Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> Monde magique >> Reste du monde

Pages : 1 2 ->

Faire-part de décès
Proventus Tal Moundine
Retraité
3e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 4114
Titre : Faire-part de décès
Créé : 10/07/2017 à 01:48:30



* Le sorcier était nerveux. Cela faisait des jours qu'il l'avait suivi. Des jours qu'il avait fait semblant d'être bon en filature pour que l'autre le repère et essaie de le semer. Quand on essaie de semer quelqu'un, on va au final toujours là où il nous attend. Proventus avait réussi. L'entrepôt était fermé de l'autre côté. Et Maughan venait de s'y engouffrer. Le sorcier avait réagi exactement comme il l'attendait. Quand on se croyait invisible, on était le plus vulnérable. Et il pensait qu'il avait pu mettre un terme à la carrière du ministre. Comme si c'était possible avec une conduite aussi... pathétique, aussi dictée par la peur. C'était sans doute le lien privilégié que l'on tenait avec la magie noire. Elle donnait l'illusion d'être puissant, mais elle trahissait dès qu'on avait besoin d'elle. Ce n'était pas le premier homme usant de la magie noire à tomber sous sa main.

En costume. Toujours en costume. Cela en imposait toujours. Même si dans le cas présent, c'était plutôt compliqué. Le costume enlevait à Proventus une grande mobilité de mouvement, mais il fallait bien dire ce qu'il était, il n'en aurait pas besoin. Il était déjà condamné. Depuis le moment où Proventus l'avait pris en chasse, à vrai dire. Depuis qu'il avait appris qu'il se tramait quelque chose. Depuis qu'il avait appris que la magie noire allait revenir sur la Grande-Bretagne. Il avait juré de s'en débarasser. Cela faisait des années que Proventus se battait contre elle. Pendant la première guerre des sorciers, il avait été tellement traumatisé par ce qu'en faisaient les premiers mangemorts qu'il avait voulu y consacrer sa vie. Régulièrement, il partait en chasse, quand on lui demandait de le faire, quand on lui demandait de tuer. Parfois, il le faisait tout seul, sans en demander la permission.

Il avança dans le hangar. Blackwell était une ville typiquement anglaise. Un centre-ville plus ou moins historique, une banlieue résidentielle d'un côté de la ville et une banlieue industrielle de l'autre côté. Proventus était plutôt indifférent par rapport à l'endroit où il était. On tuait quand on le pouvait. On tuait quand il le fallait. Ce n'était pas l'endroit qui jouait, ni la manière. C'était de tuer. C'était de s'arranger pour que tout soit terminé rapidement, avant que personne n'arrive et ne puisse le surprendre, ne puisse l'inquiéter ou ne puisse l'empêcher de faire ce qu'il fallait.

Proventus para rapidement quelques traits verts qui venaient de l'endroit où il s'était réfugié. En plus d'essayer de le tuer, il lui indiquait exactement l'endroit où il se trouvait. Il l'avait déjà blessé auparavant. Il avait fait voler un bris de vitre directement dans sa jambe, et maintenant il était terré dans un coin du hangar. Proventus s'approcha de l'homme. Sa baguette était toujours prête à parer le prochain sortilège qu'il lancerait. Il n'avait sans doute plus la force de se battre. Tant mieux, par ailleurs. *

Alors, Malitia. Fin de la route, n'est ce pas ? Je pourrais dire à votre fille à quel point vous avez été brave et à quel point vous êtes mort dans la dignité.

Citation : Règles
RPG entre Proventus Tal Moundine, Hellia Malitia et Deborah Chloé Parker.
Intervention de PNJ non souhaitée.

Cantate vitae canticum / Sine dolore actae / Dicite eis quos amabam / Me nunquam obliturum

Brisons les chaines du silence

Hellia St.James
Préfète
Chroniqueuse VIPère
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 2512
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 10/07/2017 à 06:26:03 - Modifié : 10/07/2017 à 06:29:46

* Il essayait en vain de le semer depuis des jours et des nuits. Il ne pouvait pas échouer si près du but. Pas après tout ce qu'il avait dû faire pour ça. Maughan avait dû supporter de côtoyer et de travailler aux côtés de sorciers qui ne partageaient pas ses idées et qu'il exécrait au plus haut point. Pendant des années, il avait porté un masque. Et il avait enfin l'opportunité de renverser le Ministre et de prendre le pouvoir qui lui revenait. Évidemment, il n'était pas seul dans cette entreprise. Son amie, Alicia Black était-elle aussi de la partie. À eux deux, ils avaient commandité de nombreux crimes afin de s'assurer la réussite de leur projet. Jusque-là tout s'était parfaitement déroulé. C'est pourquoi il devait se débarrasser du sorcier qui était à sa poursuite. Personne ne devait être au courant.

Peut-être, n'aurait-il pas du quitter la banlieue résidentielle. Il n'avait pas réfléchi et avait agi avec précipitation. La zone industrielle, bien que déserte à cette heure avancée de la nuit, ne lui permettait pas de trouver un endroit sûr d'où il pourrait transplaner. C'est alors que Maughan, avait aperçu un entrepôt et s'y était faufilé. S'il parvenait à distancer le sorcier, le Malitia pourrait décamper et prévenir Alicia. À eux deux, ils retrouveraient ce maudit sorcier et il ne serait plus une gêne.

L'entrepôt était à peine éclairé par les reflets de la lune. Se glissant dans les zones d'ombre, il devait absolument trouver une sortie. Son traqueur avait certainement dû le voir entrer. Il était à bout de forces. Faute au manque de sommeil accumulé et à la course qui durait depuis des jours. Les muscles de ses jambes lui faisaient atrocement mal. Gagnant enfin le fond de l'entrepôt, il se précipita sur la grande porte. Fermée. Il agita sa baguette pour la déverrouiller, en vain. Cette satanée porte restait fermée. Les pas du sorcier qui le poursuivait se rapprochaient de plus en plus.

Ne voyant pas d'autre échappatoire, Maughan, s'était réfugié dans un recoin sombre, entre deux machines moldu. Il n'était plus capable de réfléchir. Il ne pensait qu'à fuir, par n'importe quel moyen. Son cœur battait à tout rompre, sa main était crispée sur sa baguette et il n'avait pas le temps d'analyser la situation. Guidé par son instinct de survie, il lança des sortilèges à tour de bras, le sorcier, les paraient tous et arriva à sa hauteur. Cela ne pouvait pas prendre fin de cette manière absurde. *


« Vous ne tenez pas à être responsable de la mort d'un homme, Tal Moundine. Croyez-moi, c'est un fardeau lourd à porter. Une fois qu'on a goûté à cette magie, on ne peut plus s'en passer. »



* Utilisant les dernières forces qui lui restaient, le sorcier tenta de désarmer son adversaire. *

Team H
Team Mamènes
Emmerdeuse #2
Anciennement Hellia Malitia




Proventus Tal Moundine
Retraité
3e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 4114
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 10/07/2017 à 10:46:35

* Il le savait pertinemment. Ce n'était pas le premier homme qu'il tuait. Ce n'était pas le premier mage noir qu'il exécutait, appliquant ses propres notions de la justice, appliquant tout ce en quoi il croyait. Les meurtres étaient des choses payantes, à chaque fois. Quand on tuait, on était hanté par la tête de la personne que l'on venait d'exécuter. Peu importait la personne en face de la baguette, peu importait la manière, peu importait les raisons pour lesquelles on tuait, pour lesquelles on ôtait la vie. Il était possible de toujours tout justifier. Mais ce qu'il était impossible d'oublier, de justifier, ou quoi que ce soit, c'était les visages qui revenaient toujours. Dans le sommeil, dans la nuit, dans les moments de réflexion. Quand on assumait une mort, on la voyait nous hanter. Mais on ne pouvait jamais s'y faire. On ne pouvait jamais retirer les images que l'on voyait dans sa tête. On ne pouvait jamais espérer qu'ils nous laissent un moment.

Et il savait pertinemment qu'on ne pouvait jamais se désolidariser de la magie noire. Que c'était une drogue, dans laquelle, une fois que l'on s'y plongeait, on ne pouvait réellement pas sortir. Pas sans aide. Mais Proventus n'était pas une personne altruiste. Ni une personne indulgente à vrai dire. Chaque erreur se devait d'être punie. Et il les punissait durement. En fait c'était plus que durement. C'était une punition définitive. On n'avait pas de secondes chances lorsqu'on faisait de la magie noire. Parce qu'on n'en laissait absolument à personne quand on pratiquait ce type de magie. C'était pour cela, pour donner un aperçu de ce qu'ils faisaient vivre aux autres qu'il ne donnait jamais de seconde chance. *

Croyez-moi, Malitia. Votre mort sera sans doute celle que j'aurais le moins de mal à supporter.

