’aime… ]





josh&may
Iaril Karazyan
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 13/06/2019 à 17:15:49

Pendant quelques instants, Iaril avait eu la crainte qu’Emma ne se dégage de sa tentative d’approche et de ses caresses. Ne sachant que dire, il préférait mille fois les actes aux paroles pour exprimer les sentiments qui assaillaient son cœur et son esprit. Ainsi, il avait souvent peur qu’ils ne soient pas interprétés à leur juste valeur et qu’il ne soit perçu comme une personne trop entreprenante, trop tactile. Néanmoins, la gêne de la Martinson ne semblait pas très importante, n’étant visible que par le rougissement de ses joues sous les doigts du Karazyan. Ce dernier rougit de plus belle également en prenant pleine conscience des dires de la jeune fille. Lui, extraordinaire ? Il n’y pensait pas une seconde. Elle le remerciait pour cette soirée d’un autre temps alors qu’il avait été médiocre et détestable. C’était en tous cas ce qu’il croyait. Il s’en était toujours voulu d’être parti de la sorte sans même un regard en arrière. Il avait passé la scène de nombreuses fois dans sa tête la nuit-même et les suivantes, ne trouvant que très peu le sommeil pendant des jours. Avait-elle pleuré ? Avait-elle été tout à fait indifférente à cette fuite ? Avait-elle profané toutes les malédictions possibles à son encontre ? Avait-elle tenté de l’empoisonner lors d’un repas ? Il avait brûlé d’envie de tout savoir. Mais maintenant, alors qu’elle se tenait devant lui, sa main enfermée dans la sienne, son visage à la merci de ses caresses, il n’en avait plus envie. Toutes ces souffrances, ces doutes, ces nuits blanches, ces questions en suspens, ces regrets étaient presque oubliés.

Le garçon d’il y a six ans était bien maladroit et piètre… répondit-il en baissant quelque peu le regard, honteux de ses actions.

Sa main gauche continuait inlassablement à caresser sa joue rosée et douce comme le plus soyeux des tissus. Bien que timide et humble, sa fierté masculine lui conseillait de ne pas s’excuser directement. Pourtant, il le voulait. Seulement effacer d’un revers de main toute cette histoire de lâcheté et seulement recommencer les prémices d’une histoire merveilleuse à partir du baiser qu’il lui avait donné. Il avait envie de la faire sienne. Elle ne semblait pas repousser ses démonstrations d’affections, et pourtant… Était-ce parce qu’elle ne souhaitait pas le froisser ? L’Historien perdit son sourire peu à peu, ravagé par les doutes. La perspective d’être dans une impasse, d’être le seul à éprouver ce déferlement d’émotions et d’être en face d’un désir inaccessible le rendait atrocement triste. Son cœur était partagé entre un féroce amour et un puissant déchirement. Mettant sa ridicule fierté de côté, ses yeux retrouvèrent ceux d’Emma. Elle était sa lumière dans les ténèbres de ses nuits sans lune et il ne pouvait pas la laisser filer entre ses doigts une deuxième fois par sa faute.

Je… Je suis désolé… fit-il en tentant de trouver les mots justes. Je m’excuse de sa part… Il espère que tu lui pardonneras d’avoir agi aussi impulsivement et lâchement.

Etrangement, il ne semblait pas s’excuser simplement pour son inconduite mais également pour le baiser volé. En réalité, le Karazyan éprouvait toujours la hantise d’entendre de la bouche d’Emma qu’elle n’avait pas apprécié et qu’elle regrettait s’être laissé faire même si elle s’évertuait à lui dire qu’il avait été extraordinaire. N’était-ce pas une des incohérences de l’amour ? L’incertude. Ne jamais être sûr que l’autre éprouve les mêmes sentiments et être dans l’attente constante d’une preuve qui montre le contraire et apaise le cœur des tourmentes.



