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Mot de passe perdu?

Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Reste du monde

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exile.
Retraité
Traître à son sang
NaDiJem Trio
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Serpentard
5e année
Titre : exile.
Créé : 06/09/2025 à 21:33:09



ft. Camille Dubois

Cela faisait désormais quatre mois que Natacha avait quitté le bureau de Camille, ne laissant ses larmes couler qu'une fois terrée là où personne ne pourrait la retrouver.

Trois longs mois de silence, trois longs mois de rancœur – quatre-vingt-dix jours lors desquelles la russe se faisait hanter par le sourire narquois de son ex-fiancé et par les mots que son ancienne amante lui avait crachés à la figure.

Ravagée. Camille avait osé. Elle avait osé lui dire ce que beaucoup pensaient, ce qu'elle essayait elle-même de masquer. Car au fond, était-ce faux ? Pouvait-elle prétendre, dans sa plus profonde intimité, être saine d'esprit ? Elle aimait penser qu'elle l'était, maintenant. Qu'elle contrôlait les pensées, les voix qui la traversaient. Elle ne les entendait presque plus, il était vrai. Du moins, avant son voyage en Colchide, elle ne les entendait presque plus. Il lui arrivait, parfois, de perdre le contrôle, comme cette fois-là, dans l'appartement parisien où Élise Dubois l'avait piégée. Mais cela n'était que ponctuel. Elle avait, souvent, l'impression d'être sage, le sentiment de ne plus être un monstre ; elle ne se sentait pas menteuse lorsqu'elle disait à sa sœur que tout allait bien, que ses démons du passé l'avaient quitté.

Mais ces quatre derniers mois, tout avait changé. Elle sentait son esprit vibrer, vriller, vaciller à la moindre pensée ; les images du passé lui revenaient, les voix l'insultaient, les silhouettes l'attrapaient et la faisaient plonger dans les abysses du néant, la ramenant aux heures sombres de son vivant.

Cette fois-là, elle ne pouvait plus y échapper ; plus aussi facilement que lorsqu'elle était en vie, lorsque sa chair était sa prison. Elle avait essayé, malgré tout, de reprendre le Phasma, de se servir de lui. Dès qu'Oryæ était parti en Égypte, avec ses camarades de classe, elle avait sorti le corps de son placard, s'était déguisée, avait remis la main sur ses démons du passé. L'alcool n'avait rien fait. La mandragore non plus. Même les philtres s'étaient révélés impuissants – allongée par terre, au centre de son appartement, elle était obligée de se rendre à l'évidence. Le Phasma était matière, mais il n'était pas un corps. Plus jamais elle ne pourrait échapper au monde de la sorte, plus jamais elle ne pourrait laisser son esprit s'envoler, loin d'elle. Elle était son esprit ; il était sa punition. Après vingt-huit années passées à le malmener, elle ne pouvait plus rien contre lui.

Alors, elle s'était énervée – vainement, elle avait blessé le Phasma, reproduisant sur ses bras ses cicatrices du passé, celles que Camille, dans sa conception, avait oubliées. Le sang, inexistant, n'avait pas coulé. Tout cela n'était qu'une illusion. Elle n'avait pas souffert, rien avait changé — c'étaient des lignes gravées dans une matière enchantée, des dessins sans histoire, une existence sans passé.

Le Phasma meurtri était revenu dans son placard, et elle avait hurlé. Un cri lugubre, fantomatique, qu'elle avait entendu raisonner dans la cage d'escalier. Aucun voisin n'était venu. Elle était folle, c'est ce qu'ils pensaient. Ils pensaient tous cela. Même Camille Dubois.

Tout cela était sa faute, la sienne – la faute de cette sorcière, qui refusait de revenir, de lui envoyer un signe, de lui donner raison, une fois, juste une seule. Mais aucune réponse ne venait – c'était silence radio, pas un signe, pas un mot. Elle était seule, seule avec ses pensées qui l'obsédaient, seule avec ses souvenirs revenus la hanter.

Elle essayait de se trouver d'autres obsessions, de se concentrer sur d'autres combats. Elle était allée jusqu'à se perdre dans le temps avec Proventus Tal Moundine, son énigme du moment. Elle avait fait le tour du monde, ou presque ; était allée faire en Amérique, puis en Afrique, visiter les membres de l'Internationale qu'elle voyait le moins souvent. Mais ils ne posaient pas de questions, pas assez de questions. Son esprit avait encore le temps de tourner, de lui rappeler son passé, de lui faire entendre la voix de l'être qu'elle n'avait jamais enfanté.

Elle se perdait dans des pensées folles – quel nom lui aurait-elle donné ? Elle avait toujours pensé que ce serait une fille, s'était-elle trompée ? Aurait-elle été brune, comme elle ? Aurait-elle eu ses yeux ? Aurait-elle hérité de sa malédiction ? Ou bien aurait-elle eu les traits de son père, un homme sans nom, sans identité. Peut-être même avait-elle une deuxième mère, qui sait. Natacha ne comptait pas ces choses-là. Tout ce qui lui importait, en cet instant, c'était de faire vivre, de faire grandir dans son esprit cet enfant qu'elle avait déçu, à qui elle n'avait jamais réussi à donner la vie. Camille disait que cette enfance n'existait pas. Que cet amas de cellule n'était rien, comparé à Lyanna. Elle n'avait pas tort. Mais la défunte trouverait un moyen de lui donner tort. Si son corps avait failli, son esprit réussirait à halluciner la vie de cet enfant. Peut-être que cela compterait ?

Dans sa folie, elle n'avait pas oublié sa promesse. Celle de ne pas abandonner la mage noire, de ne pas la laisser seule. Elle ne laisserait pas son amante désespérer en paix, alors même que chaque parcelle de sa silhouette hurlait incessamment des cris qui l'aliénaient. Camille, elle aussi, méritait cette torture mentale qu'elle lui avait infligée.

Alors, la mage noire pouvait trouver, de temps à autre, une fine feuille de papier, d'un blanc presque transparent, remplie de quelques mots, tapés à la machine. Souvent, ils changeaient d'endroits, laissant à la russe une once de créativité au milieu de ses délires empoisonnés. Parfois, c'était sur son bureau, posé proprement au-dessus de tous les autres parchemins ;


Ton malheur ruine ta grandeur.

D'autre fois, Camille pouvait les remarquer au milieu d'un repas, dans une corbeille de fruits, glissé entre deux pommes ;

Oublie donc les chimères qui t'obsèdent.

Les messages les plus intimes, eux, se cachaient là où seule la mage noire pouvait les remarquer – à l'intérieur de ses chaussures, par exemple ;

Ton intelligence me manque. Fais-moi signe quand elle reviendra.

бабочка.

Toujours cryptiques, ces bouts de papier se consumaient dès qu'ils frôlaient une peau humaine, se transformant en tas de cendres volatiles, tâchant ce qui les entourait.

Parfois, pendant une semaine, ils disparaissaient – la défunte se lassait, de temps à autre, des sourires tristes que lui ramenait son hibou, une fois ses missions terminées. Il partait la nuit, toujours, était dressé pour agir en totale discrétion. Ce message animal de l'Internationale était parfait pour hanter la plus grande de ses déceptions. Mais cela ne suffisait pas. C'était la paix, qu'elle voulait. Elle voulait le retour de Camille, elle voulait quelque chose pour faire cesser ses pensées. Elle voulait redevenir elle-même – être capable de garder un esprit droit, plus longtemps qu'une seule journée.

Mais cela ne se produisait pas – alors, elle recommençait. Des messages, par dizaines. Certains avaient du sens. D'autres moins. Elle savait bien que parfois, elle envoyait des choses qui n'avaient pas de sens. Des suites de mots dépourvus de logiques, des délires paranoïaques résumés en quelques traits. Mais cela ne lui importait pas. Camille devait voir ça, aussi. Elle devait savoir ce qu'elle faisait. Peu importe si elle s'en réjouissait.


Rien ne sert de mentir. Je sais ce que tu as fait.

Pendant ce temps, Natacha se détériorait ; gardait la face devant Oryæ ; jouait un rôle devant chaque personne qu'elle croisait ; oubliait, de temps à autre, qu'elle était folle, et plongeait dans de nouvelles obsessions ; puis, elle les résolvait, et tout recommençait.

Elle était partout, et nulle part à la fois ; elle était là où personne ne pouvait la trouver. Elle était secrète, renfermée. Même Anastasia ne savait plus ce qu'il se passait. Elle n'était que silence.

Et, à la rentrée, dès qu'elle eut déposé Oryæ devant le château, elle disparut à nouveau.

Elle jouait l'équilibriste sur le fil entre raison et folie ; elle envoyait des signes, ne s'arrêtait pas et, désespérément, attendait quelque chose en retour – n'importe quoi.

Même elle ne savait plus ce qu'elle voulait. Mais, exilée, elle espérait.

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Poudlard
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Titre : Re : exile.
Créé : 09/09/2025 à 20:23:31

Des flammes qui rongeaient le papier sans qu'on ne leur accorde un seul regard. Parfois un crépitement venait rompre le silence de la pièce, plongée dans la pénombre. Le feu dans la cheminée était la seule source de lumière et éclairait un visage aussi pâle que la lune, lui donnant des teintes chaudes qu'il ne possédait pas.

Rien ne sert de mentir. Je sais ce que tu as fait.

Un sourire sans joie se dessina sur ce visage froid. Non elle ne savait pas. Si elle savait, elle serait probablement ici à l'insulter.

Encore.

Même si elle ne semblait avoir aucun sentiments, aucunes émotions, des échos de leur précédente disputes venaient parfois polluer son quotidien. Pourquoi ses mots l'avaient ils tant marqué ? Simple phénomène physique se disait-elle. Elle avait épprouvé manifestement, autrefois, quelque chose pour cette fille. Une obsession, un désir. Ce n'était qu'une réminiscence, une tache d'encre sur la toile de son esprit.

Mais tout ceci allait changer. Définitivement.

Quelques semaines auparavant,

« Vous êtes sûr de vos informations ? Un casque qui pourrait faire remonter le temps ? Le changer ? C'est une idée dangeureuse, miss...

- Je veux un prototype. Pour hier. Prenez les informations de l'espion, ou aller parler à un habitant de ce maudis immeuble. Travaillez dessus, jour, nuit, chaque heure de votre misérable existence, ou je vous promet que même la mort ne sera pas suffisante. »

Un gémissement lui répondit alors que le laboratoire se mettait à l'action. Il fallait reproduire. Reproduire une idée. Reproduire une action.

La mage noire les fixa un instant, perdue dans ses pensées où brulait un sentiment de trahison profonde.

Elle avait eu une solution. Elle avait eu un moyen. Et elle avait décidé de le partager avec quelqu'un d'autre.

La haine crispa sa main alors qu'elle disparaissait dans un craquement et que le pauvre homme à qui elle s'était adressé se dirigeait tout droit vers les toilettes pour rendre le contenu de son estomac.

Quelques jours auparavant,

« Nous avons pu faire un prototype. Mais il fonctionne avec le sang de votre... De Faith Fawley. Son don de troisième oeil permet d'influencer l'avenir mais les chemins possibles et...

- Venez-en aux faits, coupa sa voix gelée, elle n'avait que faire du sang de cette écervelée qui se pensait être son héritière. Ils pouvaient lui prendre tout son sang, si cela lui ramenait la seule personne qui comptait réellement...

- Nous n'avons pas essayé de changer quelque chose d'aussi important...

- Il fonctionne, ou non?

- Oui mais... »

Le sorcier n'eut pas le temps de finir sa phrase que Camille s'emparait de ce qui ressemblait franchement à un diadème aux gemmes sanguines. Elle n'écouta pas les mise en garde et disparut avec l'objet de sa convoitise.


Quelques heures auparavant,

Évidement, face à son triomphe, à sa vengeance, elle s'était obligée de le partager à la seule dont il lui importait l'avis, peu importe ce qu'elle en pensait. Alors elle avait pris la plume, arrachant un morceau de parchemin alors que ses mots s'étalaient dans une encre aussi noire que sa chevelure.

« Je la ramènerai, puis c'est notre histoire que je réécrirai. Et sous ma plume, tu le verras, tu le comprendras, Natacha, tu seras plus superbe que jamais. »

Car elle l'avait ce pouvoir à présent. Ses mains caressèrent les joyaux qui pulsaient comme de véritables petits coeurs.

Le pouvoir de réécrire le monde comme enfin il se devait de l'être.

Quelques secondes auparavant,

Elle avait récité la formule, délogé une des gemmes, chaque gemme du diadème correspondait à un essai ce qu'elle avait compris. Une incursion. Elle n'aurait pas beaucoup de temps. Quelques minutes tout au plus. Elle apparaitrait dans son propre passé et le changerait. A jamais.

Alors qu'elle s’apprêtait à fracturer la première gemme, son regard capta un éclat de lumière, un trouble dans l'air.

« Tu arrives trop tard, бабочка. »

La gemme explosa en un ruban écarlate, et le Temps hurla en réponse.


C'est Camille Dubois, évidement.

« You break the rules and become a hero. I do it, I become the enemy. »








































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Retraité
Traître à son sang
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Serpentard
5e année
Titre : Re : exile.
Créé : 14/09/2025 à 00:22:07 - Modifié : 14/09/2025 à 01:32:32

Un parchemin, négligemment arraché ; cette fois, c'était Natacha qui recevait un mot trahissant une manie nouvelle, un projet fou sorti de l'esprit de la sorcière désespérée. Elle lui promettait une histoire d'amour, une romance différente, quelque chose de sublime, de grandiose, comme toujours avec elle – c'était tentant. Mais c'étaient aussi les projets d'un autre Temps — le temps, celui qu'elle avait tant voulu préserver en faisant de Proventus Tal Moundine son allié. En préservant absolument son prototype, en plaçant sa conception dans la plus grande confidentialité. Car elle savait.