* Proventus para le sortilège de désarmement. D'une simplicité hors norme. Il était vraiment épuisé. Il ne pouvait plus rien faire du tout à partir de maintenant. Cela faisait plusieurs jours qu'il était condamné. Mais il venait simplement de prendre conscience de ce que sa mort allait être. Il n'allait pas le tuer avec la magie noire. Il était plein de façons de mourir sans qu'on n'utilise la magie noire. C'était une question de principe, de convictions. Le professeur utilisa sa baguette. Il attira le bout de bois qu'il avait en main directement dans la sienne. Il rangea la baguette du père de la future enfant à naître dans sa poche.

Il n'avait aucune intention de parler de son père à la jeune fille qui allait sortir du ventre de sa mère. Personne n'en parlerait plus jamais. Cet homme allait tout simplement être effacé de la carte, du monde des sorciers. Au début on s'en étonnerait. Certains peut-être. Mais au fil du temps, on croira tout simplement qu'il avait disparu. Et sa femme aussi. *

Je vous ai menti, Malitia. Votre fille n'entendra jamais parler de vous. Et elle n'entendra jamais parler de sa mère non plus. Un dernier mot ?

Cantate vitae canticum / Sine dolore actae / Dicite eis quos amabam / Me nunquam obliturum

Brisons les chaines du silence

Deborah Chloé Parker
Veilleuse
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 6245
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 10/07/2017 à 14:09:22

Département des Mystères, Londres Au même moment


* Deux yeux noirs, semblables à des pierres. Leur dureté était telle que, d'une manière ou d'une autre, ils reflétaient les flammes de la cheminée sans restituer ni leur chaleur, ni la souplesse de leur danse sans fin. Froids, fixes et fantomatiques.
Face à la cheminée, Alicia Prewett, Black ou Parker, quel que fût son nom, réfléchissait. Il y avait tant de facteurs à considérer. Comme lors d'une partie d'échecs, il fallait savoir s'avancer et rester en retrait aux moments opportuns, anticiper les réactions adverses et les contrer... pour écarter toutes les pièces jusqu'à ce que le Roi tombe à son tour.
Mais aux échecs, le plateau est régi par des règles. Les pions sont placés à la vue de tous. Chacun sait ce qui est en jeu. Il n'était pas question d'autoriser ça, dans le cas présent. Le Roi tomberait, attaqué par derrière, sans que personne n'ait rien vu venir et en dépit de toutes les lois existantes.
Alicia déglutit, et une ride vint barrer son front soucieux. Pour que tout cela réussisse, elle avait besoin que Maughan remplisse sa part du contrat. Et, ces derniers jours, elle avait senti chez lui une nervosité qui n'augurait rien de bon.
Elle avait d'abord cru que l'imminent accouchement de Mrs Malitia était en cause, mais Maughan lui avait assuré que non, et elle l'avait cru. Elle-même, quinze ans plus tôt, avait mis au monde une fille sans que cela ne vienne interférer avec ses ambitions. Maughan était fait du même matériau : un appétit pour le pouvoir aussi solide que le roc. Elle ne s'était pas amollie avec la maternité ; elle pouvait compter sur lui pour éviter cet écueil.
Non, quelque chose était arrivé, quelque chose qui n'avait pas altéré sa détermination à aller au bout de leur plan, mais plutôt sa confiance. La Legilimens n'avait pas eu besoin d'utiliser son art pour sentir que Maughan aurait été embarrassé de lui révéler ce qui l'inquiétait. Avait-il échoué à l'une des missions qui étaient de son ressort ? il l'avait exhortée à la prudence, récemment, un souhait qui détonnait avec son caractère. Ou pensait-il être suspecté ?
Brusquement, Alicia se leva. Assez pensé, il était temps d'agir. Les enjeux étaient trop importants pour regarder de l'autre côté. Maughan allait devoir lui expliquer la situation. *

Hellia St.James
Préfète
Chroniqueuse VIPère
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 2512
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 10/07/2017 à 18:05:05 - Modifié : 10/07/2017 à 18:09:28

* Savait-il vraiment ? Imaginait-il seulement ce que cela impliquait ? Maughan se souvenait du premier homme qu'il avait tué. L'eau avait coulé sous les ponts depuis et pourtant, les images étaient encore intactes dans sa mémoire.


À ce moment-là, c'était lui le chasseur, l'autre, la victime. L'homme avait supplié pour qu'il lui laisse la vie sauve. Faisant des promesses à tort et à travers, lui parlant de sa famille et de ses enfants pour faire flancher le jeune homme qu'il était à cette époque. Ses enfants ne méritaient ils pas mieux qu'un père aussi pathétique ? Personne ne méritait de grandir auprès d'un lâche. Il avait rendu service en le supprimant. Depuis, la magie noire coulait en lui. Le rendant de plus en plus puissant. Il ne pouvait plus s'en passer. Qu'était une vie sans pouvoir ? Le pouvoir, ce stimulant suprême, celui qui ouvrait toutes les portes.


Un rire rauque s'échappa alors de sa gorge. Le pouvoir ouvrait beaucoup de portes sauf celle de cet entrepôt visiblement. Non, Maughan, ne supplierait pas pour avoir la vie sauve. Même ainsi, pris au piège dans cet endroit. *



« Vous croyez tous savoir n'est-ce pas . Mais vous ne savez rien. Vous tuez une personne et le goût du sang est en vous pour toujours. Que vous soyez convaincu de faire ça pour rendre justice ou pour parvenir à vos fins. N'importe quelle vie à son importance dans cette balance là. Ôtez-en une et cela vous change à jamais. »




* Il ne cherchait pas à convaincre son interlocuteur de l'épargner. Il pouvait voir dans le regard de ce dernier, que le sorcier irait jusqu'au bout. Cet homme avait tout découvert. Quelques jours auparavant, il avait conseillé à Alicia d'être prudente. Il espérait que son amie avait pris son conseil au sérieux. Elle serait désormais seule pour mettre leur plan à exécution. Le Malitia, savait que cette dernière possédait une ambition sans failles, comme la sienne. Il avait confiance en elle. Elle parviendrait à réaliser ce pour quoi ils avaient sacrifié une partie de leurs vies. Sa femme, Mélusine, ne serait plus en sécurité désormais, mais elle était au courant. Elle savait dans quoi elle s'engageait en se mariant avec lui. Il avait échoué. Ce n'était pas ainsi qu'il voyait le bout du chemin. Désarmé, il pointa son regard dans celui du sorcier qui lui faisait face. *




« Vous êtes la preuve que tout finit par se savoir un jour Tal Moundine. Tout. Même les secrets que l'on pensait enterrer à jamais. Cet enfant que vous évoquez, je ne le connais pas alors pourquoi compterait-il pour moi ? Rien n'a plus d'importance que le pouvoir. »




* Il ne mentait pas. L'enfant à naître n'avait pas la moindre importance. Plus rien n'avait d'importance désormais. Sa route s'arrêtait là. Il avait échoué et le Malitia n'avait jamais supporté l'échec. *

Team H
Team Mamènes
Emmerdeuse #2
Anciennement Hellia Malitia




Proventus Tal Moundine
Retraité
3e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 4114
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 11/07/2017 à 01:02:25

* Proventus regarda le trentenaire en face de lui. Si pitoyable. Même à l'aulne de la mort, il était pathétique. Il avait tellement perdu, tellement voulu jouer qu'il en était devenu ridicule. Qu'il avait perdu toute contenance. Qu'il était devenu plus une larve qu'un humain, plus une erreur qu'autre chose, plus un mort en sursis qu'une victime. Mais cela depuis longtemps. La victime ne prenait même pas la peine de le supplier, elle le regardait, attendant son destin avec résignation. Pourquoi ne se battait-il plus ? A l'aube de la mort, Proventus espérait bien pouvoir combattre encore, encore et toujours contre ce qui allait le tuer. Toujours lutter, car sa mort était inutile. Tant qu'il était en vie, sa cause vivrait toujours. Alors Proventus le regarda, droit dans les yeux. *

La première personne que j'ai tué était mon meilleur ami. Comme vous, il avait versé dans la magie noire. Comme vous, il s'était détourné de la lumière.

* Les neiges blanches de la Russie. Le paysage vide et à l'infini des steppes qui s'étendaient devant lui lui revenait toujours dans ces cas-là. Pas de nuage, pas de chutes de neige non plus. Juste le soleil qui éblouissait avec le reflet de sa lueur sur l'albâtre du gel. Proventus regardait en face de lui. Regardait la fumée du train qui avait déraillé, en arrière-plan. Regardait son ami, à genoux, sur le sol. Qui pleurait. Qui le regardait, qui ne comprenait pas. Il avait été son élève. Il avait été son ami. Il avait été bien plus que tout cela pour Proventus. Mais il l'avait tué. Sans aucun problèmes. Mais les remords vinrent. Et après lui, ceux pour la personne suivante qui avait succombé sous la baguette du professeur. Et ainsi de suite. *

Au revoir. Lacarnum Inflamari.