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Emma Martinson
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 14/06/2019 à 21:45:14

Ne parvenant plus à contrôler ses paroles et sous une certaine panique de dire trop de bêtises, Emma se dit qu'il valait mieux se taire. Elle constata sans grande difficulté que Iaril mettait une large distance entre le garçon de cette soirée et l'homme qu'il demeurait à présent. Peut-être était-ce un besoin personnel, une envie, un objectif ? Immanquablement, Emma pouvait bien comprendre. Le silence planait, la Gryffondor observait longtemps son expression changeante. Son sourire s'était peu à peu éteint, ce qui intrigua la jeune femme. Quelles étaient ses pensées ? Elle aurait tant aimé tout savoir, ne pas être rongée par les doutes qui ne manquaient pas de s'en aller pour se réinstaller de nouveau. Prenait-il tout ce qu'elle disait à la légère ? Elle l'ignorait. Mais que faire, que dire pour lui faire comprendre ? Il s'excusait dans la minute qui suivit, Emma n'eut aucune réaction apparente, esquissant seulement un sourire sincère. En réalité, que pouvait-elle faire d'autre ? Ses excuses étaient sans doute honnêtes et authentiques, constatant cette crainte dans ses yeux. Cette période n'avait pas été la plus plaisante. Durant les premiers mois de l'année, les fêtes de fin d'année se terminant, la petite Lionne laissait souvent couler ses larmes, seule se baignant dans le noir en repensant à ce visage angélique qui ne lui prêtait plus d'attention. Em' ne voulait pas montrer ses faiblesses, et elle avait toujours été ainsi. Aujourd'hui, elle avait envie de laisser son passé et ses souffrances de côté, de tourner la page de ce misérable livre qu'était sa vie. Peut-être que son nouveau départ était arrivé. Leur nouveau départ.

♦ Il est déjà pardonné, fit-elle naturellement.

Il lui semblait, par ailleurs, que le Karazyan préférait agir par les actes que par les paroles. Sa main était toujours sur le visage de la jeune fille, ses doigts étaient un ravissement pour son cœur, sa main entremêlée dans la sienne, un réconfort sans égal et son regard, la plus belle chose qu'elle avait pu croiser. Elle baissa le regard. Assumerait-elle ses sentiments, ses désirs ? Irait-elle jusqu'à poser sa tête contre la poitrine de Iaril, dressant l'oreille vers les battements de son cœur qui la berceraient doucement ? Quelle serait la réaction de celui qui faisait battre le sien à tout rompre ? La serrerait-il contre lui, ou au contraire, la repousserait-il ? La Rouge&Or se rapprocha d'un pas, le regard incertain. Son visage n'était qu'à quelques centimètres de l'Historien, son souffle contre son visage, elle tressaillit. Ses yeux se promenaient sur le visage parfait du Karazyan. Elle ne se cachait plus, elle n'en avait d'ailleurs plus la moindre envie. Pourquoi devrait-elle encore se voiler la face ? Il n'y avait plus de retour en arrière. Aussitôt, son autre main rejoignit celle qui lui apportait inlassablement de multiples caresses aussi douces les unes que les autres, passant ses frêles doigt sur le dos de sa main, comme pour l'inciter à continuer. Toute peur et incertitude avait pris congé d'elle, ne voyant que l'être qui avait tout balayé d'un revers de main.


♦ Je pense qu'on peut oublier ce passé et...

Elle ne put finir sa phrase, tremblante. Aucun mot ne lui venait. La brune les méprisait définitivement, ces misérables mots. Comprendrait-il où la jeune Gryffondor voulait en venir ? Elle s'empressait de savoir. Cette sensation nouvelle lui faisait perdre ses moyens, ce que le jeune homme procurait chez Emma était dangereusement étourdissant. Le rouge lui montant férocement aux joues, dû de son impasse, un petit gloussement sortit de sa bouche, un sourire charmeur s'en suivit.





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Serdaigle
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 17/06/2019 à 18:10:45

Les mots rassurants de la Martinson firent comme un baume apaisant autour du cœur de l’Historien. Ainsi, elle ne lui en voulait pas – ou plus, du moins – pour s’être enfuit de la sorte. Il l’avait brutalement quittée et l’avait laissée sur place. Sur l’instant, il n’avait pensé qu’à mettre le plus d’espace entre eux pour ne pas qu’elle puisse mesurer sa gêne et son manque de confiance en lui. Cependant, ce sont les quelques minutes d’après qui furent les plus douloureuses. L’idée même d’imaginer la Martinson, dans sa magnifique robe rouge, seule au milieu de la piste de danse, le regard perdu derrière de grosses larmes lui avait brisé le cœur. Depuis, il n’avait jamais eu le courage de l’aborder à nouveau craignant sa réaction. Une claque au visage, il aurait pu l’encaisser. Des mots blessants, il aurait pu les entendre. Ce qu’il avait craint par-dessous-tout était l’indifférence de la part d’Emma. La peur d’être oublié, la peur d’être seul, la peur d’être ignoré était une de ses plus grandes anxiétés. Alors, il avait tout simplement évité toute nouvelle rencontre.