Elle savait que si l'on donnait à Camille la possibilité de voyager dans le temps, d'une manière ou d'une autre, cela finirait mal. La mage noire ne se contenterait jamais d'une étreinte, d'un regard, d'une conversation. Elle voudrait faire toujours plus grand. Elle voudrait sauver Lyanna, accomplir plus tôt le meurtre d'Alanna. Elle voudrait changer le monde, irait jusqu'à tuer des dizaines d'innocents, tout cela afin d'assouvir ses désirs de perfection. Elle se penserait capable de tout contrôler jusqu'au moindre détail, et reviendrait en arrière, à chaque fois que quelque chose ne lui conviendrait pas. Jusqu'où irait-elle ? Partirait-elle sauver son frère, loin, là-bas, dans le passé ? Mais à quoi donc ressemblerait un monde où Alexandre Dubois ne mourrait pas ? Cassiopée n'était pas née de ce drame, elle l'avait créé ; et comment donc Camille pouvait-elle vaincre sa mère, sans la force que ce traumatisme lui avait donnée ?

Elle pourrait remonter des années, des décennies, cela ne rendrait pas le monde meilleur. Il y aurait, à chaque fois, de l'insatisfaisant, du tragique. Comment éviter cela ? L'existence de Natacha avait été parsemée de drames, plus ou moins grands ; et, si elle croyait fermement en un avenir meilleur, en la possibilité d'un changement, d'une révolution de la Révélation, elle ne se faisait pas d'illusions. Le monde serait meilleur, et non parfait. Il y aurait, toujours, un combat à mener, un ennemi à abattre. Alors, pourquoi tout changer ?

C'était le futur, le présent qui étaient à modifier. Le passé était déjà tissé. Briser sa trame, cela revenait à créer des failles, des erreurs spatio-temporelles qui détruiraient le monde présent, et, plus largement, qui porteraient atteinte à la continuité du temps.

Natacha, toujours, avait fait Un avec le Temps ; elle l'avait haï, au début, pendant longtemps, même, puis ils s'étaient apprivoisés. Elle avait appris de lui, et, bon nombre de fois, il l'avait sauvé. Aujourd'hui, en tant que fantôme, l'illusion de son souffle était portée par le Temps, lui-même ; elle était devenue intemporelle. Si Camille jouait avec le temps, c'était son existence, sa constitution qui était en jeu – encore une fois, il lui fallait préserver cela. C'était comme un instinct de survie qui l'appelait, qui la poussait à agir en faveur de cette durée-là – le temps, elle n'avait que ça. Mais cette fois, hors de question d'invoquer le Gardien des Lieux dans ces aventures – comment pourrait-elle lui expliquer, même, ce mot qu'elle venait de recevoir ? Cette nouvelle déclaration d'amour, de la part de celle qui l'avait détruite, et insulté, il y a quatre mois de cela ?

Le parchemin avait été précieusement conservé. Comme à son habitude, son hibou, un Grand-duc de Blakiston, l'avait soigneusement rangé dans un tiroir, qu'elle lui avait indiqué. L'oiseau lui avait lancé un regard interrogatif, avec ses yeux plus globuleux que d'habitude – ce n'était pas un espace de rangement habituel. Tant pis. Natacha n'avait pas le temps de répondre à ces questions. Elle devait se presser.

Alors, elle fila, droit vers Poudlard, droit vers le bureau de Camille. Ce même bureau qu'elle avait fui depuis des mois, depuis qu'elle l'avait quitté, pleine de larmes et de désarroi. Elle ne voulait pas y retourner. Mais il fallait arrêter la tragédie qui était en train de se créer. Et ce, rapidement.


CAMILLE · Tu arrives trop tard, бабочка.

Un croisement de regards, toujours les mêmes depuis tout de temps. Un bleu ciel et un brun transparent qui n'avaient cessé de se voir, depuis trente ans maintenant. Une étincelle, rapide ; celle de l'amour, celle de la déception. Celle des larmes qui ont, en secret, coulé dans les nuits de Natacha. Et puis, une autre lumière, bien réelle cette fois – un éclat couleur rubis, et puis un cri.

NATACHA · CAM...

KAZAKHSTAN, 2015
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L'INTERNATIONALE SORCIÈRE

NATACHA · ...mille Dubois est évidemment un problème, comme toujours. Mais rien ne sert d'être obsédés par sa personne. C'est l'Organisation, en tant que système, qu'il nous faut détruire.

ARISTIDE · Ça va nous prendre des années !

NATACHA · Et alors ? Vous préférez quoi, qu'on tue Camille et qu'on se retrouve avec trois cent mages noires à nos trousses ?

SHAOZU · Mais on n'est pas obligés de tuer Dubois. On peut commencer plus petit, on peut...

EUGÉNIE · En France, Lyanna Iversen fait beaucoup de dégâts. Je pense qu'on devrait s'attaquer à elle, elle a une force de conviction immense. Sur le plan local, on peine à agir, sa propagande est trop puissante auprès des populations.

ARISTIDE · Exactement. Le monde peut attendre, mais en France, on a besoin d'un acte fort. D'une action symbolique.

CARMEN · Et symboliquement, vous ne trouvez pas plus malin que de tuer la fille de Dubois ? Vous pensez vraiment qu'elle va vous laisser...

EUGÉNIE · Et pourquoi pas ? Vous pensez vraiment que Camille Dubois a un cœur au point de tout arrêter pour une enfant qui n'est même pas la sienne, biologiquement parlant ?

NATACHA · Elle avait suffisamment de cœur pour l'adopter...

EUGÉNIE · Elle n'a pas adopté une fille, elle a adopté un soldat. Si vous étiez à notre place, vous verriez cela.

Discrètement, Natacha leva les yeux au ciel, provoquant le sourire d'une autre fondatrice, Emily Sackville. Ces débats sont sans fin. À chaque Assemblée, c'est la même chose, quel que soit le continent ; des discussions infinies, sur les actions, les stratégies. Elle déteste ça. Elle déteste devoir trancher, devoir contrôler ces discussions, devoir limiter le temps passé sur chaque sujet. Mais, depuis cinq ans maintenant, elle a compris qu'elle se devait de faire autorité – si l'on abolissait ces réunions, chacun agissait de son côté, spontanément. Il n'y avait pas de mouvement, pas de collectif ; juste des individus en manque de coordination. Ce n'était pas comme cela, qu'on créait une révolution. Alors, elle devait s'imposer ces assemblées, ces discussions. Et accepter la divergence dans les opinions. Jusqu'à...

NATACHA · Bon, je crois qu'il est temps qu'on soumette cela au vote. Pour rappel, il vous est possible de vous prononcer pour, contre, de vous abstenir, ou de ne pas prendre part au vote...

ANASTASIA · Oui, bon, ne perdons pas notre temps. Ceux qui se prononcent en faveur de l'assassinat de Lyanna Iversen...

Ils comptent les mains, une à une ; Eugénie et Aristide, les Français, votent pour. La congolaise Bijou aussi. Pavel, le russe, hésite, mais ne lève pas la main. Finalement, c'est Anastasia qui lève la sienne.

ANASTASIA · Quatre voix. Ceux qui votent contre...

Natacha, Shaozu et Carmen lèvent immédiatement leur main. Un silence, bref – des regards s'échangent. Emily rejoint son alliée britannique, et, silencieusement, Imrad le Saoudien clôt le vote en levant sa main.

ANASTASIA · Cinq contre. La question est réglée.

NATACHA · Vous trouverez certainement des solutions plus intelligentes, de toute façon.

On passa à la question suivante, puis à celle d'après. D'autres débats. D'autres votes. Jamais d'accord, jamais de quoi déclencher un véritable changement. Plus les années passaient, plus l'Internationale était forte ; mais plus leurs ennemis l'étaient aussi. Quand donc se finirait cette course sans fin ? Quand donc pourrait-on toucher du doigt un monde nouveau ? Natacha avait le temps ; les vivants n'en avaient pas. La vie passait, et ils s'impatientaient ; voulaient laisser à leurs enfants un monde meilleur, voir leur utopie de leurs propres yeux. Qui pouvait les en blâmer ?

En attendant, Natacha attendait, regardait l'échiquier. Mais pour elle aussi, cela commençait à être trop long. À quoi bon voter contre des assassinats, quand c'était la société entière qu'il fallait faire changer ? Par où commencer, quand le travail était si grand ?

De retour en Russie, quelques heures plus tard, dans le manoir familial qu'elle avait toujours détesté, elle pensait. La nuit était noire, pas une silhouette à l'horizon. Anastasia était partie dormir – mais les défunts, eux, ne dormaient pas. Ils songeaient, ils erraient. Et, dans le cas de Natacha, ils regardaient la lune, espérant voir la silhouette d'un amour passé venir leur révéler les réponses qu'ils cherchaient, entre deux murmures désespérés.


NATACHA · Que ferais-tu, Elyos ?

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Titre : Re : exile.
Créé : 14/09/2025 à 01:38:45

Quelques minutes. Elle n'avait que quelques minutes pour agir dans ce passé imparfait. Le rectifier. Le corriger. Elle avait évidement choisit un moment clef. Pas celui où Faith Fawley enfonçait une lame dans le coeur de sa fille. Camille n'était pas née de la dernière pluie, elle savait que c'était bien trop tard. Et si elle tuait Faith devant les yeux de Lyanna, jamais cette dernière ne lui pardonnerait. Non. La mage noire avait eu des semaines pour disséquer son passé. Chaque petites actions.

De plus, même si les sorciers des laboratoires n'avaient rien dit sur ce sujet, il valait mieux ne pas croiser son double du passé. Comme pour les retourneurs de temps, détruits à l'époque de l’Élu, il ne pouvait que se passer des choses terribles dans ces cas-là.

Elle apparut alors dans son bureau un jour où elle savait qu'elle n'y était pas. Fouillant frénétiquement dans un tiroirs jusqu'à actionner un mécanisme dans la bibliothèque. A l'aide de sa baguette, elle articula la formule pour ouvrir un coffre. Et dans celui-ci... une simple carte.

Mais c'était précisément ce que Camille était venue prendre, et même détruire. Alors que le papier brulait, son coeur se mit à battre d'un espoir fou. A présent, Lyanna et elle ne partiraient pas le lendemain pour trouver le portail menant à "la source de la magie". Elles ne passeraient pas dans ce monde maudit. Faith ne serait pas prise en otage par Alanna. Et Rien. Ne. Se. Passerait. Jamais.

Alors qu'elle refermait le coffre, un vague sourire au lèvre, puis s'appuyait sur la bibliothèque pour reprendre son souffle, elle entendit un bruit.

« Camille ? Tu n'étais pas censé être à cette réunion à mourir d'ennui ? Je te préviens, je n'irais pas à ta place... »

Camille se figea. Dix ans. Dix ans qu'elle n'avait pas entendu cette voix. Ces inflexions. Cette façon de prononcer son prénom. Sans le contrôler, ses jambes se mirent en mouvement. Elle devait l'apercevoir. Juste la revoir. Un court instant. C'était un besoin. Vital.

Mais alors qu'elle se redressait, le temps, cruel, la rappela.

Et lorsque Lyanna Iversen poussa la porte, persuadée d'avoir entendu quelque chose, elle ne trouva qu'un petit tas de cendre encore chaud. Haussant les épaules, elle allait faire demi-tour lorsqu'un dossier attira son attention, délogé du tiroir que Camille avait fouillé. Fronçant les sourcils la blonde le feuilleta rapidement avant de jurer bruyamment.

Pourquoi le nom de Faith Fawley se retrouvait sur des listes de drogués, et pire, manifestement au sel d'écaille ?

* * *

Tel un élastique qui reprenait sa place après avoir été étiré, le retour de Camille dans son Temps fut brutal. La sorcière sentit le haut le coeur quelque seconde avant de vomir, comme si c'était son premier transplanage. La sorcière reprenait son souffle alors que son coeur criait à l'injustice, elle ne l'avait pas vu. Même pas aperçu. Mais, elle se redressa brutalement, lui attirant une vague nausée, elle n'avait pas fait ça pour rien. Si tout avait fonctionné alors peu importe qu'elle n'ait pas vu Lyanna dans le passé, puisque qu'elle était là, à présent. Elle voulut tout d'abord utiliser la poudre de cheminette, sa cheminée étant reliée à celle en France. Mais cela ne fonctionna pas. Passée la bizarrerie, la mage noire soupira qu'il lui faudrait revoir avec le ministère et se dépêcha de sortir pour utiliser celle de Hope, dans le bureau de cette dernière.

Essuyant ses lèvres, elle sortit donc de son bureau sans s'inquiéter de la décoration qui avait manifestement changé. Elle ne s'inquiéta pas plus des élèves, qui sortaient de cours et la dévisageaient en chuchotant, surpris qu'elle soit au sein de l'école de Magie.

Camille, bien trop pressée, ne fit pas attention aux journaux que tenaient certains élèves et qui parlait d'une guerre politique sans précédente. Des temps troublés que les journalistes évoquaient tout en mettant en lumière un certain candidat.