* Le professeur pointa sa baguette sur les vêtements de l'homme en face de lui. Ses vêtements commencèrent à prendre feu. Ils commençaient à brûler. Ils commençaient à flamber. Il était condamné. Proventus regarda les vêtements brûlés. Mais il ne put s'empêcher de détourner le regard quand les cris se firent plus forts, et que les flammes dansantes sur le textile atteignaient le visage de l'homme qu'il venait de condamner à la pire des morts. Après s'être assuré qu'il était bien mort, il se tourna vers la porte ouverte. D'un pas digne, il s'en alla vers la porte. Personne n'allait le suspecter. Et quand bien même, il n'aurait qu'à présenter les preuves du coup d'état qu'ils préparaient. Maintenant de cet homme, restait seule sa baguette. *

Cantate vitae canticum / Sine dolore actae / Dicite eis quos amabam / Me nunquam obliturum

Brisons les chaines du silence

Hellia St.James
Préfète
Chroniqueuse VIPère
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 2512
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 11/07/2017 à 05:54:33 - Modifié : 11/07/2017 à 06:10:20

* Maughan, avait souvent entendu dire qu'avant de mourir, on voyait sa vie défiler. Et c'était vrai. Les images de son enfance, dans le manoir familial en Écosse aux côtés de ses parents et de sa sœur, se bousculaient. Son entrée à Poudlard, où il avait été un parfait Serpentard, faisant ce qu'on attendait de lui. La mort de son père, qui ne l'avait pas particulièrement touché. Puis celle de sa sœur. Sa rencontre avec Alicia. L'obtention de son poste au sein du Département des Mystères. Le début du complot. Son mariage avec Mélusine. Les meurtres. L'arrivée du nouveau Ministre. La grossesse de sa femme. Tout. Il se remémorait tout.


Sa double identité passait inaperçue. Au Ministère, il était Maughan Malitia, Langue-de-plomb, qui excellait dans son travail. À l'extérieur, il était assoiffé de pouvoir. Agissant dans l'ombre, il était insoupçonnable. Irréprochable en tout point de vue. Qui aurait pu se douter que le si parfait et brillant Maughan Malitia, projetait depuis des années la chute du Ministère ? Il avait été un parfait acteur. Actionnant les manettes d'un plan élaboré depuis des années, contrôlant les gens comme des marionnettes.


Que restait-il a présent du rôle de sa vie ? Cela avait commencé avec les elfes de maison qu'il prenait un malin plaisir à torturer lorsqu'il était enfant. La découverte de la magie noire avait suivi. Cette soif de pouvoir inébranlable avait guidée ses pas. Il ne regrettait rien, car rien n'était comparable au pouvoir. Rien ne pouvait avoir la prétention d'être au-dessus du pouvoir. Sa vision des choses avait toujours été la même. Plus de quinze années de sa vie, passées à se battre pour ses convictions et son ambition n'avait jamais faiblit. Tout ça pour que l'histoire s'achève dans un entrepôt sinistre.


À quoi bon répondre au sorcier ? Ils savaient tous les deux que c'était terminé. Maughan était arrivé à la fin de sa marche. Il essaya en vain de se souvenir du prénom que son épouse voulait donner à leur enfant. Ella peut-être ? Il ne savait plus. Toute sa vie, il avait eu peur de la mort et le moment était venu pour lui de l'affronter.


Le sorcier, pointa sa baguette sur lui en prononçant un sortilège. Maughan, ferma les yeux et serra les dents, sachant pertinemment que sa mort serait lente et douloureuse. Sa veste fut la première à prendre feu. La chaleur était déjà insoutenable. Le reste de ses vêtements, commençaient à s'embraser. La douleur était partout à la fois. Lancinante. Intense. Il n'avait pas le temps d'avoir peur. Son cerveau n'était déjà plus capable de penser. Il était déjà aux portes de la mort. Très vite, ses muscles s'étaient relâchés et il poussa un premier hurlement. Le premier d'une longue série. Puis, ce fut le noir. Le néant. La fin. *

Team H
Team Mamènes
Emmerdeuse #2
Anciennement Hellia Malitia




Deborah Chloé Parker
Veilleuse
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 6245
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 11/07/2017 à 23:11:47

Red Dragon Bar, Londres ♦ Des mois auparavant

« A l’opération Fudge ! »

* Dans le coin sombre d’un bar londonien, les deux sorciers entrechoquèrent leurs bouteilles miniatures de Whisky Pur Feu, avant de les vider d’une traite. Leurs éclats de rire raclèrent leurs gorges enflammées, mais le goût sucré et le toast qu’ils venaient de porter suffisaient à adoucir le tout. *

« Je crois que je vais garder cette bouteille en souvenir ! regarde, elle rentre pile dans ma poche, parfait pour survivre à une réunion un peu difficile avec Meyer et Rott… »

« Tu sais, je ne suis pas sûr que l’alcool au travail t’aidera à garder profil bas. On va avoir suffisamment de mal à ne pas éveiller les soupçons sans y rajouter ça… »

* Alicia décocha un regard fâché à son collègue, l’air de l’accuser de jouer les trouble-fêtes. Le plus agaçant était qu’il n’avait pas complètement tort : leur plan allait nécessiter qu’ils passent du temps ensemble, et ce seul fait allait leur valoir une attention indésirable. Car s’il y avait une chose que tous les Langues-de-Plomb savaient, c’était qu’aucun d’eux n’aimait jouer en équipe.
Non, il fallait trouver un moyen de garder leurs communications aussi discrètes que possible. Quelque chose de plus sécurisé qu’un hibou, de plus privé qu’un Patronus. Alicia leva soudain les yeux de la petite bouteille aux couleurs criardes, et sourit à Maughan : *


« Ca ! C’est ça qu’il nous faut ! Un objet anodin, petit, et… ensorcelé ! »

* De l’autre côté de la table, Maughan ouvrit la bouche pour signifier son incompréhension, mais la ferma quand sa collègue dégaina sa baguette magique. Quelques minutes plus tard, les deux fioles vides émanaient d’une légère lumière bleue. *

« La bouteille est vide. Quand tu as besoin de me voir, elle se remplit, plus ou moins en fonction de l’urgence. La mienne se remplit en parallèle. Une fois que je sais que tu as besoin de me voir, il me suffit de dévisser légèrement le bouchon et de transplaner, la bouteille m’amène à toi. En toute discrétion et sans que personne ne puisse se douter que l’on vient juste de convenir d’un rendez-vous… »

* Alicia agita sa bouteille en l’air, un éclat triomphant dans ses yeux de jais, avant de faire signe à l’elfe de servir une autre tournée. *



Département des Mystères, Londres ♦ Présent

* L’opération Fudge. Maughan et Alicia étaient rapidement tombés d’accord sur ce nom. Leur nouveau Ministre était, comme son prédécesseur tristement illustre, un incompétent incapable de prendre les mesures nécessaires ou de voir venir le danger. Et, comme lui, il serait destitué. Telle était la promesse que les deux sorciers s’étaient faite cette nuit-là, et qu’ils avaient passé des mois à réaliser, chantage après chantage, délation après délation, crime après crime.
A cet instant précis, cependant, ce n’était pas le passé qui préoccupait Alicia. Elle était à la porte du bureau de Maughan, et, dès qu’elle avait découvert la chaise vide où aurait dû se trouver son collègue, un mauvais pressentiment l’avait saisie. Ce n’était pas qu’une question d’instinct, cependant : le fait était que le Langue-de-Plomb n’avait jamais quitté les lieux sans l’en aviser au préalable depuis qu’elle l’avait embauché, ou a fortiori depuis que l’Opération avait commencé. Maughan était un homme discipliné, et fiable : ce manquement à ses habitudes ne présageait rien de bon.
Alicia regagna son bureau le souffle court, et, aussitôt la porte fermée, plongea la main dans sa poche pour en sortir la bouteille miniature qui leur servait de messagère. Lorsque ses doigts rencontrèrent le verre, il était anormalement chaud, et elle fronça les sourcils en se saisissant de l’objet. Pour la première fois, la fiole était si pleine que le bouchon semblait près d’exploser ; et le liquide semblait se réchauffer de seconde en seconde, au point que sa main commençait à lui faire mal.
Un mauvais pressentiment. Elle le portait en elle depuis quelques jours, il était désormais écrasant. Alicia dévissa le bouchon et eut à peine le temps de serrer les dents sous l’effet de la brûlure avant de disparaître dans un CRAC retentissant. *