Pourtant, je n’arrive pas à me pardonner… fit-il en plongeant son regard dans celui d’Emma.

Le Karazyan était une personne très expressive et il était possible de lire en lui comme dans un livre ouvert seulement en observant ses gestes et les expressions de son visage, surtout ses yeux. A cet instant, son regard trahissait une angoisse profonde, un stress grandissant, une peur sous-jacente d’être rejeté et une colère violent contre lui-même. Malgré ce déferlement d’émotions négatives qui ressurgissaient de très loin, l’Historien avait retrouvé son sourire et ses caresses reprirent de plus belle sur la joue de la jeune fille. Cette dernière réduit encore davantage la distance qui séparait leur deux corps en avançant d’un pas. Il semblait que le temps s’était arrêté autour d’eux. Les yeux de la Martinson, légèrement levés vers le haut, arrivaient au niveau du nez du Karazyan. Pendant un bref instant, une image s’imposa dans l’esprit de l’Historien. La jeune fille gagnant quelques centimètres en se mettant sur la pointe des pieds, ses bras autour de sa taille, pour venir s’emparer de ses lèvres à son tour. Inconsciemment, son regard glissa vers les siennes. Au même moment, la main de la Préfète-en-Chef rejoignit la sienne sur sa joue. Ce contact le fit tressaillir. Sa peau était tellement douce et ses caresses tellement chaudes que Iaril avait l’impression de fondre sur place.

[ Quoi ? Qu’est-ce que tu veux me dire, Emma ? ]

Elle n’avait pas terminé sa phrase. Elle n’était pas allée jusqu’au bout de sa réflexion. Que voulait-elle lui dire ? Oublier ce passé et… ? Ne plus s’occuper l’un de l’autre ? S’oublier mutuellement ? Faire comme si de rien n’était ? Recommencer ? Reprendre ? Que ressentait-elle à son égard ? Le Karazyan brûlait d’envie de comprendre et de connaître ses pensées. Peut-être que la réponse se trouvait sur le rougissement de ses joues, sur son petit gloussement timide et son sourire taquin qui prit possession de sa bouche ? Cette bouche. Il n’arrivait plus à en détacher ses yeux. Il avait envie de les goûter à nouveau. Aurait-elle une réaction négative s’il l’embrassait maintenant ? Ou, au contraire, lui rendrait-elle son baiser ? Peut-être que lui demander était la meilleure des solutions mais il se sentirait extrêmement bête de poser la question. Alors, les joues rougissant de plus belle, sa main droite toujours agréablement coincée entre sa joue et ses doigts joueurs, sa main gauche entrelacée avec la sienne, le Karazyan combla la faible distance qui demeurait et posa délicatement ses lèvres entrouvertes sur celles d’Emma.



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Emma Martinson
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Gryffondor
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 19/06/2019 à 18:34:17

Pendant un bref instant, la jeune fille se maudissait intérieurement. Elle ne contrôlait plus ses dires, et il s'agissait bien de ces derniers qui prenaient les commandes. Quelques secondes passèrent lentement, la connexion de leur regard se renforça. Celui de Iaril eut une étrange lueur. C'était comme si elle avait le don de lire en lui tout sentiment le traversant, luisant contre ses yeux. Le souffle coupé, les mains devenant moites, le cœur tambourinant violemment en elle, son corps tout entier était en ébullition. Cette proximité lui donnait un semblant de tournis, et ses longs cheveux lui amenaient plus de chaleur qu'elle ne pouvait déjà ressentir. Sa vue s’était brouillée, submergée par une pluie d’émotions qui assaillait son cœur de tous les sens, sans aucune pitié. Ce désir de se jeter à son cou et de prendre possession de ces lèvres qu'elle convoitait tant était sur le point de s’emparer d'elle, mais c’était avant que le visage du Karazyan ne puisse briser le peu de distance qui les occupait. S’approchant furieusement de la jeune fille, ses lèvres rencontrèrent aussitôt les siennes dans un doux silence. Tout autour d'eux, rien d'autre n'existait. Toute crainte, toute incertitude se noya dans les pénombres de son passé, loin derrière elle. La douceur de cet attouchement était la goutte de trop : les minces barrières de son cœur se fendirent, s'abandonnant totalement à lui pendant quelques secondes avant de répondre à son baiser. Retirant délicatement sa main gauche, Emma la fit se promener vers l'arrière du cou de l'Historien, sans éviter de la passer dans ses cheveux. Les derniers rayons de soleil continuaient leur chemin vers une nuit peut-être plus agréable, Emma pouvait presque repartir le cœur léger. Mais à ce moment là, rien ne comptait. Rien, à l'exception de sa présence. Frémissant de plaisir sous ses douces lèvres, elle laissa, par la même occasion, s'envoler toute mauvaise pensée tout en savourant ce moment tant attendu -en ce qui la concernait, du moins-.