Lorsqu'elle arriva devant le bureau d'Hope Moore, la porte refusa de s'ouvrir. Malgré le mot de passe qu'elle connaissait, malgré ses vociférations impatientes. Rien ni faisait. Alors qu'elle faisait demi-tour, on l'interpela. Une voix masculine qu'elle ne connaissait pas. Lorsqu'elle se retourna, elle vit des aurors et derrière eux, la directrice Flame. Haussant un sourcil, la mage noire redressa la tête et articula d'une voix où transparaissait à peine l'impatience qui la dévorait.

« Flame. Je venais emprunter la cheminée d'Hope, la mienne de fonctionne pas. Je dois rentrer de toute urgence en France pour l'après-midi. Mais je reviendrai demain. »

Un silence accueillant sa déclaration alors qu'Izora murmurait quelque chose à l'auror qui hocha la tête. Sa baguette dans une main, il s'approcha lentement, la mettant bien en vue.

« Miss Dubois, veuillez nous suivre. Vous n'avez rien à faire dans un établissement public.

- Rien à faire ? Je vous assure que j'ai bien du travail à faire ici. Mon travail. Pour lequel j'ai été employé, il y a deux ans à présent. rétorqua d'une voix glaciale la sorcière qui recula jusqu'à la porte close du bureau.

L'autre auror chuchota quelque chose, Camille put lire sur ses lèvres " elle est en plein délire. "

- Miss Dubois, si vous restez ici nous serons obligé de vous arrêter. Nous devrions d'ailleurs déjà vous obliger à sortir d'ici par la force, mais... Il baissa la tête. Je suis profondément désolé pour votre fille, je sais ce que la perte d'un enfant peut causer...

L'autre auror grimaça. Il n'était pas d'accord avec son collègue et Camille reconnut l'émotion sur son visage. Elle l'avait vu tant de fois. Il était fermement convaincu qu'elle était responsable.

Toutefois aux mots de l'auror, quelque chose se brisa au sein de sa poitrine. L'espoir encore. Son esprit peut-être ensuite. Sans faire attention, elle avait déjà attrapé sa baguette, et les deux aurors réagissait avec rapidité. Elle fut immobilisée et jetée hors de Poudlard en quelques minutes à peine.

Camille n'entendit rien de ce qu'on lui disait. Des mise en garde sur le fait que si elle repassait ces portes, on ne se contenterait pas de la jeter dehors. Elle n'entendit rien lorsqu'on lui rendait sa baguette où qu'ils disparaissaient. Et alors qu'elle fixait la grille de Poudlard, le regard vide, une page de la Gazette du Sorcier vola devant son nez. Elle la prit machinalement mais cligna plusieurs fois, peinant à comprendre ce qu'elle voyait.

Une photo du candidat au poste du ministre de la magie, celui manifestement adoré des médiats puisque la première page lui était consacré mais également plusieurs autres. Celui qui menait une véritable guerre politique depuis des années, ayant réussit à enterrer des rebelles Anarchistes connus pour être appelé l'Internationale Sorcière, mais également à détruire ce qu'on appelait le royaume corrompu de l'Organisation.

C'est ce que proclamait en tout cas une des phrases accrocheuse qui promettait de décortiquer ses actions des dix dernières années dans ce sens.

Mais Camille ne voyait pas tout cela. Elle fixait un visage qu'on apercevait à peine, dissimulé dans l'ombre des journalistes qui tentaient de prendre en photo l'échange de poignée de main entre ce candidat et un autre politicien. Un visage qu'elle n'avait jamais oublié. Un peu plus ridé, mais en vie.

Alanna Spall.





C'est Camille Dubois, évidement.

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Retraité
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5e année
Titre : Re : exile.
Créé : 18/09/2025 à 21:06:22

POUDLARD
PRÉSENT

La vie était devenue fade, dernièrement. Après la mort d'Ashka, tout s'était enchaîné ; Jessica était partie vivre chez les moldus, et l'Internationale fut victime de nombreuses attaques qui finir par venir à bout du mouvement. Trop de morts, trop d'emprisonnés – l'acharnement médiatique leur avait empêché de poursuivre leur combat, et, voyant leur leader se morfondre suite aux tragédies de sa vie privée, même les militants les plus aguerris avaient abandonné. Quelques initiatives locales étaient restées actives, mais plus rien n'était relié. Natacha avait abandonné.

Sa sœur, dans son manoir russe, s'était liée d'affection avec Ana Ejov, rencontrée lors d'une énième soirée. Cet amour avait mené à des promesses, des fiançailles. Anastasia avait oublié ses idéaux, rejoint le CAMP, dans les profondeurs de la Russie, là où personne ne viendrait les chercher.

Personne, même pas la défunte Natacha, qui errait désormais en Angleterre, sans foi ni projets. Poudlard lui avait bien proposé de reprendre son poste en Divination, mais elle avait refusé. Ce métier-là n'était pas fait pour elle ; sa seule année d'enseignement avait été un échec. L'avenir, elle savait le pratiquer – elle n'avait aucune idée de comment le transmettre. Une défunte professeure, c'était ridicule ; les pendules glissaient à travers ses doigts, le thé ne se buvait pas. Le poste avait été repris par une certaine Mia Lorder Jannings, et c'était très bien comme ça.

La russe n'était, de toute façon, bonne à rien – elle s'était donné un projet, un seul, et elle avait échoué. L'Internationale était ambitieuse, avait tenu près de vingt années – mais, au final, plus puissante qu'elle les avait pris pour cible, et elle avait été complètement impuissante face à la mort de son projet. Depuis sa mort, elle était devenue inutile. Elle n'avait plus que ses yeux pour pleurer, et son esprit pour la déranger.

Natacha était donc devenue l'une de ces énièmes silhouettes grises et pâles, dans le château de Poudlard. De temps en temps, elle adressait la parole à des élèves, pour se divertir ; elle n'avait plus personne à qui parler. Plus personne à qui raconter son histoire, à qui transmettre le poids de son passé. Alors, elle s'était transformée en élément de folklore ; la jeune martyre au cœur brisée. La défunte morte trop tôt, à l'âme torturée. Cela faisait bientôt cinq ans qu'elle jouait ce rôle. Il était triste, il était fade. Il avait retiré à sa vie toute action. Mais c'était quelque chose, puisqu'elle ne pouvait ni agir, ni mourir. Alors, elle attendait un changement.

Nous étions un mardi de septembre, et, comme tous les autres jours de l'année, Natacha errait. Elle laissait la brise la porter à travers les couloirs du château, pensive, regrettant le temps où elle aurait pu se rendre dans les cachots pour y croiser Elyos entre deux cours ; ce temps-là, elle ne l'avait connu que brièvement. Pourtant, il lui manquait infiniment. Elle n'était plus que ça ; plus que manque, plus que désespoir étalé dans le temps. Elle n'était pas bien différente des autres fantômes, de ceux qu'elle méprisait encore il y a dix ans. Sa silhouette était une coquille vide, abandonnée dans ce monde sans même pouvoir le quitter.

Soudain, un cri troubla ses pensées ; quelque chose de différent, enfin. Elle traversa la paroi qu'elle longeait, et, au bout du couloir, vit deux aurors immobiliser une femme.

Cheveux de jais, regard glacial ; elle la connaissait.

Camille Dubois.

Son ennemie de toujours, elle aussi abattue d'une main ministérielle, celle contre qui elle avait tant comploté, sans jamais pouvoir la rencontrer. Elle était là, elle aussi misérable, en plein délire psychotique tandis que, déjà, les aurors l'éloignaient de ce château rempli d'enfants.

Il y a dix ans, Natacha aurait ri face à cette scène. Mais là, elle ne sourit même pas.

Ce qu'elle voyait n'était pas normal. Quelque chose clochait ; elle sentait un trouble dans cette figure de la mage noire déchue, de celle dont la fille était décédée il y a si peu de temps et qui choisissait de venir hanter cette école dans laquelle elle n'avait pas mis les pieds depuis au moins trente ans.

Il se passait quelque chose — quelque chose qu'elle ne comprenait pas.

Alors, pour la première fois depuis un bon moment, elle se pressa ; laissa sa silhouette filer à travers les murs, se rendre à toute allure devant la porte de Poudlard, là où sa folle ennemie avait été abandonnée.

Elle attendit que les aurors partent ; regarda la mage noire, déroutée, regarder le journal et lancer un regard horrifié au candidat favori pour le poste de Ministre de la Magie. C'était comme si elle venait de voir un mort, comme si elle découvrait un autre monde – à voir son visage, on aurait cru qu'elle se réveillait d'un sommeil long de dix ans. Comment pouvait-elle être aussi surprise d'un fait si omniprésent dans les médias ? Même Natacha, qui n'écoutait plus rien de politique, était lasse d'entendre ce nom-là.


NATACHA · Quelque chose cloche.

C'était plus fort qu'elle ; sa curiosité, enterrée depuis des années, était revenue. Elle avait, par le passé, haï cette femme, mais aujourd'hui, à quoi bon ? il n'y avait en elle plus aucune passion. C'était le moment ou jamais pour la rencontrer – pour répondre à l'une des dernières énigmes que l'Internationale lui avait laissé, pour savoir que son combat politique s'était fini sans mystère, sans secret dont elle aurait été privée.

Plus rien ne l'empêchait de parler à Camille Dubois. Et, face à cet évènement, ce petit bout de rien qui dénotait, la flamme de son intérêt, timidement, s'était rallumée.

Peut-être qu'elle pouvait se rappeler comment enquêter ; peut-être que, pour une fois, sa mort pourrait retrouver un peu de saveur, le temps d'un instant, juste pour élucider ce moment. Elle aurait l'impression de servir à quelque chose, rapidement – puis elle retournerait à son château, et à ses marmonnements.


NATACHA · Qu'est-ce que tu foutais là, Dubois ? Tu pensais vraiment qu'ils aller te laisser... Te laisser faire quoi, en fait ?

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Poudlard
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Titre : Re : exile.
Créé : 05/10/2025 à 00:16:53

La stupeur fut vite remplacée par une horrible compréhension. De ce qu'elle avait fait. Alors que le visage presque dissimulé d'Alanna Spall se moquait visiblement d'elle, les mains de Camille tremblèrent. De colère. De tristesse. Peut-être même oserait-on penser de peur. Mais l'Occlumens remit rapidement de l'ordre dans ses émotions et ses pensées. Alanna ne pouvait rien faire contre elle. Elle l'avait déjà tué dans sa réalité, alors celle-ci n'était rien. Qu'une petite erreur qu'elle avait provoqué.

Ses mains replongeait déjà dans la poche de sa cape lorsqu'une voix la fit se figer. Même dans cette réalité déformée, mauvaise, il fallait que Natacha Tchaïviev revienne la hanter. Comme un papillon attiré par la flamme d'une bougie. Elle se retourna lentement, craignant, ou espérant peut-être secrètement, voir autre chose qu'un fantôme. Mais cet espoir était vain et elle le savait, elle n'était pas remonté assez longtemps pour avoir peut-être changé ça. Non, Natacha était la même. Le même spectre qui avait voulu l'empêcher et qui pouvait ricaner à présent de son échec.

Ou du moins le ferait-elle si elle était au courant de cet échec.

Car face à elle ce n'était qu'une autre version, et si elle avait l'apparence exacte de celle qu'elle avait quitté... Elle ne l'était pas. Toutefois, elle était peut être une source de renseignement sur ce qu'il s'était passé. Peut-être réussirait-elle à corriger encore une fois ? Au final, elle pouvait considérer que tout ceci n'était qu'un test. Elle réussirait la prochaine fois. Elle tendit le journal, paraissant probablement encore plus dérangée qu'elle ne devait déjà le paraitre.

« Depuis quand Alanna Spall est-elle derrière tout ceci ? Pourquoi est-elle au côté de ce candidat ? Que s'est-il passé la nuit où ma fi...Où Ly... Elle déglutit. Comment est-elle morte ? Je dois savoir. Son regard était fuyant, sa main se crispa. Je dois rectifier. Je partirais ensuite, juste répond moi. »

Malgré ses tremblements, ses mèches sombres qui étaient sorties de sa coiffure, et son regard qui n'arrivait pas à se fixer, elle réussit à intimer de l'autorité dans sa voix. Une autorité de celle qui ne se faisait pas désobéir, qui avait l'habitude de diriger.

Diriger sur quoi ? Son regard revint un instant sur le titre accrocheur, puis elle tourna la page mais ne trouva pas l'information qu'elle recherchait et qui devait se trouver sur une autre partie du journal. Sa voix, alors, trembla finalement légèrement alors qu'elle demandait.

« L'Organisation ? Elle... Elle l'a détruit ? Mais... ce n'est pas... ce n'est pas possible... »


C'est Camille Dubois, évidement.

« You break the rules and become a hero. I do it, I become the enemy. »








































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Serpentard
5e année
Titre : Re : exile.
Créé : 07/10/2025 à 21:11:57

Pas de réponse.

Pas de réponse, mais une série de questions, qui défilaient plus vite les unes que les autres ; une série de questions dépourvues de sens aux yeux de celle qui avait vu le monde s'effondrer. Des questions simples, dont Camille devait avoir les réponses ; des questions qui les concernaient toutes deux, en un sens. Elles avaient subi la montée au pouvoir d'Alanna Spall, marionnettistes de talent qui, cachée dans l'ombre, avait façonné les carrières, tissé les destins. Elles avaient subi les pertes, les échecs qui allaient avec ; la vérité était que cette mage noire que Natacha méprisait était, aujourd'hui, son reflet parfait. Chaque perte, chaque tragédie avait été partagée – et, malgré leurs idéaux contraires, leurs combats passés, elle ressentait la détresse de sa rivale dans chacun de ces gestes.