Entrepôt, Blackwell ♦ Quelques secondes plus tard

* Dans sa main, la bouteille avait explosé sous l'effet de la chaleur, et Alicia jura en grimaçant. Des éclats de verre étaient enfoncés dans sa paume ensanglantée. La douleur qui bourdonnait à ses oreilles semblait pourtant surtout venir de la brûlure diffuse qui s'étendait jusqu'à l'intérieur de ses doigts.
Il s'écoula quelques secondes avant qu'elle ne puisse reprendre ses esprits, vider sa tête de la douleur qui lui montait aux lèvres. Son premier réflexe fut de se soigner, mais aussitôt, son mauvais pressentiment reprit le dessus. Elle pouvait presque le situer désormais, en haut de son échine. C'était comme si quelqu'un avait braqué sa baguette dans son dos, et appuyait si fort que la gêne la transperçait jusque dans sa poitrine, et affolait son cœur.
L'intérieur de l'entrepôt était sordide et désert, comme elle le vérifia d'un coup de baguette magique. Sa main droite à l'abri dans sa poche, elle avançait la baguette dans l'autre main, un handicap qui ne la rassurait pas au moment de plonger dans l'inconnu. Quel était cet endroit ? Qu’était venu y faire Maughan ? Et où était-il désormais ? Pourquoi la bouteille avait-elle explosé ?
Elle rabattit sur son visage la capuche de sa cape et continua à avancer à pas feutrés. *

Proventus Tal Moundine
Retraité
3e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 4114
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 12/07/2017 à 13:02:17

* Avec le gout amer d'avoir encore une fois outrepassé les prérogatives qui collaient à son statut d'être humain, le professeur tournait le dos à l’entrepôt. Le bâtiment gris, en métal, était laid. D'une laideur sans nom. Les moldus n'avaient aucun sens de l'esthétise, aucun sens du beau. Ils avaient besoin de pratique, de choses qui les menaient directement là où ils en avaient envie, de choses qui leur donnaient directement d'autres choses dont ils avaient besoin. Ils n'avaient aucune originalité, aucun sens du farfelu. Une raison de plus pour les haïr. Mais dans cet entrepôt, il y'avait un corps. Et Proventus hésitait. Il y'avait deux choses à faire dans ce cas précis. Et les deux perturbaient le professeur. Il ignorait comment faire, il pesait le pour et le contre de chacune des possibilités.

Faire en sorte de camoufler le cadavre et le corps était sans doute risqué. Cela aurait attiré l'attention sur ce qu'il s'était passé, et on aurait découvert plus rapidement le cadavre. Dans un autre sens, on aurait pu croire à un incident, à une machine qui avait eu un problème, une défaillance technique. Et personne n'aurait jamais été inquiété. Les membres de ce groupuscule noir n'auraient sans doute jamais fait le rapprochement avec un cadavre fumant dans un entrepôt moldu. Et ils auraient cru que Maughan avait fui, dans un autre pays, dans une autre vie. C'était possible.

Dans un autre temps, laisser le cadavre ainsi aurait eu le mérite de faire passer le message. Ils auraient paniqué, ils auraient commis une erreur, et le professeur aurait pu les reconnaître plus facilement, il aurait pu ainsi voir lesquels étaient les autres membres du complot dont il semblait avoir trouvé la trace, et qui impliquait beaucoup trop de magie noire pour qu'il puisse laisser subsister de celui-ci la moindre miette. Tous, ils y passeraient. Mais il y'avait un moyen d'avoir les avantages des deux. Il n'était pas sur que cela lui plaisait, et d'après ses informations, il allait avoir à attendre quelques jours pour pouvoir ôter la vie de cette personne. Sinon, c'était de deux à la fois qu'il couperait la corde les reliant à l'existence. *

Incendio

* De la baguette qu'il avait sorti de la poche et qu'il pointait sur le bâtiment sortirent des flammes. Il avait rapidement jeté un coup d'oeil à droite et à gauche pour bien s'assurer que personne n'aurait pu le voir. Proventus domptait les flammes avec sa baguette, les faisait monter haut, espérant les voir atteindre les parties les plus fragiles du toit, pour qu'elles s'effondrent, et enflamment les composants qui se seraient embrasés en un rien de temps à l'intérieur de l'entrepôt. *

Bon voyage, Malitia.

Cantate vitae canticum / Sine dolore actae / Dicite eis quos amabam / Me nunquam obliturum

Brisons les chaines du silence

Deborah Chloé Parker
Veilleuse
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 6245
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 12/07/2017 à 20:40:41 - Modifié : 12/07/2017 à 20:46:15

* Alicia était arrivée au centre de l'entrepôt quand une odeur la fit ralentir, et elle balaya des yeux les machines dont semblait se dégager cette âcreté désagréable. Elle aurait été incapable de reconnaître l'odeur du brûlé, n'eût été la vue du corps de Maughan, qui la fit déglutir avec dégoût.
Passée cette première réaction purement physique, cependant, elle n'hésita pas à s'approcher. Son pas trahissait un calme olympien et l'ombre d'un soulagement se leva sur son visage tandis qu'elle fixait celui, brûlé jusqu'à l'os, de son ancien collègue. La mort de Maughan mettait un point final à bien des choses. Le fait qu'elle-même était toujours en vie semblait de bon augure. Lorsqu'elle s'agenouilla pour regarder le cadavre dans ses yeux éteints, elle ne ressentit pas le moindre regret. Juste de la pitié. Et une fermeté exacerbée en guise d'accusé de réception à cet avertissement implacable.
Qui avait assassiné son complice, elle l'ignorait. Mais il était probablement déjà loin, et son seul souci était désormais de savoir quoi faire du corps - une question qu'elle avait tout le temps de régler.
Elle n'aurait pas pu avoir plus tort. Brusquement, l'entrepôt prit feu, un feu violent, ravageur et rapide qui ne pouvait qu'être l’œuvre d'un criminel effaçant ses traces. D'un coup de baguette magique, Alicia dévia une poutre enflammée qui allait s'écraser sur elle, et la projeta de toutes ses forces contre la porte que Maughan n'avait pas su ouvrir. L'effet conjugué des flammes et de la force eut raison de la solidité de la tôle, et Alicia plongea vers l'extérieur, le visage en feu.
Elle allait continuer sa course mais stoppa net. Il fallait qu'elle emporte le corps. Aussi improbable que fût la possibilité que l'assassin y ait laissé de quoi l'identifier, une chose était sûre : sans corps, Maughan serait présumé disparu. Et une disparition menait à une enquête. Une gêne qu'elle ne pouvait pas se permettre.
Il ne lui fallut qu'une seconde pour se décider à entrer à nouveau dans le bâtiment en feu. Là, la fumée était si épaisse qu'elle buta contre le cadavre. Ses yeux la piquaient et sa gorge s'encombrait davantage à mesure que le temps passait : goût de la suie, sensation de gravillons qui la lacéraient, elle commençait à s'étouffer quand elle émergea enfin de l'entrepôt. Sa main, aux ongles désormais noirs, tremblait sur le manche de sa baguette qui faisait flotter devant elle le corps de Maughan. Une trentaine de mètres plus loin, le mort et la vivante tombèrent dans un même bruit sourd sur le sol, l'un silencieux à cet instant comme il le serait toujours, l'autre toussant et crachant dans la douleur.
A cet instant précis, alors qu'elle était allongée près de lui, elle lui était plus proche qu'elle ne l'avait jamais été d'un autre être humain. La mort l'avait mis à nu : de sa peau à vif se dégageait la peur qu'il avait ressentie. Ses vêtements avaient brûlés et Alicia posa sur son épaule sa main blessée. Il y avait dans ce geste une douceur qui lui était étrangère, et elle l'exécuta comme si elle s'échappait à elle-même, sans savoir pourquoi.
Le temps s'étira. Elle resta là peut-être cinq minutes, peut-être quinze, ses doigts ensanglantés au bout desquels battait le pouls de la vie, sur son épaule carbonisée. Il y avait quelque chose d'infiniment triste à ne pas entendre d'échos à son pouls.
Puis elle se leva. La suie sur son visage ne parvenait pas à cacher sa gravité. Dans un ultime geste d'intimité, elle prit Maughan dans ses bras, et transplana. *


Manoir des Malitia ⬧ Quelques secondes plus tard

* Elle arriva à l'intérieur du domaine, ce à quoi elle ne s'attendait pas : c'était comme si la présence de Maughan, même mort, lui avait permis de franchir le portail. Très vite, elle repéra l'objet de son intérêt : une dépendance en bois, probablement construite pour un garde-chasse des décennies auparavant.
Après avoir fouillé les poches du sorcier, qui ne contenaient rien d'intéressant, elle l'installa sur un vieux fauteuil défoncé. Et, sans perdre de temps, sans un dernier regard, elle sortit de l'abri, et prononça des mots presque semblables aux derniers que Maughan avait entendus : *


« Incendio »

* Puis elle tourna les talons, traversa le portail, et disparut. Derrière elle, le corps de Maughan brûlait pour la deuxième fois. Sale journée. *

Hellia St.James
Préfète
Chroniqueuse VIPère
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 2512
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 13/07/2017 à 00:21:51 - Modifié : 13/07/2017 à 04:09:13

Manoir Malitia, Aberdeen, Ecosse.