[ Sa bouche... ce souvenir lointain, lui tout en entier. Quoi qu'il arrive, il restera mon plus beau souvenir. ]

Ayant besoin de reprendre son souffle, la jeune fille se détacha légèrement de ses lèvres, à contre-cœur. Leurs visages étaient toujours à quelques centimètres l'un de l'autre. La respiration saccadée, les yeux emplis d'étoiles, elle se sentait revivre. Il avait réussi à éveiller ses sentiments et à les rendre encore plus forts qu'ils ne demeuraient. Les yeux noisette de l'érudit laissaient paraître d'innombrables sentiments. Après ce baiser, la Martison ne put s'empêcher de l'épier ; ses joues rougies, quelque peu dissimulées par sa barbe dont elle mourrait d'envie d'en explorer chaque millimètre de ses doigts joueurs, et ses cheveux légèrement ébouriffés lui donnaient un air dangereusement irrésistible. Prise d'une pulsion, elle déposa ses doigts sur les joues de celui qu'elle aimait. Était-elle prête à vivre et faire face à tout cela, avec lui ? Arriverait-elle à s'abandonner à lui, laissant sa vraie partie d'elle-même à sa merci ? Celle qu'elle dissimulait, méfiante du monde qui l'entourait et des trahisons qui la dévoraient aigrement depuis toujours. Pouvait-il le supporter ? L'ancien Serdaigle faisait très souvent preuve de compassion et de délicatesse, pourquoi doutait-elle encore ?


♦ Tu sais comment me faire taire, maintenant, fit-elle en tentant un sourire, toujours haletante de l'intensité de ces dernières minutes.






josh&may
Iaril Karazyan
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 02/07/2019 à 15:58:10

Il s’était emparé de ses lèvres de manière si subite et spontanée qu’il n’avait même pas réfléchi à l’après immédiat. Il ne s’agissait que de son vrai premier baiser – celui qu’ils avaient partagé il y a des années avait été trop rapide pour qu’il puisse le savourer entièrement et en comprendre tout le fonctionnement – et il ne savait pas vraiment comment s’y prendre. Pendant quelques instants, qui parurent une éternité, il goûta aux lèvres d’Emma de la manière la plus chaste qui soit sans faire le moindre mouvement. Pendant quelques instants, qui lui semblèrent des heures, il ne reçut aucune réponse de la part de la jeune fille. Avait-il fait une erreur de suivre son instinct ? Ce baiser était-il mal venu ? Avait-elle été tout simplement surprise de ce soudain rapprochement ? Iaril doutait. Beaucoup trop. Et depuis toujours. Il doutait pour tout, surtout quand il s’agissait, de près ou de loin, d’Emma. Cependant, ces questionnements – qui n’avaient apparemment pas lieu d’être – s’envolèrent quand il sentit le consentement de la jeune fille qui se jeta corps et âme contre ses propres lèvres. Le Karazyan était totalement à sa merci. Lors de leur première rencontre, il ne lui avait guère laissé le temps de lui rendre son baiser avant de s’enfuir, alors c’était la première fois que Iaril parvenait à sentir tout l’attachement et le désir que ressentait la Gryffondor à son égard. Et cette soudaine prise de conscience lui fit manquer plusieurs battements de cœur. Les yeux fermés, le jeune homme profitait pleinement de ce moment et il tressaillit quand la main d’Emma vint parcourir ses cheveux et sa nuque. Trop timide pour entreprendre quoi que ce soit de plus physique pour le moment, le Karazyan se contenta de resserrer sa main autour de celle d’Emma, solidement entrelacées depuis déjà de longues minutes.