Ce regard frêle, ces poings serrés ; elle les connaissait, elle aussi – du moins elle les ressentait. Sa silhouette invisible parlait moins, seuls des réflexes fantômes l'animaient. Mais, en cet instant, elle comprenait Camille – cela l'horrifiait. Mais qui d'autre, dans le monde, pouvait encore l'écouter ?

L'autorité suppliante de la mage noire n'aurait eu, habituellement, aucun effet sur elle. La défunte avait cessé d'écouter les ordres, les projets. Sa silhouette, pâle et impuissante, avait accepté qu'elle ne pouvait plus rien créer dans l'ordre de la matérialité, qu'elle était condamnée à devenir un amas de souvenirs enfumés. De ce fait, elle n'essayait plus ; à quoi bon, quand on voyait où cela la menait ? Elle avait abandonné l'idée que sa personne, peu importe ce que cela signifiait, pouvait changer le monde, les gens, les choses. Même sa prétendue sagesse, celle en laquelle on lui avait fait croire à sa sortie du monde des défunts, ne servait à rien. Si l'on était pragmatiques, elle ne servait à rien. Et c'était comme ça.

Mais chez Camille, ce n'était pas la raison qui s'exprimait ; c'était un trouble, un sentiment. Une incompréhension profonde de faits qu'elle était censée maîtriser. Une imprudence surprenante, inexplicable. L'énigme d'une chute qui, dans son regard, avant gardé l'étincelle ; la possibilité de voir, de ses propres yeux, cette lumière s'éteindre, ou laisser place à un brasier. Camille était, sans doute, le plus grand mystère auquel elle pouvait s'attaquer ; la seule âme qu'elle pouvait encore guider.

Car la mage noire pensait encore pouvoir, d'une façon ou d'une autre, rectifier l'équilibre qu'on leur avait imposé. Comme s'il ne s'agissait que d'un détail, comme si le monde tel qu'il était pouvait aisément être changé. Elle se croyait, encore et toujours, plus intelligente que le reste du monde – comment faisait-elle aujourd'hui, pour encore s'en persuader ? Tout pointait vers une mémoire effacée, il n'y avait pas d'autre sens à tout cela.

Le journal, dans un mouvement de brise, bougea quelque peu ; le visage de sa meurtrière, presque vantard dans ce recoin d'image animée, traversa le champ de vision de Natacha. Et soudain, la réponse, plus claire que jamais, lui apparut dans une liste de noms qui commençait par le sien suivi de ceux d'Elyos, de Faith, de Lyanna, d'Oryæ – et, enfin, de celui de Camille Dubois. Dans un murmure, un fragment de vérité lui échappa :


NATACHA · Elle n'a même pas eu la décence de te tuer...

Elle soupira. Voulait-elle vraiment replonger dans ces souvenirs-là ? Non, elle voulait les fuir, tout comme elle voulait échapper à la réalité. Mais quelque chose en elle refusait de laisser son reflet ainsi abandonné.

Ce serait une dernière conversation, et elle serait libérée.

Alors, elle accepta, approcha son invisible visage de l'oreille de sa rivale, et murmura :


NATACHA · Il vaut mieux éviter qu'on parle de cela en public... Suis-moi.

À ces mots, sa silhouette fila, juste assez lentement pour qu'une mortelle puisse la suivre. Son abandon du vivant avait eu une vertu ; la fin de ses biomorphismes, de ce semblant de gravité qu'elle mettait souvent dans ses mouvements et ses pas. Elle acceptait, maintenant, le fait de voler, de se déplacer en mouvements de défunts ; après tout, à quoi bon avoir l'air d'un être humain ? Elle n'en était plus un ; elle n'était plus rien.

Elle se déplaçait donc vite, essayant cette fois de s'adapter au rythme de Camille, de laisser celle qui avait promis de parti la suivre dans le seul endroit où, encore, elle se sentait à l'abri des regards et oreilles indiscrètes – son appartement, qu'elle n'avait, sans raison, jamais légué.

Le 10 rue du Moke était devenu gris, terne, poussiéreux ; les enchantements tissés par Anastasia lors de l'âge d'or de l'Internationale s'étaient usés, et le logement avait cessé de s'entretenir. Natacha, elle-même, ne se posait plus la question. Cela faisait des mois qu'elle n'avait pas eu besoin de visiter cet appartement, dont deux portes étaient fermées à clé, résolument, et donc les tables, chaises, et autres objets d'une banalité sans nom restaient les seuls témoins d'une vie passée. Même son hibou s'était envolé, ne revenant jamais dans cet endroit maudit, et peu à peu dépourvu d'âme et de vie. Quelques photographies, sur les murs, avaient perdu de leurs couleurs, au point où même le fantôme qu'elle était apparaissait plus vivante que ces silhouettes passées, depuis longtemps enterrées.

Lorsque Camille entra, par la porte toujours ouverte, elle pourrait remarquer des objets moldus manquants, par rapport au temps qu'elle avait connu ; de la nourriture en moins, aussi. Le lieu avait été comme pillé, dépouillé du peu d'humanité qui lui restait ; sur un mur, seulement, une toile colorée faisait exception, comme préservée des dégâts du temps.

En bas de cette toile, une signature, un nom : celui de Faith Fawley.


NATACHA · Ne touche à rien. Si la poussière te dérange, tu peux l'enlever mais...

Silence. Les paroles se coinçaient dans son âme, ne voulaient pas sortir. Alors, elles se transformèrent en vague geste, vers un canapé d'une mode passée.

NATACHA · Tu peux t'assoir là.

Cette fois-ci, c'était son regard à elle qui se perdait, son corps qui, à défaut de trembler, se fondait dans ce décor de misère, comme si, lui aussi, avait été dévoré.

NATACHA · Je n'aime pas raconter cette histoire...

Mais, après un silence, et d'une voix fébrile, elle la raconta.

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Serpentard
6e année
PNJ
Titre : Re : exile.
Créé : 07/10/2025 à 21:12:25

Autre temps, autres vies.

Pendant une brève année, Oryæ avait cru être sauvé. Arrivé à Poudlard seule, avec aussi peu de mots que de parents, il avait vu ce château comme une prison. Personne ne lui parlait, et il les comprenait ; qui donc adresserait la parole à celui qui, la plupart du temps, n'arrivait pas à la retourner ? Pire encore, quelques camarades, déjà, avaient trouvé en lui un bouc émissaire facile, un enfant qui ne se défendrait pas ; en classe, ses résultats étaient médiocres. Les sortilèges informulés étaient trop compliqués, et les formules orales ne lui réussissaient pas. Alors, il n'avait rien. Et la nuit, dans la tour d'Astronomie, il pleurait.

Puis, ce drôle de fantôme l'avait trouvé ; s'était pris d'affection pour lui, sans qu'il ne sache pourquoi. Mais elle l'avait écouté, et avait accepté les fois où il ne parlait pas. Elle ne posait jamais de questions sur le passé ; avec elle, tout ce qui comptait, c'était le temps présent. Et c'était bien ; c'était doux et réconfortant. Le fantôme s'appelait Natacha et, bien vite, il avait accepté cette nouvelle maman.

Cela n'avait pas duré longtemps.

Alors que sa deuxième année commençait, Jessica, la colocataire de sa mère, était partie chez les moldus ; puis, les visites de sa tante russe s'étaient espacées, jusqu'à disparaître. Enfin, sa mère d'adoption avait cessé d'être une mère ; elle n'était plus qu'un fantôme, vide de passions, qui se contentait de lui parler par questions mécaniques – désormais, même le présent n'avait plus d'intérêt.

C'était encore pire qu'avant ; il était seul, mais pas abandonné. Plus personne ne s'apitoyait sur son sort, il avait intégré la normalité – et pourtant, tout était toujours aussi bizarre, aussi solitaire. Et personne ne pouvait lui expliquer l'effacement soudain de sa mère.

Lassé de chercher des questions dans les étoiles, il avait changé de quêtes, changé d'idées. Il avait décrété que, quitte à être solitaire, autant être heureux, où du moins apaisé. Silencieux dans les couloirs, les rumeurs ne lui échappaient point, et, en écoutant ses aînés, il avait appris comment, lui aussi, il pourrait se procurer des philtres de paix.

C'est ainsi qu'il était devenu ami avec Faith Fawley.

Au départ, c'était une amitié de profit ; ils s'échangeaient des philtres, se recommandaient des sources d'aquisition. Et puis, le temps avait passé. Oryæ s'était confié, avait parlé de sa mère morte, et de celle qui était décédée. Du fantôme qui lui avait fait connaître l'espoir, avant de le briser. Il avait raconté sa vie, ses projets inexistants. Et, peu à peu, ils s'étaient lié d'amitiés. Était-ce un vrai sentiment, ou un effet des philtres ? Ses yeux cernés de noirs n'en savaient rien, et il s'en fichait. Faith Fawley était la seule personne qui empêchait son esprit de sombrer.

Natacha avait vu cela ; apathique, elle avait été rassurée de savoir que son enfant avait noué une amitié avec cette fille pour qui, de loin, elle s'était attachée. Les philtres ne l'importunaient guère ; elle avait consommé pire, et elle faisait confiance à Oryæ. Il n'était qu'un enfant. Jamais il n'abuserait trop de ces produits. Si elle avait voulu l'empêcher d'y goûter, elle aurait dû être une meilleure mère ; mais son expérience à l'Internationale lui avait prouvé que ses mots étaient complètement dénués d'autorités. Que jamais elle ne pourrait avoir un quelconque pouvoir, et qu'il ne valait rien d'essayer. Les vivants dans le monde des vivants. Oryæ et Faith s'en sortiraient bien mieux sans elle, sans son intervention.

Ils s'en étaient sortis, pendant un temps. Ils n'allaient pas mal, sans pour autant se porter bien. La vie avait un rythme triste, relié à la pente descendante de l'addiction. Mais elle continuait, et ce jusqu'au jour où elle avait cessé.

Un jour, Faith était partie, sans le prévenir. Il n'avait pas eu le temps de dire au revoir, de comprendre ce qui se passait. Mais, l'esprit embué par les philtres, aurait-il compris ce qu'il se passait ? Ce qui était sûr, c'est que quelques jours plus tard, le décès de la jeune fille était annoncé. Une overdose de sel d'écaille, disait-on, la nouvelle drogue sur le marché.

Oryæ aurait dû le voir, aurait dû se rendre compte de ces excès. Faith était son amie, sa seule amie ; comment avait-il pu, toutes ces années, ne pas comprendre ce qui se tramait ? Ne pas modérer la consommation de sa camarade, ne pas arrêter lui-même de l'encourager ?

Il fallut peu de jours pour que la culpabilité le ronge ; quelques jours après le décès de Lyanna Iversen, un suicide selon la presse, un troisième nom, presque sans parents, rejoint la colonne « faits divers » de la Gazette du Sorcier.


NOUVELLE OVERDOSE À POUDLARD : DÉCÈS D'ORYÆ O'TAIBHSE.


PNJ personnel de Natacha Tchaïviev

SPACE ODDITY
THE END OF A STARE
AUTUMN IS A SECOND SUMMER


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NaDiJem Trio
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Serpentard
5e année
Titre : Re : exile.
Créé : 07/10/2025 à 21:12:39

NATACHA · [...] Je... Je ne suis pas stupide je... J'aurais dû voir que... Je...

Tout comme Camille n'avait pas su prononcer le nom de Lyanna, les murmures de Natacha s'étaient troublés à celui d'Oryæ. Son enfant, celui qu'elle avait voulu sauver. Celui qu'elle. avait voulu épargner de son mauvais jugement. Helena Serdaigle avait trouvé le corps, l'avait alerté ; la russe, impuissante, n'avait même pas pu le prendre dans ses bras alors qu'il se rigidifiait.

Ses larmes avaient coulé, coulé, coulé. Elles se déversaient encore en cet instant, tandis que quelques gouttes d'eau salées, magiquement, se formaient sur son absence de silhouette avant de se répandre sur le parquet. Elle peinait à maintenir son récit ; son regard se perdait sur les murs dépourvus de vie de cet appartement ; elle avait failli comme mère, mais Oryæ avait été, pour elle, tout ce qui lui restait. Tout ce qui comptait.


NATACHA · Elle a fait dire que le sel d'écaille venait de toi. Que... Que mon fils, que Faith, que Lyanna... Que tout cela... C'était à cause de toi.

Elle avait beau avoir connu la mort, cela ne l'apaisait pas ; elle savait le néant dans lequel ces trois enfants avaient été plongés, cette chute dans laquelle ils avaient été emportés, contre eux, contre leur gré. Ils avaient été les pions d'un combat politique, d'un jeu dans lequel Alanna Spall avait gagné. Un jeu injuste, un jeu auquel aucun des trois n'avait voulu participer. Et, aujourd'hui, leurs trois tombes, bien trop petites, récoltaient les fleurs de passants qui, se voulant vertueux, clamaient haut et fort leur désaccord avec l'Organisation.

NATACHA · Là-bas, dehors... Plus personne ne nous écoute, Dubois. Nous sommes devenues des... Des... Ils disent que...