* Le miroir au-dessus de la cheminée, reflétait le visage d'une jeune femme blonde. Un teint de porcelaine. Un regard azur qui semblait perdu dans le vague. Malgré les traces de fatigue, elle ne perdait rien de sa beauté. *




« AERIN ! Où est-il encore passé ? Maudite créature ! AERIN ! »



* Le manoir, habituellement si calme, tremblait depuis des mois sous les sautes d'humeur et les éclats de colère de Mélusine Malitia. Cette dernière avait toujours été d'une nature capricieuse et exigeante, mais depuis le début de sa grossesse, cela s'était exacerbé. Les Elfes de maison en subissaient les conséquences très souvent. *




« Aerin est là madame. »

« Ce n'est pas trop tôt ! Apporte-moi du thé glacé sans tarder. Et ouvre ces fenêtres ! Cette chaleur est insupportable ! »

« Aerin ne doit pas ouvrir les fenêtres. C'est sa maîtresse qui l'a dit. »

« Et je te dis moi, de les ouvrir tout de suite ! Ta maîtresse n'est pas là, c'est moi qui donne les ordres ! »



* L'Elfe s'exécuta de mauvaise grâce, subissant le tirage d'oreille de Mrs.Malitia avant de se retirer. Mafalda Malitia, la maîtresse des lieux n'était pas loin. Un feu s'était déclaré dans une vieille bâtisse sur le domaine et cela avait tiré tout le monde du lit. Évidemment, sa belle-mère avait tenu à y jeter un œil. Comme si elle ne pouvait pas laisser les Elfes se charger d'éteindre le feu, il fallait toujours qu'elle mette son nez partout. Mélusine soupira avec dédain. Elle n'appréciait pas sa belle-mère, ni cet endroit.

Au début de son mariage, Maughan et elle vivaient dans un sublime appartement Londonien ou elle menait une vie mondaine. Réceptions après réceptions, boutiques après boutiques. À l'annonce de sa grossesse, son mari avait décidé, qu'ils vivraient désormais au Manoir familial ou des générations de Malitia avaient vu le jour. La jeune femme détestait ce manoir. Et l'Écosse. Elle souhaitait retourner à Londres aussi vite que possible après son accouchement. Là-bas, les elfes ne discutaient pas ses ordres. Là-bas, elle était chez elle.

Cela était facile pour Maughan, cette décision ne changeait rien pour lui. Il n'était jamais là, toujours accaparé par son travail. Cela lui arrivait de partir pendant plusieurs jours. De plus en plus, ces derniers temps. Mais au moins d'habitude, il donnait des nouvelles et laissait au moins à sa femme le loisir de se plaindre par lettre. Il n'était pas revenu depuis des jours et ne donnait aucune nouvelle. Ne comprenait-il pas qu'elle s'ennuyait ? Il s'en fichait bien sûr. Lorsqu'il allait rentrer, une nouvelle dispute éclaterait certainement.

Une odeur âcre de fumée la prenait à la gorge. Toussant et pestant, elle tenta de se lever pour refermer les fenêtres, mais y renonça sous le poids de la chaleur et de son ventre arrondi. Retombant contre les coussins du sofa, elle but une gorgée de thé en contemplant son ventre. Au début de sa grossesse, Maughan semblait heureux puis les amies de sa belle-mère avaient planté leurs griffes. Une fille. Que pouvaient-elles en savoir ses vieilles chouettes ? Ce dont elle était sûre, c'est qu'elle ne serait jamais plus enceinte. Hors de question de supporter tout ça une fois de plus. Tant pis pour Maughan et son désir d'héritier mâle. Il se contenterait de l'enfant qu'elle allait lui donner. Fille ou garçon, peu lui importait.

La porte d'entrée claqua bruyamment. Le bruit des talons de sa belle-mère annonçait son retour. Étrangement, les pas semblaient monter les marches. Mélusine pensait que Mafalda serait venue lui faire la morale, comme à son habitude. Lui recommandant de se reposer pour le bébé. Mais non. Intriguée, la jeune femme attrapa la clochette posée sur la table basse et la secoua. Aussitôt, Aerin se matérialisa face à elle. La tête basse, les oreilles tombantes. *




« Madame Malitia est rentrée n'est-ce pas ? »

« Oui madame. »

« Très bien. Aide-moi à me lever, je vais aussi aller me coucher. Cette odeur de fumée va me rendre malade. »



* Aerin étouffa un sanglot. Surprise, Mélusine lui lança une œillade meurtrière. *




« Que se passe-t-il encore par la barbe de Merlin ? »

« Aerin ne peut pas y croire madame ! Un enfant qu'il a vu naître et grandir ! »



* Les sanglots de la créature lui donnaient la migraine et l'agaçaient. Elle ne comprenait rien à ce qu'il racontait. Attrapant violemment une des oreilles d'Aerin, elle la pinça de toutes ses forces. Les pleurs de l'elfe avaient redoublé. *




« Tais-toi ! Vas-tu enfin me dire ce qu'il se passe maudite créature ?! »



* La porte du salon s'ouvrit alors dans un grincement faisant sursauter la jeune femme qui libéra immédiatement l'oreille de l'elfe. Sa belle-mère n'aimait pas que l'on inflige des sévices aux Elfes qui étaient à son service. La mine grave, cette dernière s'approcha de sa belle-fille et d'un signe de la main renvoya Aerin qui quitta la pièce en pleurnichant de plus belle. *




« Nous avons trouvé un corps dans la dépendance. »

« Un corps ? Le corps d'une personne morte, vous voulez dire ? »

« Exactement. Tout porte à croire qu'il s'agit de mon fils. »



* Mélusine regarda sa belle-mère sans réellement comprendre. Les mots étaient bien arrivés jusqu'à ses oreilles, mais c'était comme si tout à coup, Mafalda parlait une langue étrangère dont elle ne parvenait pas à saisir le sens. La dernière phrase tournait en boucle dans son esprit. Ses jambes semblaient ne plus vouloir la porter. Le souffle court, elle chercha à s'asseoir sur le sofa, mais elle s'écroula sur le sol. Inconsciente. *



Trois jours plus tard



* Regarder le plafond était sa seule occupation. Depuis trois jours, elle gardait le lit et n'avait aucune envie d'en sortir. Des médicomages aux visages inconnus, entraient dans sa chambre pour surveiller son état de santé et celle du bébé. Ce bébé qu'elle ne désirait pas. Il n'était plus là. Qu'allait-elle faire de cet enfant maintenant ? Il était hors de question qu'elle vive éternellement dans ce manoir. Comment avait-il osé mourir et la laisser dans cette situation ? Ces questions tournaient en boucles dans sa tête depuis trois jours. Une autre douleur lui déchira le ventre. Elle hurla. Maudit enfant. Maudite maison. Dans peu de temps, un autre médicomage ferait son entrée dans la chambre et elle n'avait envie de voir personne. La vue du berceau qui était posé depuis la veille dans le coin de la chambre, lui donna la nausée. Retenant un autre hurlement, elle ferma son poing et tapa le bois du lit. Le bébé allait arriver. *

Team H
Team Mamènes
Emmerdeuse #2
Anciennement Hellia Malitia




Proventus Tal Moundine
Retraité
3e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 4114
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 05/08/2017 à 13:42:55

* Seul. Seul encore une fois il avait poussé les portes d'un grand manoir, seul encore une fois il avait remonté toute une allée. Personne n'était venu l'accueillir, personne ne lui avait donné la permission de rentrer. Non, il l'avait prise. Et grand bien avait fait d'ailleurs, car personne non plus ne lui aurait donné. Il avait regardé avec un petit peu d'attention les hauts arbres qui étayaient l'allée dans laquelle il progressait. Une fontaine un peu plus loin, des colonnes ouvragées tout au long du chemin, ils faisaient preuve d'un certain classicisme, les Malitia. Les familles de Sang-Pur aimaient se dire particulières, mais elles étaient toutes semblables. Sans doute aimaient-elles se retrouver dans un certain esthétisme ? Cela était stupide. Les valeurs étaient des monuments bien plus caractéristiques que de simples atours de pierre, de végétaux et d'impressionnantes structures. N'importe quelle personne pouvait avoir un manoir aussi impressionnant, s'il y mettait le prix.