Ses joues s’empourprèrent davantage et son souffle devint saccadé quand la jeune fille rompit le baiser. Leur visage à quelques centimètres l’un de l’autre, ils avaient tout le loisir de s’inspecter mutuellement pour tenter de comprendre les pensées et de déchiffrer les expressions faciales de l’autre. Aucun mot n’arrivait à sortir de la bouche du Karazyan, toujours agréablement engourdie par ce contact tant désiré. Occupé à se perdre dans le regard angélique de celle qui résidait dans son cœur, le corps de l’Historien fut traversé d’un frisson de surprise quand les doigts d’Emma vinrent se poser sur ses joues. Elle l’encerclait. Elle exerçait une telle emprise sur lui, qu’elle avait le pouvoir de le faire plier à sa volonté. Cette perspective l’effrayait mais son cœur et son esprit étaient tellement embrumés par l’amour qu’il portait pour elle, qu’il ne s’en inquiéta pas outre mesure.


Loin de moi une telle idée, dit-il d’un air amusé mais incroyablement timide. J’ai… Je souhaitais seulement corriger ma conduite de la dernière fois en t’offrant un souvenir peut-être plus agréable… réussit-il à dire en bredouillant.



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Emma Martinson
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 04/07/2019 à 22:53:50

Ses doigts caressaient agréablement les joues chaudes de Iaril. En attendant sa réponse, Emma espérait que cette réponse à ce baiser avait pu éclairer certains doutes quant à ses sentiments et son désir ardent. Par ailleurs, elle serait déjà partie s'il ne s’agissait pas de Iaril. Elle était extrêmement maladroite, elle qui, en temps normal, s’en sortait plutôt bien. Face à lui, elle se sentait si vulnérable, comme si toute sa confiance s’était envolée vers d’autres horizons tout en l’oubliant. Au départ, cela l’effrayait. Cela l’effrayait de placer toute sa confiance en quelqu’un, il pouvait en faire tout ce qu’il désirait. Mais la Martinson était plutôt rassurée de savoir qu’il s’agissait bien du jeune homme. Tout était clair dans sa tête, à présent. Les mots de Iaril l’amusaient inconsidérément, s’il savait que sa simple présence était un cadeau… Ce moment partagé était alors indescriptible. Nul mot ne pouvait exprimer ce que ce dernier représentait pour la jeune fille.

La chaleur de son souffle contre son visage était une source de réconfort sans égal qu’elle ferma inconsciemment ses paupières avant de retrouver ses yeux. Grâce à leur proximité, la jeune fille parvenait même à sentir les battements de son cœur. Finalement, il était ce qu’elle avait de plus précieux. Il y a quelques heures, si on lui avait fait savoir qu’elle se retrouverait seule avec Iaril dans cette bibliothèque, qu’ils échangeraient quelques mots et qu’ils partageraient un baiser des plus chastes, Emma n’en aurait pas cru un seul mot. Tout cela paraissait si insensé. Débarquer ici après de longues années d’ignorance et d’indifférence, et briser tout cela en quelques heures était insensé. Et ce n’était décidément pas un rêve. Après cet instant, Em’ n’avait aucune envie de se défiler et de laisser passer sa chance. Elle le voulait près d’elle, connaître ses peurs et ses doutes, lui partager une multitude de choses… Elle voulait seulement être celle qui saura l’apaiser. Ce désir de tout savoir de lui, de l’écouter et d’être présente pour lui était toujours aussi intact. Voudrait-il se confier à elle ? Iaril était l'une des personnes les plus discrètes qu’Emma avait pu rencontrer au cours de sa vie. Il gardait toujours une partie de mystère en lui, et ses yeux ne trahissaient pas. Ils étaient beaucoup trop exubérants pour ne pas le relever. Attirée par ce mystère qui était imprégné en lui, Emma ne put s'empêcher de le sonder encore une fois, inlassablement, pour mieux comprendre. Elle avait toujours ce même regard d'enfant, celui qui se posait sur Iaril et qui comprenait que c'était bien lui qui avait dérobé son cœur quand leurs regards s'étaient croisés pour la première fois. Le coup de foudre existait alors vraiment ? Elle qui n'en croyait pas une seule miette, elle a été frappée par la réalité.