Des choses horribles, des insultes qui auraient fait sombrer n'importe quelle femme, n'importe quelle sorcière ; mais Natacha, ayant déjà fait son choix, était coincée là. Elle devait se murer dans le silence, chacun de ses mots était un faux pas. Ses maux étaient traités de mensonges, on blâmait la mauvaise mère, la politicienne déchue qui avait oublié son enfant au profit d'un vain combat. Et, partout, au fond, les gens pensaient que cette mort avait été causé tout autant par sa négligence que par les desseins de Camille Dubois.

NATACHA · Mais... Si ton cœur est déchiré comme le mien... Alors je sais que tu n'aurais pas fait ça. Que tu n'aurais pas laissé ta fille...

Elle se coupa. Non, elle ne pouvait même pas recopier ces horribles rumeurs. Elle ne pouvait pas, même par ironie, se faire la voix d'Alanna. Alors, elle se reprit, retrouva une vague assurance dans sa voix ; la fermeté qu'elle avait perdue depuis qu'elle avait mis ses combats de côté.

NATACHA · Alanna Spall m'a tué, tout comme elle a tué Elyos, Faith, Oryæ, Lyanna. Elle nous fera tous sombrer, elle...

Le sel d'écaille, c'était elle, elle en était persuadée ; cette meurtrière vicieuse qui ne se salissait pas les doigts. Celle qui pouvait dire qu'elle n'avait jamais vu ces enfants, et qui, pourtant, avait provoqué à sa façon la chute des trois.

NATACHA · Après nous, ce sera toi. Fuis, pendant qu'il est encore temps. Ce qu'elle a effacé dans ton esprit... Cela ne vaut pas la peine de le récupérer. Pars, et laisse-la t'oublier.

Elle plaça sa main invisible sur celle de sa rivale, dans un geste presque amical. Elle n'aimait pas Camille Dubois. Mais elles partageaient leur deuil, leurs drames. Et, par ce geste-là, elle se devait de la protéger de l'éternelle souffrance dans laquelle Alanna Spall l'avait plongée.

NATACHA · Ne la laisse pas t'emprisonner comme elle l'a fait avec moi.

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Poudlard
Adulte
Titre : Re : exile.
Créé : 21/10/2025 à 19:32:40

Cette réalité était vraiment dérangée. Elle ressemblait à un pull qui la grattait horriblement. Même cette version de Natacha, n'était qu'une pâle copie. Une copie de sa Natacha. Sans s'en rendre compte le possessif lui était venue à l'esprit immédiatement. Et si son fantôme l'exaspérait 80% du temps, surtout lorsqu'elle se mettait en tête de faire des actions contre l'Organisation, au moins elle agissait. Celle là ressemblait en fait... Elle ressemblait à un véritable fantôme. Ailleurs. Vivant dans un monde où elle n'aurait jamais accès.

L'appartement était le même et non. Il semblait mort. Fané. Comme cette Natacha. Elle s'assit pourtant dans ce canapé qui expulsa une quantité forte impressionnante de poussière. Depuis combien de temps un mortel ne s'était pas assis ici ? Chassant tout de suite les pensées parasites de Natacha et elles, bien vivantes sur un canapé presque similaire, la sorcière se concentra pour écouter son ex-rivale.

Heureusement qu'elle maitrisait parfaitement l'Occlumancie car sinon la mage noire aurait probablement détruit quelque chose. Faith Fawley avait encore tout fait raté. Faith et sa minable vie. Faith qui malgré son insignifiant pouvoir, avait malgré tout une sacrée influence sur la destinée, pire sur la sienne et celle de sa fille. Mais lorsqu'elle entendit l'accusation, fausse évidement, elle savait très bien d'où venait ce sel d'écaille et ce n'était pas de l'Organisation, un des précieux bibelots plein de poussière de Natacha explosa en paillettes de verre.

Camille se leva, fébrile de colère, sa main agrippant si fort sa baguette que ses jointures blanchirent. Elle ne disait rien mais même ses barrières mentales ne pouvait retenir la colère qui s'y écrasait.

« Mais... Si ton cœur est déchiré comme le mien... Alors je sais que tu n'aurais pas fait ça. Que tu n'aurais pas laissé ta fille... »

Elle se retourna, les flammes d'une colère sombre dansant dans ses iris pâles.

« Mourir ? Ma fille ? Alors que je fais tout pour la sauver ! Encore ! Rah, cette maudite Alanna ! Si j'avais le temps, je la tuerai une seconde fois ! »

Ne parvint-elle a réprimer, et ce fut un livre qui explosa cette fois-ci dans une gerbe de papier. Écoutant à moitié les paroles de cette Natacha complétement vaincu, elle ne put que la juger cette fois, la regardant pour la première fois avec une certaine attention, elle laissa cette main fantomatique se poser sur la sienne avant de se reculer.

« Je te trouve plus amusante lorsque tu me sors de grands discours sur la liberté, бабочка »

Articula-t-elle, ne pouvant s'empêcher de faire échos à des souvenirs qu'elle savait que le fantôme n'avait pas. Après tout cette fouille commune avait eut lieux à cause de Faith Fawley...

« Je comprends mieux à présent... Ce n'était pas cette excursion le problème, ou pas totalement. Le problème a toujours été cette gamine. Ou du moins ses interactions avec nous. Mais je ne peux pas la tuer, je n'ai pas encore la solution pour l'Héritage... L'Héritage dont ma mère était au courant... Je peux remonter et changer ces termes. Lyanna ne se sentira pas obligée alors de prendre la défense de cette enfant stupide... Oui ! »

Son regard perdu dans ses propres pensées qu'elle marmonnait à voix haute sans même faire attention à ce que Natacha pouvait en penser, revint se fixer sur le fantôme. Elle s'approcha et sa main frôla la joue, ou plutôt ce froid glacial correspondant à la joue de la russe.

« Sans Faith, tu retrouveras ton fils. Je suis désolée, бабочка, je n'ai jamais voulu t'infliger cela. Je ne sais que trop bien ce que cela fait de perdre la part la plus précieuse de son âme. »

Sa main chercha alors dans les poches de sa cape, délogeant une nouvelle gemme qu'elle écrasa sans sourciller. Et assez étrangement, alors que la fumée l'avalait ainsi que le Temps, elle se rendit compte qu'elle y retournait pour sa fille, oui, mais également pour elle. Pour revoir cette flamme, ce feu, qu'elle avait appris à apprécié dans le regard de son бабочка.


C'est Camille Dubois, évidement.

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Retraité
Traître à son sang
NaDiJem Trio
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Serpentard
5e année
Titre : Re : exile.
Créé : 28/10/2025 à 23:45:27

NATACHA · Une seconde fois ? Mais...

Que disait-elle ? Camille avait réagi avec colère à l'annonce des évènements de ces derniers mois, une fureur telle qu'on eut cru qu'elle découvrait ce qu'Alanna avait tramé depuis des années. La mage noire enrageait, légitimement certes, mais de manière étrange, inhabituelle ; dans un excès qui, même pour elle, paraissait dément. D'ailleurs, lorsque Natacha lui demanda d'expliquer en quoi elle pensait avoir déjà tué la femme que qui pullulait dans les médias et dont l'immortalité était déjà gravée sur des papiers blanc cassé, Camille plongea dans une réflexion cryptique, un sourire fantôme aux lèvres.

CAMILLE · Je te trouve plus amusante lorsque tu me sors de grands discours sur la liberté, бабочка.

Le fantôme fronça les sourcils. Comment l'avait-elle appelée ? бабочка ? Camille parlait-elle russe ? Ce n'était peut-être pas si étonnant, après tout, elle avait dû avoir des liens avec le CAMP... Mais pourquoi ce nom ? Décidément, les courbes de cette sorcière déchue se transformaient en point d'interrogation. Une ponctuation au goût amer, curieux, à la saveur de déjà-vu issu d'un autre temps. Cela dit, depuis la mort de son enfant, plus rien n'était doux, et elle n'avait pas l'esprit assez fort pour faire face à de telles questions. Alors, dans une faiblesse d'esprit, elle déduisit que dans sa folie, Dubois s'était simplement trompée de nom...

NATACHA · Non, non, moi c'est Natacha...

Mais cela avait à peine été entendu ; déjà, la mage noire se plongeait dans un soliloque fou et incohérent, dans lequel il était bien impossible pour la défunte de se faire une place. Elle parlait d'héritage, de Lyanna, d'une enfant... La voilà repartie dans des histoires de famille, des drames inutiles et depuis bien trop longtemps fanés. Mais Natacha comprenait cette folie enragée ; n'aurait-elle pas ressenti la même, si elle avait encore un cœur pour battre et une chair pour agir ? Elle avait été éteinte de toutes passions ; mais, au fond, elle aussi aurait aimé ainsi crier... Mais comme Camille le disait si bien, une partie de son âme lui avait été retirée. Elle n'avait plus assez pour penser.

En un éclair, Camille disparut, laissant l'appartement vide de présence, vide de voix avec qui produire l'illusion d'une humanité. Alors, Natacha soupira ; cette sorcière ne pouvait pas être sauvée. Et, bien vite, la défunte repartit dans une vie d'ennui, ignorant le grain de sable que cette rencontre avait posé dans les rouages de son inanimité.


★ ★ ★

Il suffisait d'un rien ; d'un geste, d'une volonté étrangère, d'un acte déplaçait, et les destinées changeaient. Chaque moment, chaque histoire était un pilier construisant ce que l'on devenait.

Une chose différait, et le monde s'écroulait – un destin était changé, et les vies telles qu'on les connaissait se retrouvaient défigurées.

Qu'est-ce que Camille, dans sa rage, avait provoqué ? Seule elle pourrait vous l'expliquer... Mais ce que nous pouvons vous dire, vous, ce sont les effets...


★ ★ ★

PRÉSENT

Les draps étaient blancs et la lumière dorée ; la chambre baignait dans la clarté, comme si elle était enchantée. Enchantée, d'ailleurs, Natacha l'était ; du moins c'est ce qu'on pouvait imaginer, alors que le printemps commençait à se manifester. Un sourire éclatant s'épanouissait sur son visage, créant des rayons de joie autour de ses yeux bruns. Quelques fils d'argent dans sa chevelure créaient autour d'elle comme une auréole de lumière, alors qu'elle posait un baiser sur les lèvres de la femme couchée à ses côtés.

NATACHA · Hey, Camille...

Sa voix était douce, étonnamment calme et dénuée de drames, de douleurs et de tragédies. Si la défunte du monde précédent n'était plus qu'un amas de tristesses, la vivante de celui-ci semblait apaisée, pleine d'une vitalité douce, d'un charme propre à ceux qui n'ont pas connu de nuages à l'horizon depuis déjà bien longtemps.

Son absence de trouble, elle la portait comme une robe, presque nonchalamment ; elle ne semblait même pas y penser, lorsqu'elle attrapa sa baguette, faisant briller un anneau à son doigt gauche, et faisant voler jusqu'à sa compagne un plateau flottant, portant une tasse de thé et deux croissants.

D'un geste doux, Natacha caressa la silhouette de Camille et, dans ce geste, dévoila son bras, dénudé mais décoré de deux ornements ; au niveau de son épaule, un papillon était délicatement tatoué, déployant ses ailes sur cet espace peau libéré.

Et, quarante centimètres plus bas, au creux de son coude, c'était la rune Pertho qui ornait le corps vivant de Natacha.


NATACHA · Prête pour nos noces d'argent ?

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Titre : Re : exile.
Créé : 29/10/2025 à 18:42:28

Une respiration. Une aspiration.

« Qui es-tu ? »

Un vide. Un silence. Des iris similaires. Une surprise. Un choc.

« C'est toi... J'ai réussi... Tu es... »

Elle bredouille. Ne sait pas quoi dire. C'est étrange après tout, Cassiopée Fawley savait toujours quoi dire.

« Tu es... parfaite... »

Un recul. Du dégoût face à cette enthousiasme maternel. Mais elle avait réussit. Réussit à saisir son poignet.

Sa rune avait brulé, transperçant son poignet comme un clou rouillé. Passé. Présent. Des images courant dans son esprit. Aspirée par Cassiopée comme un trou noir vorace.

Surprise lorsque l'Héritage avait surgit. Néant. Elle ne savait pas. Elle ne connaissait pas la réponse.

Et c'était finit. Camille avait été aspiré dans le temps présent. Rageant sur cette gemme gâchée. Elle n'avait même pas songé que cette rencontre avait peut-être tout changé...

* * *

Lumière. Douceur. Amour. Cette Camille avait bien brisé son âme pour s'arracher à la domination de sa mère, mais avait trouvé également la force d'aimer à nouveau. Grâce à son âme sœur. Natacha. L'amour qui avait été plus fort que tout. Plus fort que les machinations de Cassiopée, qui perturbée pour une quelconque raison, n'avait pas correctement effacée les souvenirs de sa fille. Celle-ci les avait retrouvé dans leur entièreté après l'enterrement de sa mère et avait lutté pour la liberté de son бабочка.

Alors que cette Camille ouvrait les yeux, souriait paisiblement à celle qu'elle aimait plus que son âme, il y eut un bruit semblable à celui du tonnerre. Un instant, le temps sembla se détendre, puis revenir comme un élastique, comme si on tentait de faire entrer quelque chose par la force. Quelque chose qui n'appartenait pas à ce temps. A cet univers.

Un instant, elles furent deux. Celle qui était entière et celle qui était brisée. Leurs mains. Sa main. Se tendirent comme dans un miroir où tout n'était pas exact. Alors, elles ne furent qu'Une.