Proventus poussa la lourde porte, baguette à la main. Personne n'allait prêter attention à lui, il savait de source sûre que personne ne viendrait lui demander qui il était, ni ce qu'il faisait là, si ce n'était les elfes de maison. Mais rien n'empêchait le sorcier d'être prudent. Il le devait. La maison était peut-être gardée par les autres membres de la secte. Il avait appris qu'ils avaient retrouvé le cadavre dans la dépendance. Quelqu'un l'avait suivi, lui ou Malitia. Quelqu'un d'autre. Qui avait jugé utile de perdre son temps pour ramener le corps carbonisé dans la maison qui l'avait vu grandir. Et cela inquiétait Proventus. Et donnait une raison supplémentaire au sorcier de tuer la maman de l'enfant à naître. Elle allait s'inquiéter, elle allait poser des questions, elle allait enquêter. Et Proventus allait avoir assez de problèmes à gérer comme cela sans avoir envie de s'encombrer encore plus avec une veuve acharnée.

Il avait observé le va-et-vient des médicomages qui sortaient d'une chambre, et en avait déduit que c'était bien là qu'elle se trouvait. Quelle sottise que d'accoucher chez soi, quand on pouvait avoir ce que l'on voulait dans les hôpitaux. Proventus n'était plus sur de la définition de Sang-Pur. Cela voulait-il dire être un idiot retenu par toutes les traditions anciennes au point d'oublier la modernité et tout ce qui allait avec ? Sainte-Mangouste était tellement plus sur pour accoucher, et surtout pour rester en vie. Le sorcier n'aurait sans doute pas agi de la même façon en ce qui concernait le meurtre. Il aurait du attendre. En préservant ses traditions, elle n'avait pas préservé sa vie. Plus qu'à attendre, plus qu'à attendre le cri du nouveau-né, pour enfin le séparer de sa maman. *

Cantate vitae canticum / Sine dolore actae / Dicite eis quos amabam / Me nunquam obliturum

Brisons les chaines du silence

Hellia St.James
Préfète
Chroniqueuse VIPère
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 2512
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 06/08/2017 à 18:45:54

* La plupart de ses amies ou connaissances, scandaient qu'il s'agissait d'un merveilleux moment. Un merveilleux moment ? C'était tout sauf un merveilleux moment lorsque l'on vous déchirait les entrailles. Cela avait été les heures les plus longues de sa vie. Médicomages et infirmières avaient envahi la demeure sous ses hurlements. Elle avait même vu un des Elfes se couvrir les oreilles, ce qui lui avait donné l'envie de les lui tirer.

Le calme était retombé dans le manoir. Cela faisait à peine une heure qu'elle était délivrée et pourtant, ce n'était toujours pas merveilleux. On lui avait proposé de tenir le nouveau-né, ce qu'elle avait refusé. Chassant tout le monde de sa chambre, elle avait demandé à ne plus être dérangée. Maughan aurait dû être là. Sa famille ferait le déplacement dans la semaine. Sa belle-mère s'était contenté de jeter un œil au bébé et était sortie de la chambre sans un seul regard pour Mélusine. Des larmes de rage brouillaient sa vue.

Du berceau, s'élevaient des faibles gazouillements. Elle ne voulait pas de ce bébé. Qu'allait-elle en faire ? Un enfant sans père. Tout ça pour cette Alicia Black de malheur. Car ce qui était arrivé n'était pas un accident, elle en était certaine. Maughan n'était pas le genre d'homme à mourir de cette façon. Depuis des mois, il manigançait quelque chose avec sa supérieure, il ne lui en avait parlé que brièvement ou peut-être un peu plus, mais Mélusine n'avait pas écouté. Pourtant, elle savait qu'il se passait quelque chose.

Attrapant du parchemin et une plume dans un tiroir de la table de nuit, elle rédigea quelques mots. Maughan n'était plus là et elle devait penser à sa sécurité. Un ami de son père, pouvait l'aider à quitter la Grande-Bretagne, si elle choisissait bien ses mots, si elle lui parlait de tout ce dont elle était au courant. Et elle en savait suffisamment pour attirer l'attention. Elle ne s'abaisserait jamais à demander de l'aide à sa belle-mère, ni même à sa propre famille. Tous des incompétents. Maughan en était le parfait reflet. Accident ou non, se laisser tuer par les flammes en la laissant seule avec son enfant sur les bras, pour un de ses plans douteux dont lui et sa chère Alicia avaient le secret, n'était-il pas une preuve d'incompétence ?

Elle ne voulait même pas savoir de quoi il s'agissait. Tout ce qui lui importait à présent, était de quitter cet endroit, ce pays et de retrouver une vie telle qu'elle la désirait. Ce bébé, ne serait jamais le sien. Il s'agissait de l'héritière de la famille Malitia, grand bien leur en fasse. Ils pouvaient la garder. Sa vie était ailleurs, loin de tout ce que Maughan avait détruit dans sa quête du pouvoir. Rangeant le parchemin dans le tiroir de la table de chevet, son regard se posa une fois de plus sur le berceau. Une moue de dégoût déforma son parfait visage. *


« Non très chère, je ne gâcherais pas ma vie pour toi. »

* La seule et unique chose que ce bébé aurait d'elle, serait son prénom. Hellia. Grossesse, comme accouchement avait été un enfer. Ce prénom lui irait à la perfection. Voilà ce qu'était ce bébé depuis le début, un enfer. *

Team H
Team Mamènes
Emmerdeuse #2
Anciennement Hellia Malitia




Proventus Tal Moundine
Retraité
3e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 4114
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 11/08/2017 à 16:03:54

* Il avait attendu. Tapi dans un coin de la bibliothèque, dévorant des yeux les lignes d'un quelconque ouvrage sur l'alchimie, dont il ne comprenait rien. Il regardait les signes alambiqués s'aligner devant lui, comme autant d'indices qui le menaient vers une énigme dont il ne voulait pas connaître la réponse, dont il n'avait même jamais cherché à connaître la question, même. Les mots s'étaient amené à lui, et ils ne l'empêcheraient pas de dormir après cela. L'alchimie était une manifestation dont Proventus n'avait pas grand chose à faire. Un mélange entre potion et métamorphose bien trop étrange pour lui. Mais sa lecture l'y avait conduit, et il serait tombé sur un ouvrage de magizoologie que son intérêt aurait été le même. C'était pour passer le temps, nerveusement, tandis qu'une horloge à balancier égrénait les secondes qu'il passait dans la pièce d'un ton morne et répétitif, comme s'il lui suggérait de s'endormir, comme s'il voulait le bercer dans le fauteuil qu'il occupait, comme si, ultime tentative de protéger la propriétaire de la maison, l'horloge voulait retarder l'heure de la mort.

Mais le cri le réveilla. Le premier cri d'un nouveau-né. Moment magique sans être de la magie. Peut-être le moment où les moldus se rapprochent le plus des sentiments que les sorciers peuvent avoir, quand un enfant naît. Sans doute, en fait. Créer la vie, ce n'était pas l'apanage des sorciers. Proventus devrait réfléchir à cela une fois qu'il aurait le temps. Pas tout de suite. Mais la vie était toujours un signe de joie, malgré le premier cri. Peu importait qui naissait, c'était après que les gens tournaient mal, ou bien. Mais à la naissance, nous étions tous pareils, portés à la vie par un médicomage qui coupait le cordon et annonçait notre sexe. Proventus n'avait pas besoin de savoir celui de l'enfant à naître, mais il le plaignait déjà. Son premier cri serait suivi d'un autre cri, celui de sa mère.

Il voulait se précipiter, foncer vers elle, poser la baguette contre sa gorge et bloquer la respiration de la sorcière. Mais il devait toujours y avoir le ballet des gens qui s'occupaient d'elle, des parents, des mages, des elfes de maisons. Chaque mère avait besoin d'être seule à un moment, et c'est à ce moment qu'il viendrait lui porter ses félicitations, ses condoléances et les derniers sacrements. Il n'était pas habilité à le faire, tant pis pour cela. Elle mourrait sans avoir eu le temps de parler à un prêtre, sans avoir eu le temps de parler à personne, sans avoir eu le temps d'embrasser une dernière fois sa fille. Quelques minutes, quelques heures peut-être. Il n'avait pas vu le temps passer, inquiet, angoissé. Il n'avait pas regardé la grande horloge dans la bibliothèque, la laissant de côté. Puis il s'élança, dans les couloirs. Poussa la porte de la chambre, et constata la femme dans le lit, l'enfant dans le couffin. Et personne d'autre. *

Bonsoir, Ms. Malitia.

* Sa voix était calme et assurée, étrangement. Il n'était pourtant pas à l'aise, stressé, horriblement stressé, voulant tout laisser tomber, ne pouvant ôter la vie d'une personne qui n'avait rien fait d'autre que d'épouser la mauvaise personne. Mais il avait besoin de le faire. Peut-être était-ce cela qui le poussa à faire ce pieux mensonge. *

J'ai recueilli les dernières paroles de votre mari avant sa mort. Ils étaient pour vous.