♦ Effectivement, c’était plutôt pas mal… essaya-t-elle d'articuler, tout en éternisant ses caresses. Ce n’était pas seulement « plutôt pas mal », ça ne pouvait pas l’être. Emma était foncièrement enivrée par Iaril et cela sautait aux yeux. Elle n’arrivait plus à contrôler ses pulsions, ses mots, ses pensées. Enfin, la jeune fille l’appartenait. Celle-ci ne pouvait définitivement plus le nier. Ou pour être très sincère, je ne pouvais pas m'attendre à mieux. Ses joues s'enflammèrent quand elle se remémora ses gestes.





josh&may
Iaril Karazyan
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Titre : Re : Tu es ma page manquante...
Créé : 09/07/2019 à 20:28:43 - Modifié : 09/07/2019 à 21:06:34

Iaril avait l’impression d’être passé aux rayons X sous les regards appuyés d’Emma. Que cherchait-elle à comprendre ou à déceler ? Cachant bien trop de secrets et de souffrances, il n’aimait pas trop qu’on le fixe d’une telle manière. Son père avait maintes fois tenté de l’initier à l’Occlumancie pour protéger son esprit, comme lui savait si bien le faire, mais le jeune homme n’avait jamais été très réceptif à cette pratique. Un apprenti légilimens était sans doute capable de faire tomber les fines barrières qu’il tentait vainement d’ériger autour de ses pensées et ses souvenirs. Néanmoins, les regards d’Emma n’avaient pas l’air hostiles et, même s’il s’était avéré que ce soit le contraire, il n’aurait rien fait pour l’empêcher de plonger en lui. Son cœur battait tellement vite qu’il avait du mal à le suivre et ses pensées coulaient à grands flots qu’il ne parvenait même plus à réfléchir de manière raisonnée. Ce qu’il ressentait était presque contradictoire. Il éprouvait une joie immense à être aux côtés d’Emma, à sentir ses doigts sur sa joue, à goûter une nouvelle fois ses lèvres rosées, et pourtant il était plongé dans une grande détresse, telle qu’il était à deux doigts de sombrer dans la folie. Une folie dévastatrice. Son cœur était sur le point d’exploser et ses tempes battaient furieusement contre son crâne. Il ne pouvait garder plus longtemps toutes les émotions qui l’opprimaient.

C’est la même chose pour moi… fit-il finalement en guise de réponse à la Martinson.

La pénombre s’était peu à peu emparée de la Bibliothèque et les lanternes, mises en place par le jeune homme, s’allumèrent automatiquement répondant à un quelconque sortilège. Une lumière orangée vint chasser cette pénombre naissante et envelopper les deux jeunes gens. Sous le coup d’un regain d’énergie et d’un courage insoupçonné, Iaril vint encadrer le visage de la jeune fille de ses larges mains. Son nez était presque collé au sien. Ils ne pouvaient être plus proches l’un de l’autre et pourtant… l’Historien avait l’impression de s’approcher un peu plus d’Emma à chaque nouveau geste à son égard.

Tu n’imagines même pas… commença-t-il sans terminer sa phrase. Je n’ai jamais cessé de penser à toi… reprit-il dans un souffle.

Il n’en pouvait plus. Ses yeux devinrent brillants et même humides sous le coup de cette révélation. N’ayant pas l’habitude d’exhiber ses sentiments et de dire à haute voix ce qu’il pouvait bien ressentir, l’Historien en avait presque le souffle coupé. Elle était tout. Absolument tout. Il ne s’était attaché à personne depuis des années, depuis la disparition de sa famille, s’étant promis de ne plus jamais revivre de telles souffrances… Et pourtant. Il n’avait pas pu lui résister. Même pas une minute. Dès qu’elle était rentrée dans son champ de vision, six ans auparavant, ses barrières étaient tombées et sa promesse, qu’il allait se faire quelques années après, était déjà vouée à l’échec. Il aurait voulu continuer à lui dire ce qu’elle représentait pour lui, mais il avait peur de la faire fuir. Deux mots restèrent alors coincés dans sa gorge, deux mots si puissants qu’ils lui faisaient naître quelques larmes, deux mots qu’il n’avait pas prononcé depuis si longtemps qu’il n’était même pas sûr de pouvoir les redire à nouveau…

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