Pour Natacha ce fut comme si tout d'un coup on remplaçait sa femme par une autre version, avant que, comme un bug, elle ne revienne. Ou pas vraiment. Son regard hagard, désorienté, ce n'était pas elle. Ce regard qui traversait son propre corps, tendant les mains devant elle, fronçant les sourcils devant ce corbeau qu'elle découvrait sur son épaule, les runes beaucoup moins nombreuses. Et ses... son regard se vida un instant alors qu'elle traitait l'intérieur même de son esprit. C'était comme si, elles étaient deux. Se superposant. Ses souvenirs et ceux de l'Autre. Ils ne coïncidaient pas et bientôt ne furent même plus accessible.

Dans un saut souple, elle se leva du lit, s'écartant de Natacha sans faire attention au fait qu'elle était quasiment nue. Dans un rougissement, elle attira à elle un déshabillé de soie noir et s'enroula dedans. Son cœur battait à rompre, malgré ses murailles d'Occlumancie. Pourquoi ? Pourquoi se sentait-elle si... fragile ?

Et alors son visage se releva et elle croisa celui de Natacha. Brillant. Inquiet. Vivant. Le choc coupa son souffle déjà erratique.

« Tu es... Balbutia-t elle, dans un écho de sa propre mère. Sa main agrippa une table de nuit, faisant basculer un bibelot qui se brisa sur le sol. Tu es vivante. Comme retardé elle vit sa main, sa bague, celle identique sur le doigt de la jeune femme. Le choc la fit vaciller à nouveau. Un instant sa vision s'obscurcit. Nous sommes... Toi... Moi... »

Elle allait faire un malaise. Camille Dubois. Échappée de la mort plusieurs putain de fois allait faire un malaise car elle était mariée. A Natacha qui plus est. Elle ne savait pas ordonner toutes ces émotions brulantes, violentes, qui explosaient dans son esprit avant de réchauffer son corps, tordant ses entrailles au passage. Une véritable torture si vous lui demandiez son avis.

Son regard vague, essayant de maintenir des barrières mentales difficilement, elle murmura une seule et unique question. Il fallait la réponse à cette question, après elle pourrait paniquer.

« Ma fille. Lyanna ? Est-elle ... ? »


C'est Camille Dubois, évidement.

« You break the rules and become a hero. I do it, I become the enemy. »








































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Titre : Re : exile.
Créé : 30/10/2025 à 00:51:29

Un éclat de tonnerre déplacé rythma la main de Natacha, se perdant sur les hanches de sa femme de vingt-cinq années. Cela faisait trente-trois ans qu'elles s'étaient rencontrées, au détour d'un couloir de Poudlard, et cette rencontre avait tout changé. Leur passion avait été la condition de possibilité de leurs libérations mutuelles ; et, dès leur premier baiser, leur avenir commun avait été scellé. Du moins, c'est ce que la russe, parfois trop rêveuse, aimait croire. Ce lien d'âme qui les faisait brûler d'une même flamme, elle l'avait ressenti dès le départ ; Camille avait été magnétique, l'attirant à elle avec quelque chose de plus fort que toute magie. Elle lui avait fait connaître le bonheur ; et désormais, elle le faisait perdurer en partageant son lit toutes les nuits.

Elle était si belle, dans sa tranquillité... La mage noire était une œuvre d'art incarnée. Et si beaucoup s'arrêtaient aux tendances sombres de la sorcière, Natacha voyait à travers ces sacrifices faits pour s'émanciper. À chaque moment, elle sentait le cœur battre sous la poitrine de celle qu'on accusait d'insensibilité ; et souvent, on disait que la russe était la voix de la prudence et de la mesure, les lèvres bordeaux qui susurraient à l'oreille de Camille pour modérer ses propos.

Ce poste de l'ombre lui convenait. Les regards sur elle la fatiguaient, elle ne trouvait aucun plaisir dans la représentation permanente qu'il fallait donner ; cela la ramenait aux temps où elle portait une autre bague, plus froide, et où elle était venue supplier Cassiopée de la libérer de ce mariage empoisonné.

L'art de Cassiopée avait tué Vladimir ; avec un tatouage, elle avait pensé contrôler le papillon qu'était Natacha. La troisième œil lui avait promis un accès direct à ses visions, qui dura quelques mois, dans le plus grand des secrets – même Camille, à qui les souvenirs n'avaient pas encore été rendus, ignorait tout cela. La légilimens plongeait dans ses pensées, offertes en échange de sa liberté, se frayait des chemins dans ses instincts. Pendant quelques semaines, Natacha lui avait donné sa dignité et sa pudeur, acceptant tous les sacrifices en échange du temps que cela lui donnerait avec la femme qu'elle aimait, selon les promesses de celle avec qui elle contractait. Attirée par ce nouveau jouet, dans lequel elle cherchait la confirmation d'un évènement passé, Cassiopée avait accordé moins de temps à sa constante surveillance de Camille – et, lorsque cette dernière fêta sa dix-septième année, la mage noire s'était effondrée.

Ce maigre sacrifice avait payé ; depuis, Natacha et Camille ne vivaient plus que de bonheur. Malgré les protestations, l'Organisation s'était transformée – sous la tutelle de Camille, le pôle Progrès s'était développé, la recherche se liant à une structure d'enseignements pour jeunes sorciers, dans laquelle la mage noire elle-même transmettait, sous des regards admirateurs, ses talents de potionniste. Natacha, quant à elle, se chargeait de la Politique, opérant un retournement complet vis-à-vis des opinions précédentes. Ce serait la Révélation, sans la domination ; l'intelligence stratégique, l'alliance avec les moldus pour permettre des combats plus grands. Sans être anarchistes, l'Organisation se voulait progressiste – et si cela avait opéré un tri indéniable dans ses soutiens, la structure s'était reformée, plus petite mais plus apaisée. Natacha était une femme d'action, et pour cela, elle était respectée – elle se rendait elle-même sur bon nombre de terrains, en toute discrétion, et menait seule ses enquêtes, remplissant d'informations utiles les dossiers de la communauté.

Mais aujourd'hui, l'Organisation n'importait pas ; c'était leur anniversaire, et Natacha avait tout prévu pour le fêter. Vingt-cinq ans de mariage, un quart de siècle de pur bonheur et de liberté, cela se célébrait.

Mais dans un sursaut, la femme à côté d'elle s'était levé. Quelque chose clochait.

    CE N'EST PAS CAMILLE.


Son instinct avait parlé, alors qu'elle fronçait les sourcils, observant sa femme dissimuler sa nudité. Pas Camille ? Était-ce une espionne ? Un instant, les muscles de la russe se tendirent, son poing se referma sur sa baguette et...

    CE N'EST PAS TA CAMILLE.

Cette précision changeait tout. Dans un geste d'évidence, elle posa son arme et, à son tour, se leva, faisant voler jusqu'à elle une chemise cuivrée, qu'elle commença à boutonner tandis que Camille bégayait. Elle semblait surprise de voir Natacha vivante et, d'autant plus surprise de voir les alliances qui les décoraient.


NATACHA · Oui, nous sommes mariées... Et même l'insupportable Spall n'aurait pas l'audace pour me tuer.

Un rire cristallin s'échappa de ses lèvres, dans un calme étonnant, tandis que ses yeux, brûlant de curiosité, ne pouvait s'empêcher de dévorer sa femme du regard, comme à la recherche d'une unicité, de quelque chose qui pourrait expliquer...

CAMILLE · Ma fille. Lyanna ? Est-elle... ?

Lyanna ? Ce nom était inconnu à ses oreilles. Le seul auquel il faisait écho était celui d'Alanna, mais de toute évidence, ce n'était pas celui donc cette inconnue au visage familier parlait. D'un murmure doux, elle répondit, s'asseyant sur l'accoudoir d'un fauteuil :

NATACHA · Nous avons bien des filles mais... Je ne connais pas de Lyanna. Désolée.

Elle affichait un sourire triste ; elle ne savait pas ce que cette femme cherchait, mais elle comprenait d'où elle venait. Son existence avait été le sujet de bon nombre de discussions, têtes enfoncées dans leurs oreillers. « Et si une chose avait changé, si un battement d'ailes avait tout ruiné ? ». Leur bonheur était si parfait ; les planètes, pour elles, s'étaient alignées. Mais si quoi que ce soit arrivait...

Elles s'étaient faites la promesse, alors, de s'aimer dans tous les univers, toutes les temporalités. De s'aider coûte que coûte, pour préserver l'harmonie parfaite de leur foyer. Et aujourd'hui, enfin, était venu le temps de tester cette promesse. Mauvaise date, étonnant moment ; mais quand Camille apprendrait...


NATACHA · Camille et moi, on savait que ça finirait par arriver. Assieds-toi, voyons, je ne vais pas te... Enfin, si tu me penses morte, je ne sais pas de quoi tu as peur, mon amour, mais...

Elle sourit ; encore un rire, naturel et léger, tandis que le regard auquel elle faisait face était inhabituel, brisé. Il y avait quelque chose dans la glace de ses yeux paniqués qui dévoilait un trouble bien plus grand que celui que Natacha, ayant longuement rêvé de cela, pouvait imaginer.

NATACHA · Dis-moi donc. D'où viens-tu, et comment puis-je t'aider ?

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Titre : Re : exile.
Créé : 02/11/2025 à 22:56:04

Si la Natacha précédente était brisée par l'échec, celle-ci semblait apaisée, complète, de la victoire. C'était étrange de la voir ainsi. Ainsi qu'en chair en os. A nouveau elle sentit la peur faire accélérer son rythme cardiaque ainsi qu'un dégoût de son propre corps qui lui semblait bien faible à réagir ainsi à chacune de ses pensées. Cette version ne faisait-elle pas d'Occlumancie régulièrement ?

Comme dans un souffle, une pensée lui répondit, elle n'en avait plus besoin depuis des années. Depuis la mort de Cassiopée à vrai dire. Natacha avait réussit à lui démontrer qu'il ne servait à rien de s'enfermer dans son propre esprit, qu'elle pouvait s'ouvrir et être en sécurité. Petit à petit, alors, l'adolescente hautaine de Serpentard s'était alors ouverte, s'était permise d'aimer à nouveau, de confier sa fragilité à son âme sœur.

C'était quelque chose que Camille ne pouvait saisir. Dans sa propre réalité, elle en avait été proche après tout, proche de laisser l'Amour prendre le dessus. Son amour pour Lyanna. Et elle l'avait perdu. Brutalement. Injustement. Car la vie lui avait prouvé maintes fois qu'elle ne pouvait pas se reposer sur quelqu'un. Mais qu'elle pouvait l'utiliser. Elle devait comprendre ce qu'il s'était passé pour réparer son propre avenir. Elle ne savait pas combien de temps elle pourrait rester dans ce corps qui lui résistait déjà. Même faible, c'était toujours elle.

Cette Natacha voulait l'aider. Soit. Probablement pour retrouver la version qu'elle connaissait et qu'elle aimait.

« Tu dis que nous avons des filles ? La questionna-t elle sans répondre à ses questions, d'une voix d'où perçait encore la méfiance. Qui ? Comment ? Qu'avons nous réalisé... Ensemble ? »

Car dans cette réalité, il semblait qu'elle formait un duo. Attendant une réponse, son regard se posa sur plusieurs objets de la pièce. Elle ressemblait à sa chambre dans sa propre réalité et pourtant elle était différente. L'influence de Natacha était partout. Dans les petits bibelots ajoutés ici et là. Dans ce tableau, accroché au mur, qui ressemblait à celui qu'elle avait vu dans l'appartement de la Natacha brisée. Ses sourcils se froncèrent, il semblait comme un élément permanent. Toujours sur son chemin. Cela voulait dire que dans cette réalité aussi se trouvait son auteur.

« Faith Fawley, grogna-t elle, mécontente, où est cette gamine dans cette version ? Qu'a-t elle fait ? Pourquoi son ignoble tableau se trouve-t il dans notr...dans cette chambre ? »

Comme si la destinée avait décidé de lui répondre, la porte s'ouvrit soudainement, laissant apparaitre une chevelure blonde. Un instant, le coeur de Camille sembla louper un battement, croyant reconnaitre sa Lyanna. Mais ce n'était pas elle. La jeune fille n'avait pas le charme vélanique malgré son évidente beauté. Elle était d'ailleurs si souriante, si heureuse, que cela la rendait beaucoup plus jolie que dans la réalité de Camille. Elle portait une robe de sorcière colorée, propre, ses cheveux étaient soigneusement coiffés et son regard pâle pétillait, et était bien plus vivant car elle ne prenait aucune drogue dans ce monde-ci. Elle apportait un plateau où trônait un gâteau enchanté pour que le glaçage ressemble à une peinture représentant Natacha et ... Camille, dansant dans les bras l'une de l'autre.

Faith Fawley le posa sur une petite table et se jeta dans les bras de Camille qui, stupéfaite, n'esquissa aucun geste, telle une statue de glace. Puis partit embrasser d'un baiser léger sur la joue, Natacha. Dans son geste, sa manche évasée laissa entrevoir une rune gravée sur son bras.

« Joyeux anniversaire de mariage, Mères ! Vous êtes déjà réveillé ! J'avais peur de vous déranger mais j'ai entendu des bruits et puis des conversations alors je me suis dis que vous aviez terminé ... Enfin... Ce que vous vouliez... Enfin que vous étiez réveillé ! Et je vous ai préparé ça ! Il est à votre parfum préféré ! »

Papillonnant, elle mit quelques secondes avant de réaliser que Camille ne semblait pas aussi heureuse qu'elle aurait dû. Natacha était bien loin d'elle, et ne semblait pas la couvrir d'affection. Riant, elle se mit entre les deux sorcières, les mains sur ses hanches.