Cantate vitae canticum / Sine dolore actae / Dicite eis quos amabam / Me nunquam obliturum

Brisons les chaines du silence

Hellia St.James
Préfète
Chroniqueuse VIPère
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 2512
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 11/08/2017 à 21:58:44 - Modifié : 11/08/2017 à 22:06:05

* Les larmes de colère avaient cessé et elle était épuisée. Évitant à tout prix de poser les yeux sur le berceau au fond de la chambre, Mélusine laissa aller sa tête contre les oreillers aussi moelleux que devaient l'être les nuages. Malgré la fatigue et la lourdeur de ses paupières, la jeune femme regardait obstinément le plafond. C'était la première fois qu'elle en remarquait les délicates moulures. Les volets clos laissaient filtrer les dernières lumières du jour, éclairant la pièce, tout en laissant des zones d'ombre. Quelques jours avant, elle aussi se trouvait dans la lumière, mais depuis la veille, l'ombre s'était refermée sur elle. La jeune femme soupira sous cette pensée et un léger bruit venant de la porte attira son attention. Un homme venait d'entrer. Si silencieux qu'il aurait pu être invisible. Seul le bruit du frottement de ses vêtements trahissait sa présence. Plissant les yeux, la jeune femme tenta de se redresser, en vain. *


«Bonsoir. Qui êtes-vous ? J'ai demandé à ne pas être dérangée. »


* L’intrus était à peine plus âgé que Maughan, grand, imposant et sur de lui. Malgré la distance qu'il y avait entre eux, elle pouvait reconnaître l'étincelle qui brillait dans le regard des sangs purs. Il s'agissait certainement d'un autre médicomage même s'il était loin d'en avoir l'allure. Mais après tout, au fil des années, elle avait appris à ne pas juger un livre à sa couverture.

Les paroles du sorcier avaient résonné un moment sur les murs. Cet homme était avec Maughan au moment de sa mort ? Que voulait-il dire ? Son mari était-il vraiment mort dans un accident ? Qu'avait-il dit exactement ? La fatigue lui jouait des tours. Sa tête était sur le point d'exploser lorsqu'elle se remémora les mots que l'homme avait prononcé. *



« Les plaisanteries les plus courtes, sont de loin les meilleures. Connaissant mon mari, ses dernières paroles n'ont certainement pas dû être pour moi. Qui êtes-vous et que voulez vous ? »


* Maughan était bien trop égoïste pour penser à quelqu'un d'autre qu'à lui-même, la jeune femme en était pleinement consciente. Pourquoi cet homme lui mentait-il ? Que voulait-il ? Alors que ses pensées galopaient dans tous les sens, la peur s'insinua en elle petit à petit. Dans des pas lents et sourds. Sourds comme le silence qui régnait dans la chambre à cet instant. L'étincelle dans le regard du sorcier était animée par autre chose que par la pureté de son sang. *

Team H
Team Mamènes
Emmerdeuse #2
Anciennement Hellia Malitia




Proventus Tal Moundine
Retraité
3e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 4114
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 04/09/2017 à 15:13:51

* Un premier pas. Lourd comme l'airain, comme le plomb, comme tout ce qui le retenait d'accomplir ce geste. Un premier pas vers le lit qui abritait la femme qu'il allait exécuter. Elle n'avait aucune chance, elle n'aurait pas le temps de se débattre. Jusqu'à présent, Proventus s'était toujours battu. Il avait toujours été un chasseur, un prédateur. Pas un charognard, pas un bourreau. Aucune des personnes qu'il n'avait tué n'était une personne faible. C'étaient toujours des personnes fortes, puissantes, qui avaient versé dans le mal, qui étaient tombés comme autant de mouches tombent après un orage, comme autant de moustiques dans une toile que le professeur avait tendu pour filtrer le mal, pour filtrer les ténèbres, pour déceler la noirceur dans le cœur des gens. Mais pas cette fois. Cette fois, c'était complètement différent, c'était une chose nouvelle, c'était une chose qu'il avait cru ne jamais devoir faire, qui allait le mettre dangereusement de l'autre côté de la barrière de ses principes. *

Au moins le retrouverez-vous, de l'autre côté du voile.

* Un deuxième pas. Toujours aussi pesant, retentissant comme un coup de tonnerre dans le coeur de Proventus, dans sa vie. Une fois encore, il allait pousser quelqu'un de l'autre côté du voile. Une fois encore. Mais cette fois serait particulière, elle serait une toute nouvelle première fois. Il allait ôter la vie d'une innocente, et cette innocence ferait à jamais tache dans son âme, dans son coeur et dans ses principes. Il leva sa baguette vers le lit de la jeune femme, qui venait d'enfanter. Le coussin lévita, et alla se placer sur la tête de la jeune femme. Proventus le maintint sur son visage avec sa baguette. La force qu'il exerçait avec sa magie était bien plus importante que tout ce que pouvait mettre la jeune femme dans ses mains. Alors après cinq minutes, quand elle ne se débattait plus, il s'en approcha. Il posa sa main sur sa poitrine, vérifiant qu'elle ne respirait plus. Il posa un doigt sur sa main, pour vérifier sa tension. Inexistante. Encore une fois. Simple. Tellement simple. Pourquoi ne fondait-il pas en pleurs ? Pourquoi ne criait-il pas sa haine de lui-même, lui qui avait tué une innocente mère dans un lit ? Pourquoi cela lui était-il égal ?

Il rangea sa baguette dans sa poche et s'approcha du landau non loin du lit. Il pencha la tête vers celui-ci, et donna son doigt à l'enfant, qui s'en saisit. *

Je suis désolé pour toi, Malitia. Tu aurais du naître ailleurs. Je garderais un œil sur toi, toute ta vie.

Cantate vitae canticum / Sine dolore actae / Dicite eis quos amabam / Me nunquam obliturum

Brisons les chaines du silence

Hellia St.James
Préfète
Chroniqueuse VIPère
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 2512
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 06/09/2017 à 17:54:36

* La sorcière n'avait qu'un geste à faire pour s'emparer de sa baguette posée sur la table de chevet à sa gauche. Qu'un mot à crier, pour que la flopée d'Elfes de sa belle-mère accourent. Pourtant, elle se contenta de regarder l'intrus, sans même sourciller. Malgré la peur qui s'était insinuée en elle, malgré le froid qui l'avait saisie, Mélusine n'était pas le genre de personne à dévoiler ses sentiments, quels qu'ils soient. Son visage devait conserver le même masque, parfait reflet d'indifférence, comme toujours. *


« Ainsi, nous y sommes si je comprends bien. Je récolte le fruit des erreurs, que mon mari et sa très chère amie Alicia, ont semées un peu partout autour d'eux, sans se soucier de leur entourage évidemment. »


* Ses paroles avaient un goût amer. Souvent, elle s'était imaginé que le complot serait découvert et déjoué mais jamais encore, elle n'avait pensé y être mêlée. Retrouver Maughan derrière le voile n'était pas son souhait. Ce n'était pas sa mort qu'elle pleurait. C'était sa vie. La sienne. *


« Finissez-en au plus vite. »



* Ce n'était qu'un murmure mais elle était sûre que le sorcier l'avait entendu. Ce n'était pas une supplication. Ni un ordre. Ce n'était plus rien. Cela serait inutile de se défendre. Si ce n'était pas cet homme, ce serait un autre. Maughan était allé trop loin, elle le savait et elle n'avait rien fait pour l'empêcher, au contraire. Si le plan qu'il avait en tête avait marché, elle en aurait profité autant que lui.

L'homme se déplaçait silencieusement dans sa chambre. Luttant contre les battements de son cœur, Mélusine ne le quittait pas des yeux. Elle n'eut aucune réaction lorsqu'il leva sa baguette dans sa direction.

Un coussin en satin vert lévita. Surprise, la jeune mère s'attendait à autre chose. Un sortilège par exemple. Quelque chose de plus rapide. De plus direct. Mais soit, il avait fait son choix et elle ne s'abaisserait pas à le supplier pour avoir la vie sauve. Il ne l'écouterait sans doute pas. S'accrochant une dernière fois à sa fierté, n'écoutant plus que cette dernière car c'était tout ce qui lui restait, Mélusine ne quitta pas le regard du sorcier.

Le coussin flottait jusqu'à elle presque avec douceur avant de se placer sur son visage. Jamais plus la sorcière ne pourrait voir la lumière du jour. Elle était condamnée à rester dans le noir comme à cet instant présent. Seule. Sans air. Le coussin avait perdu de sa douceur sous la pression de la magie exercée par le sorcier. La grande inspiration qu'elle avait prise avant d'être plongée dans le noir, n'était plus d'un grand secours, la jeune femme manquait d'air et malgré elle, ses mains tentaient de retirer le coussin, ses ongles s'enfonçant dans la soie douce et moelleuse. Seule encore une fois. Toujours seule depuis son satané mariage. Et elle allait mourir seule. Elle entendit alors les gazouillements du bébé. Dans un ultime effort pour ôter le coussin, la jeune femme retomba contre ses oreillers, épuisée. Elle n'était plus seule, il y avait sa fille mais la jeune femme avait été trop égoïste pour en prendre conscience plus tôt et maintenant, c'était terminé. Mélusine était bel et bien de l'autre côté du voile. *

Team H
Team Mamènes
Emmerdeuse #2
Anciennement Hellia Malitia




Proventus Tal Moundine
Retraité
3e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 4114
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 05/10/2017 à 16:37:02

* Le voile était tombé. Le voile était tombé et la famille était décimée. De l’espoir ministériel, de la mère de famille esseulée alors qu’elle était tant et tant entourée, par sa famille, par ses amis, il ne restait rien. Rien que deux cadavres, un en cendre, et l’autre… Eh bien, étendu sur le lit, agrippé au coussin. Le message était assez clair pour l’homme qui se tenait là. La secte dont ils faisaient partie n’avait qu’à bien se tenir, Proventus était en route. La traque ne faisait que commencer, et et il aurait tous les lapins dans leurs terriers. Il prit néanmoins le temps, de prendre le bébé dans ses bras, et de le bercer doucement, pour l’endormir. Aucun enfant ne devrait grandir sans sa mère, mais plus encore, aucun enfant ne devrait voir ses parents sombrer dans la magie noire. Il avait bien agi. Elle allait pouvoir avoir une enfance presque normale.

Il la reposa dans le berceau, et s’approcha du cadavre. Il métamorphosa le coussin en une rose, écarlate. Puis il la lui enleva des mains et avec un soupçon de dégout envers le cadavre encore chaud, il apposa les deux mains sur la poitrine du cadavre qui trônait dans la chambre, qui trônait sur le lit. Comme si elle était déjà prête à rentrer dans la tombe, comme s’il avait voulu faciliter le travail des pompes funèbres qui n’allaient pas tarder à rentrer dans la chambre et à préparer la défunte pour son ultime repos.

Proventus sortit doucement, sans un bruit. Regardant à gauche et à droite, il s’en fut dans les couloirs, sa baguette à la main, veillant à ce que personne ne puisse le voir. Car il n’hésiterait pas, à tuer, à protéger sa retraite. Tout plutôt que son nom entaché par cette histoire. Il avait le pouvoir de ne pas aller en justice, son influence était grande, mais une affaire restait une affaire, et il avait travaillé dur pour que Tal Moundine ne soit plus un exemple de paria, ou de mauvais homme. Son père, malgré tout le respect qu’il lui portait, avait noirci le nom, et lui l’avait blanchi pour sa sœur et lui. Il avait fait de même pour les Malitia. La grande porte fut rapidement passée, puis après elle, le reste de l’allée centrale du jardin. Dans un dernier regard vers le grand manoir qui projetait son ombre à la clarté de la lune, il ferma la grille en fer forgé sur le malheur qu’il venait d’inviter dans la demeure. Puis il transplana, tournoyant sur lui-même, pour rejoindre la banlieue londonienne. La nuit n’était pas encore terminée. *

Cantate vitae canticum / Sine dolore actae / Dicite eis quos amabam / Me nunquam obliturum

Brisons les chaines du silence

Deborah Chloé Parker
Veilleuse
5e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 6245
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 15/11/2017 à 19:28:22 - Modifié : 01/12/2018 à 20:39:43


* La nuit était tombée depuis des heures. Si elles n'avaient pas été ensorcelées, les bougies qui éclairaient la pièce principale de Highclere Mansion auraient été à court de cire depuis déjà un certain temps. Mais elles continuaient de brûler tandis que l'horloge sonnait 22h30, indifférentes au temps qui s'écoulait.
Les Parker avaient dîné ensemble, contrairement à leur habitude. Lorsqu'Alicia était rentrée une heure plus tôt, elle avait eu le déplaisir de découvrir son mari encore plongé dans ses recherches. Il n'avait pas vu l'heure, ne s'était pas soucié de manger. Elle avait failli prétendre avoir avalé un sandwich au Ministère, comme elle le faisait parfois. Quelque chose l'avait retenue. Elle l'avait aussitôt regretté.
Ils avaient dîné sans se parler, sans se regarder. Un observateur extérieur aurait probablement conclu qu'il s'agissait de l'un de ces couples qui mouraient à petit feu quand leurs enfants partaient, parce qu'ils n'avaient plus rien en commun à part leur progéniture, et pas assez d'amour pour relancer la machine. Il aurait eu tort. Ce couple-là n'avait rien d'ordinaire. Il n'avait rien non plus de récupérable.
Après dîner, ils s'étaient autant éloignés l'un de l'autre que le permettait leur majestueux salon - et il s'agissait là d'une salle fort spacieuse. Alicia faisait les cent pas le long du mur Nord, adressant des regards absents aux tableaux des ancêtres Parker qui l'observaient sans mot dire. Assis dans un fauteuil près des rayonnages qui tapissaient le mur Sud, Theodore, lui, feuilletait un vieil ouvrage. Le faible grattement de la plume ensorcelée qui annotait et soulignait à mesure des pensées de l'Historien répondait au bruit des talons d'Alicia sans qu'aucun des deux sorciers ne semble gêné par la froideur ambiante. Après vingt-cinq ans de mariage, la remarquaient-ils même encore ? *

Proventus Tal Moundine
Retraité
3e année
[Avatar]
Serpentard
Messages : 4114
Titre : Re : Faire-part de décès
Créé : 13/12/2017 à 23:56:34

* Il commençait à avoir l'air fatigué, ce sorcier. Il commençait à avoir l'air usé. Il commençait à avoir l'air vieux, en réalité. Il ne savait pas à quoi c'était dû. Il ne savait pas pourquoi il commençait déjà à grisonner. Il n'avait qu'une quarantaine d'années, pourquoi maintenant ? Pourquoi déjà ? Le manoir et ses hautes tours étaient réellement difficiles à louper, même dans le noir. Des petites bougies dansaient sur le côté. Proventus regardait l'allée longue qui menait vers ce qui ressemblait presque à un château. Manoir, osaient t'ils l'appeler. Mais c'était plus que cela. Les Parker étaient de ces arrogants sorciers qu'il... Non, il ne les détestait pas. Il était l'un deux, et son père l'était, et son père avant lui. Mais il n'était pas là pour une évaluation des biens de la famille. C'était pour autre chose.

Le costume gris et la cravate assortie avançaient doucement dans la nuit. Il revenait du ministère. A vrai dire, c'était pour ça qu'il était là, dans les faits. Un carton à la main contenant des documents, tout ce qu'il y'avait de plus véridique. Il avait dit lui-même au ministre qu'il apporterait le dossier, que ce n'était pas un problème, que cela ne le dérangeait pas, non non, qu'il n'en avait rien à faire de transplaner de nuit, et qu'au pire ils pourraient l'héberger si jamais ce n'était pas possible de rentrer. Officiellement, il n'atteindrait jamais le manoir. Celui-là serait noyé dans les flammes avant qu'il n'y arrive, il ne pourra que constaté, que se rendre compte que tout était parti en fumée. Quelle atrocité que les incendies...

Proventus poussa la grille doucement. Ils savaient qu'il devait passer. Ils ne savaient pas quand, pas comment, ni à quelle heure, ni quel jour. Mais Proventus l'avait dit à Alicia, dans les couloirs du ministère. Qu'il avait un dossier du ministère à lui donner absolument, qu'il ne l'avait pas sur lui mais qu'il viendrait l'apporter plus tard, qu'il se souvenait de son adresse, et toutes les politesses qui allaient avec. Il frappa doucement à la porte. Espérant qu'il serait tout de même entendu, il attendit. La porte devrait s'ouvrir, sur l'un ou sur l'autre. Et il attendrait, doucement. Un doux sourire sur les lèvres, ceux qu'on réserve aux visites amicales polies. *

Désolé d'arriver si tard...

Cantate vitae canticum / Sine dolore actae / Dicite eis quos amabam / Me nunquam obliturum

Brisons les chaines du silence

Pages : 1 2 ->

Le Grand Escalier >> Monde magique >> Reste du monde

Retour en haut de la page



Vous avez besoin d'aide ? Rendez-vous dans la FAQ

Partenaires :
Écoles de Magie : Mana Wyrd - Harry Potter 2005 - Hogwartsnet - Habbo Magie Poudlard - L'académie Beauxbâtons
Monde Magique : Fédération du Quidditch Français - La Gazette du Sorcier - Wiki Harry Potter - Obscurus Presse - HP666 - L'Ordre du Phénix - Le Poudcast
Autres : Portail des jeux - Annuaire google

Toute reproduction en totalité ou en partie est interdite.
Les images et les noms relatifs à Harry Potter sont une propriété de la Warner Bros Corp. et J.K. Rowling.

© 2009-2012 Twelve Grimmauld Place - © 2012 Design par Wilde et Kate - Mentions légales

Optimisé pour Firefox 4, Google Chrome 6, Safari 5 et Opera 10.5