« Bah alors ? Maman ? Mère ? Vous vous êtes disputés ? Pas aujourd'hui quand même ! J'ai prévu... Ah non si c'est une ruse pour que je vous dévoile mes plans c'est raté je ne dirais rien à propos d'une certaine fête organisé en surprise pour vous deux... Oups. »

Attrapant sa baguette, Camille la pointa sur la jeune fille qui surprise leva les bras, reculant, manifestement confuse.

« Toi !

- Eeeh ! Mais qu'est ce qui se passe ? Tu t'es cogné la tête ou quoi ? »

La baguette de Camille se tourna vers Natacha.

« Qu'est ce que... Par Merlin, pourquoi Faith Fawley m'appelle-t elle maman ? »

Faith se rapprocha d'un pas de Natacha, se mettant sur la direction de la baguette sans la craindre. Sa tête sembla se pencher alors que son regard pâle devenait légèrement plus trouble. Ses sourcils s'haussèrent soudainement alors que sa bouche formait un o parfait. Elle murmura à Natacha sans faire attention que Camille pouvait l'entendre.

« Oh je vois... C'est... Tu m'en avais parlé non ? Une des visions dont nous n'arrivions pas à comprendre les aboutissants ? »


C'est Camille Dubois, évidement.

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Serpentard
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Titre : Re : exile.
Créé : 05/11/2025 à 22:41:20

La baguette de Camille pointée vers elle, Natacha haussa un sourcil, esquissa un sourire en entendant l'interprétation de Faith. Oui, c'était sans doute mieux que la jeune adulte se dise cela – la vraie Camille n'aurait jamais osé, de toute manière, faire un tel geste envers sa femme ou sa fille. D'où qu'elle vienne, celle-ci n'irait jamais lancer un sort, pas sur elle... Même si, étonnamment, elle semblait vouer à Faith une haine nouvelle, sortie de nulle part, probablement injustifiée. Il fallait vite l'éloigner de l'adolescente, avant que la situation ne dégénère de plus belle...

NATACHA · C'est quelque chose comme cela, en effet... Mais il me semble que cette vision est de celle qui ne nous parle pas de l'avenir, mais plutôt de ce qui aurait pu être le présent...

Une vision, voilà ce que cela était, en quelque sorte ; un être qui avait pris possession du corps de sa femme, une réalité alternative... Était-elle venue lui parler pour une raison ? Non, elle avait l'air bien trop déboussolée, bien trop... Autre. Ce n'était pas ce monde-là qu'elle cherchait, elle était tombée dans ce bonheur par accident.

NATACHA · Ta mère et moi avons encore joué avec nos expérimentations... Mais ne t'inquiètes pas, nous serons à l'heure pour ta soir... Ta surprise. Tu devrais rejoindre ton frè– Ne me regarde pas comme ça, évidemment que je sais qu'il est dans le coup. Tu devrais le rejoindre, ta mère doit bien découvrir ce que je lui ai préparé pour la journée... Je t'enverrai un papillon si nous prenons du retard.

Laissant la jeune fille retourner à ses idées de fête, la russe ferma la porte d'un coup de baguette, et isola la pièce, de sorte que les oreilles souvent trop curieuses de leur fille ne puissent s'aventurer auprès de ce qu'il se passait.

NATACHA · Tu as de la chance d'être une bien jolie vision, toi...

Plaisanta-t-elle, incapable de ne pas faire d'avances au simulacre de sa compagne, alors même qu'elle avait tant attendu cette journée. Alors qu'elle se déplaçait de l'autre côté du lit, attrapant au vol un cadre qui la rejoignait, elle posa comme par réflexe sa main sur les hanches de Camille, tandis qu'elle lui présentait, en guise d'évidence, une photo de famille, manifestement prise lors d'un pique-nique.

Au centre de celle-ci, Natacha et Camille se regardaient aussi amoureusement qu'au premier jour, assises l'une contre l'autre. À côté de la russe, on pouvait voir Faith goûter avec appétit une fraise enrobée de chocolat.


NATACHA · Faith est notre fille, on l'a adoptée peu avant ses seize ans... Avec les questions d'Héritage qui la liaient déjà à toi, nous nous sommes dits avec son père que c'était sans doute plus simple comme cela. Elle le voit encore régulièrement, évidemment. Mais elle vit ici, et heureusement qu'elle a accepté... Après tout, c'est elle qui fait les meilleures publicités pour l'Organisation !

La jeune fille regardait en face d'elle Oryæ, bien vivant, qui se servait un verre d'hydromel en riant, comme s'il avait entendu l'exclamation de sa mère. L'adolescent portait sur les paupières des couleurs pailletées, et ses ongles étaient agrémentés de couleurs et de motifs étoilés ; son cardigan bleu clair était assorti à ses lacets.

NATACHA · Oryæ, c'est son frère... Il n'a peut-être pas de liens de sang direct avec toi, mais c'est ton digne héritier. Depuis que tu l'as initié aux potions, il a presque toujours le nez dans un chaudron ! Il passera ses ASPICs dans deux ans, et après cela, il te rejoindra sûrement dans ton laboratoire...

Au milieu de la scène, un cinquième élément faisait tache – une tache de peinture vive, colorée. C'était une enfant, beaucoup plus jeune, portant une robe en jean et des couettes. Elle était allongée dans l'herbe, et cueillit une fleur avant de se tourner vers le photographe, révélant son visage de poupée, visage d'une enfant qui, placée là où elle était, apparaissait comme le véritable sosie des deux femmes mariées. Des cheveux noirs et ondulés ; des grands yeux bruns pleins de bonté. Ses sourcils, ses lèvres, son nez, tout semblait avoir été inspirée, soit de Camille, soit de Natacha.

NATACHA · Et Caitlyn... Elle est sans doute notre plus grand succès. L'Organisation a mis des années pour trouver comment nous pourrions faire, comment je pourrais porter ta fille, comment nous pourrions accomplir notre rêve...

Cela avait été des années de rêves et de déception, de suspense, de questions si fortes que mille fois, elles avaient failli abandonner leur projet. Mais finalement, il y a dix ans de cela, elles avaient réussi, et avaient maintenant ce petit soleil, haut comme trois pommes, dans leurs vies.

NATACHA · C'est ça que nous avons réalisé ensemble, Camille. Pour nous en premier, puis pour des milliers de sorciers. L'Organisation offre des rêves aux gens, et ça, c'est nous qui l'avons fait.

Comme si elle se rendait compte soudainement que ce n'était pas à sa Camille qu'elle parlait, sa main quitta, un peu vite sans doute, le corps de sa visiteuse de la journée, et s'occupa à replacer le cadre sur l'étagère d'où il provenait.

NATACHA · Caitlyn est chez Anastasia pour le week-end – tu connais Anastasia, n'est-ce pas ? Ma sœur... –, elle s'est gentiment proposé de la garder, les grands ont voulu nous organiser une fête, mais il fallait bien qu'on profite de notre anniversaire tout de même... Enfin, je dis ça, mais quand elle partira à Poudlard l'année prochaine, ça nous fera bizarre de ne plus l'avoir !

Troublée, elle s'éparpillait dans ses explications, et de fait – comment expliquer sa normalité ? Qu'est-ce que cette étrangère connaissait, qu'est-ce qu'elle ignorait ? Lorsqu'elle parlait de Lyanna, parlait-elle de Caitlyn, nommée autrement ? Où était-ce une autre fille, complètement différente ? Dans tous les cas, pourquoi semblait-elle avoir peur de Faith, peur au point de la détester ? Certes, cette dernière avait toujours été plutôt proche de la russe, sa mentor, qui lui avait très vite partagé de quoi aimer son don, mais au point de délaisser Camille... Non, cela paraissait improbable. De toute façon, Faith et Oryæ étaient toujours fourrés ensemble... Il y avait dans la nouvelle Camille un mystère, quelque chose qu'elle n'arrivait pas à lire, à imaginer... Elle s'assit sur le lit, afin de faire face à nouveau à ces yeux d'un bleu brisé.

NATACHA · Et toi donc, dis-moi... Qui donc est Lyanna ? Une autre de nos filles ? Et pourquoi... Pourquoi cette réaction à Faith ? Ça ne te ressemble pas... Enfin...

Elle esquissa un mouvement d'incompréhension – Camille avait toujours été très protectrice de leurs enfants, jamais elle n'aurait osé ainsi les menacer de sa baguette... Du moins, jamais avec tant d'agressivité. Les rares fois où elle le faisait, c'était un jeu, pour distraire leur cadette, mais cela ne comptait pas vraiment – Faith avait depuis bien longtemps dépassé ce stade de l'enfance.

NATACHA · Qu'est-ce que tu cherches ? Pourquoi es-tu venue ici ? Es-tu en danger ?

Une réelle inquiétude faisait vibrer sa voix. Qui donc, dans un monde imparfait, avait osé attaquer sa bien-aimée ? Ses yeux brillants suppliaient Camille pour une réponse – un seul mot, et elle agirait. Après tout, c'était toujours comme cela qu'elles avaient fonctionné.

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Titre : Re : exile.
Créé : 06/11/2025 à 14:29:56

Camille ne dit rien au départ de Faith qui la regardait sans peur, et même avec une certaine curiosité. Son coeur rata un battement lorsqu'elle remarqua dans les cheveux de la blonde, placé avec soin, une broche. La broche de sa famille. La broche qu'elle avait offert à Lyanna. Dans ce monde-ci, c'était Faith qui la portait. Elle ne put s'empêcher de sursauter en sentant la main de Natacha sur sa peau, un geste tellement intime que même Stefan ne se permettait pas sans la prévenir. Mais ce n'était que le début des surprises. Ces surprises étaient au nombre de trois. Faith qu'elle avait vu de ses propres yeux, mais également l'enfant de Natacha qu'elle avait retrouvé dans cette réalité et... Une exclamation sortit de la gorge de la sorcière alors qu'elle prenait vivement le cadre, l'approchant de ses yeux sans y croire.

Une enfant. De son sang.

Son coeur se serra douloureusement alors qu'une larme roulait sur sa joue. Elle la toucha de sa seconde main avec surprise. Elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une joie intense juste en regardant cette fillette. Un amour profond que ressentait ce corps et l'autre esprit d'elle-même. Un souvenir la traversa, si réel qu'elle en lâcha presque le cadre. Natacha qui lui montrait une potion révélant qu'elle était enceinte. L'espoir dans son regard. Puis l'accouchement. La première fois qu'elle avait tenue son bébé, sa minuscule petite fille dans ses bras. Elle entendait à peine le discours de Natacha. Elle le ressentait au plus profond d'elle-même.

Pour la première fois, elle fut tentée. Tentée de rester dans ce bonheur. Dans cette vie qui lui semblait si facile. Si belle finalement. Que se passerait-il si elle décidait de partager cette vie avec Natacha ? Pourrait-elle oublier que Faith, qui n'était pas cette Faith, était responsable d'un des plus grands drames de sa vie ? Pourrait-elle unir les deux esprits ou resterait-elle telle qu'une intruse dans sa propre tête ?

Comme venant de loin, la voix de Natacha la tira de ses pensées. Qu'est-ce qu'elle cherchait ? Lyanna. Pourquoi était-elle venue ? Pour Lyanna. Était-elle en danger ? C'était probablement l'autre Camille, celle de ce monde-ci qui était la plus en danger finalement. Gardant cette information pour elle, après tout, peut-être que cette Natacha ne voudrait pas l'aider si elle savait qu'elle étudiait la possibilité d'effacer son âme soeur pour prendre sa place. Mais elle devait savoir. Car son obsession ne s'arrêtait pas comme ça.

« Lyanna... Elle est... ma fille. Elle était tout... Elle ne méritait pas... Elle posa le cadre, son regard se durcissant alors qu'elle rassemblait le peu d'Occlumancie que possédait cet esprit pour construire son discours. Nous cherchions à accéder à d'autres mondes. Nous cherchions à changer le passé. Nous nous sommes confronté à Alanna Spall et Faith Fawley. Faith l'a assassinée... Ma douce fille... Elle détourna le regard. J'ai cherché pendant dix ans une solution. Et c'est finalement toi... Elle réprima un rire ironique. Enfin tu n'as pas voulu partager ta trouvaille. J'ai dû la prendre, la copier. Mais elle ne fonctionne pas correctement. Ses mains se crispèrent en poing. Je ne remonte que quelques secondes dans le passé et j'arrive dans ces réalités... Ce n'est pas la mienne. Ça ne change rien dans la mienne. »

C'était ce qu'elle déduisait de ces deux mondes visités. Elle ne savait pas trop comment mais les gemmes ne la conduisaient pas dans sa réalité. Aussitôt qu'elle touchait au passé, elle était relâchée comme un élastique défectueux dans un monde alternatif.

Ce qui voulait dire que dans son monde, Lyanna était toujours morte. Mais peut être que...

« Mais si Lyanna existe dans ce monde, si elle n'est pas importante pour vous, je pourrais la ramener. Vous resteriez avec vos enfants et j'aurai la mienne... Elle baissa la voix, comme plongée dans ses propres réfléxions et calculs. Si cela marche pareil, elle pourrait prendre son corps, et elle serait avec moi. Oui ! Elle releva la tête, agrippa une des mains de Natacha. Oui c'est surement ça la solution finalement. Je dois juste trouver ma fille et la ramener. »


C'est Camille Dubois, évidement.

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Titre : Re : exile.
Créé : 11/11/2025 à 22:33:47

L'air contrarié, Natacha écouta l'histoire troublante de cette fille qu'elle n'avait jamais connue, de cette enfant assassinée injustement... Lorsque le nom de sa meurtrière fut prononcé, nom qui coïncidait parfaitement avec celui de sa propre fille, un frisson la traversa – elle n'avait connu Faith que comme un éternel rayon de soleil. Comment l'imaginer en meurtrière ? Qu'est-ce qui, dans le monde, avait changé de sorte à provoquer un tel basculement ? Quel battement d'ailes avait été suffisant pour créer un tel ouragan ? Et elle, dans ce monde-là... Pouvait-elle encore commettre une erreur telle que sa Faith en devienne la tueuse de cette Lyanna ?

Camille parlait, racontait, et, bien qu'elle narre de sa voix, ce n'était pas tout à fait elle ; ses gestes étaient différents, ses sourires plus amers, elle semblait se méfier, encore, de ce qu'elle racontait. On aurait dit ces fois où, alors qu'elle lui préparait une surprise, elle ressortait ses dons d'Occlumens pour leurrer Natacha. C'était étonnant ; cachait-elle quelque chose ? Elle proposait un plan, un plan fou, erratique et dérangeant, s'agrippant à la main de la russe, qui n'était même plus tout à fait sûre de connaître cette femme à qui, un jour, elle avait promis fidélité.


NATACHA · Tu voudrais... Kidnapper la Lyanna de ce monde-là ?

Au fond, n'était-ce pas ce qui était proposé ? La troisième œil fronçait les sourcils. La Camille qu'elle connaissait en avait eu, des idées folles, à commencer par le crime originel qui les avait libérées, mais là, c'était d'un tout nouveau niveau – elle ne semblait même pas douter, même pas se poser de questions. C'était une impulsion pleine de rage, une irrationalité qui paraissait au bord de l'explosion. Elle n'avait même pas demandé son avis à sa femme, n'avait même pas réfléchi à un plan ; dès que la graine de cette idée avait été plantée dans son esprit, déjà, elle en imaginait la forêt.

NATACHA · Voyons Camille, même si elle n'est pas importante pour nous, elle doit bien l'être pour quelqu'un, tu ne penses pas ? Nous ne pouvons pas juste...

Caressant de son doigt la main de Camille, Natacha n'en était pas moins confuse par cette proposition. Plus la Camille étrangère parlait, moins elle la reconnaissait. Était-elle, dans cet autre monde, si différente de celle qu'elle aimait ? Elle ne savait plus que faire de ce visage qu'elle adorait, de cette peau qu'elle désirait effleurer, mais dont elle ne retrouvait pas la douceur... Elle n'arrivait même pas à savoir si la femme qu'elle avait en face d'elle, dans la douce tristesse de son regard, l'aimait. Car après tout, si Faith pouvait être une meurtrière, alors, qu'était-elle, elle, là-bas ? La curiosité la brûlait, mais plus le temps avançait, moins elle savait si elle voulait véritablement connaître la réponse... À demi-voix, d'un ton craintif, elle demanda :

NATACHA · Dans... Dans ton monde, tu m'as dit que je ne voulais pas te donner ma... trouvaille. Pourquoi ? Pourquoi je ne voulais pas sauver notre fille, là-bas ?

Quelle étrange entreprise était-ce là ; se mettre dans la tête d'une autre et d'elle-même à la fois. Évidemment, elle voulait refuser cette idée folle, proposer une autre solution à Camille, lui dire que si son alter ego avait pu trouver une solution qui fonctionnait, alors, elle le pourrait aussi, et Lyanna pourrait être sauvée sans transformer son monde à elle, ce monde idyllique dans lequel tout était parfait. Car, au fond, c'est cela qui la terrifiait – cette intrusion, cette brèche dans son paradis, elle n'en voulait pas. Son couple vivait en harmonie depuis des années, et voilà qu'une intrue, venue d'un monde imparfait, venait semer le trouble, désirant une brèche dans l'espace-temps qui retirerait à son monde une femme à jamais. Lyanna était une inconnue, elle n'était pas importante, disait-elle. En était-elle sûre ? Et si Lyanna, bien qu'anonyme, était nécessaire à l'équilibre de cet univers ? Qu'est-ce que l'autre Natacha avait pu voir pour refuser de partager sa découverte à celle qui pourtant tout savait ?

UN REMPLACEMENT.

Au fond, ce n'était plus tant le monde présent qui l'intéressait, mais cet autre côté du miroir, cette autre Natacha – elle l'intriguait. Camille était trop secrète à son sujet, au sujet de ce qui l'avait amenée ici, des outils utilisés. Elle n'était pas comme ça, d'habitude – sa Camille était différente, n'essayait pas de protéger ses pensées de celle qui, de toute façon, ne pouvait s'aventurer dans son esprit. Quelque chose clochait.

Continuant de promener son doigt, dans un geste presque rituel, Natacha abaissa ses yeux vers la peau tiède quelle touchait, vers la chair de cette fausse bien aimée. Elle n'aimait pas faire cela, mais...


UN SPECTRE, UNE TOMBE. UN ÉCLAIR, UNE VIVE ÉLECTRICITÉ. UN TROUBLE PLUS GRAND QUE TOUT CE QU'ELLE POUVAIT S'IMAGINER.

Un air inquiet, brièvement, traversa son regard, anima ses sourcils – des images inconnues lui étaient venues, comme écrites dans un langage inconnu. C'était une langue qu'elle comprenait, mais assemblée d'une manière brutale, dépaysante. Chaque trait mêlait connu et inconnu, et la divinatrice se sentait à nouveau comme une débutante du premier jour. C'était un avenir lointain et étranger qui lui parlait – son avenir ? Celui de son alter ego ? De son âme sœur ? Ou de cette Camille inconnue qui venait tout troubler ? Quoiqu'il en soit, c'était un avenir sombre et...

NATACHA · Tu as dit que j'étais morte...

Un murmure vague de réalisation, suivi d'un geste brusque – de sa main libre, elle avait saisi sa baguette, qui se trouvait maintenant pointée sur la poitrine de son interlocutrice.

NATACHA · Quand tu dis que tu as dû prendre mon invention...

Sa voix était ferme, malgré le tremblement de trouble qui la traversait. Son regard, planté droit dans ces yeux qui lui étaient de plus en plus inconnus, trahissait une tourmente d'émotions, prêtes à s'abattre sur la femme qui lui parlait.

NATACHA · Tu n'es pas ma Camille...

Et, en un éclair, tout fut changé. Elle avait promis d'aimer Camille dans tous les univers, de l'aider coûte que coûte, mais celle-ci n'était pas le genre de femme auquel elle et sa bien-aimée s'était préparée. Celle-ci avait une aura de danger, non pas parce qu'elle le fuyait – mais peut-être bien parce qu'elle l'était.

NATACHA · Qui es-tu, vraiment ? Et qu'as-tu fait de l'autre Natacha ? Où donc as-tu envoyé ma Camille ?

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Titre : Re : exile.
Créé : 11/11/2025 à 23:28:14

Camille n'écoutait plus. Elle était perdue dans son espoir fou, dans ses idées encore plus folles de ramener Lyanna dans son monde. Peu importe la vie qu'elle avait ici, peu importe les personnes qui étaient importantes pour elle, ce ne serait jamais mieux que ce qu'elle pouvait lui offrir. Elles étaient destinées à être réunies. Mère et fille.

Son esprit tournait à cent à l'heure, et elle ne fit pas attention au changement de ton de cette Natacha. Au changement dans son regard. Lorsque sa baguette fut pointée sur sa poitrine, un haussement de sourcil s'inscrivit sur son visage.

« Tu n'es pas ma Camille... »

Elle roula les yeux au ciel. Cette Natacha était longue à la détente. Ou... Elle réprima un grognement. Elle l'avait laissé toucher sa main. Et dans cette réalité où elle était bien vivante, son don l'était aussi. Que pouvait-elle avoir saisit avec son troisième oeil ? Rien qui ne l'arrangeait, visiblement.

« Qui es-tu, vraiment ? Et qu'as-tu fait de l'autre Natacha ? Où donc as-tu envoyé ma Camille ? »

Camille soupira, et de la baguette qu'elle n'avait pas lâché lança sans hésiter un sortilège de désarmement sur son interlocutrice. Si Natacha hésitait encore, car c'était le corps de son aimée, ce n'était clairement pas le cas de Camille qui même avec ce corps moins en forme, avait des années d'entrainement derrière elle. La baguette de la troisième oeil vola dans un parfait arc de cercle jusqu'à sa seconde main. Sans baisser sa propre baguette, elle se rapprocha de la sorcière, jusqu'à qu'elle frôle sa poitrine. Sa voix était doucereuse, cherchant dans ses capacités Legilimens pour la rendre tentante, mais sans pouvoir cacher la menace.

« Ce que j'ai fait ou ce que je ferrais dans mon monde, n'est pas ton problème, бабочка. Tu veux retrouver celle que tu aimes ? Alors nous allons retrouver ma fille et je retournerai d'où je viens, avec elle. Ta Camille est au chaud pour le moment, mais... Un sourire glacé s'étira sur ce visage, un sourire que n'avait jamais vu cette Natacha sur ce visage qu'elle aimait tant. Je ne sais pas pour combien de temps. Je...Elle est si... faible. Je suppose que si je le décidais, je pourrais l'enfermer à jamais dans son propre esprit. Et lorsque je repartirais, si je le faisais, tu n'aurais plus qu'une coquille vide à aimer. »

Cette Camille n'était qu'un obstacle à son but, mais également une façon de manipuler cette Natacha idiote d'amour. Se levant et tout en gardant sa propre baguette pointée sur Natacha, elle métamorphosa de l'autre baguette la robe de chambre qu'elle portait en une tenue bien plus familière, du moins pour elle, une tunique d'un noir profond, aux manches échancrées, ainsi qu'un pantalon de cuir, des bottes lacées jusqu'au genoux suivirent à partir de chaussures trouvées dans la chambre. Puis une lourde cape de sorcière, dont Camille nota l’absence des runes habituelles, mais elle ferait l'affaire. Ses boucles ébènes se coiffèrent autour de son visage et un khôl sombre entoura ses iris de glace. Elle rangea ensuite la baguette de Natacha dans une poche contre sa cuisse, et tout en gardant la sienne pointée sur la sorcière lui fit un signe de tête où pointait un sourire mielleux.

« Allons, plus vite j'aurais ce que je voudrais, plus vite tu pourras retrouver ta pitoyable et faiblarde Camille. Elle se rapprocha à nouveau, un parfum de lila suivant à présent ses gestes. La Camille de ce monde ne portait pas ce parfum, ne possédait pas ce genre de vêtement, et n'affichait pas ce regard résolument gelé. Habille toi chaudement, lui ordonna-t elle, nous allons en Norvège. »

Alors qu'elle l'observait obéir à ses ordres, elle n'avait pas vraiment le choix après tout, Camille ne put s'empêcher d'ajouter d'une voix presque cruelle tant elle était froide.

« Finalement, je vois ce que Cassiopée voulait empêcher. Ta Camille n'est qu'une ombre. Tu penses peut être que vous avez eu de la chance avec le destin, une vie parfaite, mais lorsque viendra le danger, vous ne pourrez pas vous protéger. Et encore moins votre petite famille. »

C'était bas, et peut-être faux, car elle ne comparait que ce qui était incomparable, teinté d'une jalousie évidente sur cette vie sans problèmes que menait son alter-ego. Comme elle ne connaissait pas les codes ou tout les tenants et aboutissants de cette réalité, elle assurait sa réussite en emmenant Natacha avec elle. Une fois qu'elle aurait Lyanna, elle l'abandonnerait avec sa Camille qui se taisait bien gentiment, ligotée au fond de son esprit.

« Nous allons transplaner. Pas d'entourloupes ou c'est elle qui le paiera, et si cela ne te motive pas assez, je me vengerai sur cette petite Faith, puis sur cette douce enfant que tu m'as si gentiment montré et dit où elle se trouvait. Elle agrippa le coude de Natacha, lui souriant sans joie. Suis-je claire ? »

Car cette Faith n'était surement pas sa fille, et cette jolie enfant pleine de vie et lui ressemblant, ne l'était pas non plus. Ils n'étaient que des illusions. Des mirages. Des obstacles qui se dressaient entre elle et sa véritable fille, Lyanna.


C'est Camille Dubois, évidement.

« You break the rules and become a hero. I do it, I become the enemy. »








































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Retraité
Traître à son sang
NaDiJem Trio
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Serpentard
5e année
Titre : Re : exile.
Créé : 15/11/2025 à 19:18:02

La baguette avait quitté la main de Natacha sans la faire sourciller ; au contraire, un air de satisfaction la traversa, tandis que son arme rejoignait la cuisse de Camille, sur fond d'un discours se voulant impressionnant. C'était l'exacte confirmation qu'elle attendait, et elle pouvait remercier son troisième œil qui, une fois de plus, lui soufflait les secrets du temps. Peu importe ce que cette intruse pensait, peu importe les grands discours qu'elle donnait – elle avait l'air cruelle, certes, mais la russe avait trois pas d'avance, et elle savait qu'elle pourrait prévenir toute attaque sur la femme qu'elle aimait. Et, indéniablement, sa Camille le savait aussi. Elle lui pardonnerait toute infidélité faire à cette sorcière venue d'ailleurs, dont les intentions n'avaient rien à voir avec leur bien.

NATACHA · Très claire. Tu me permets ?

Un claquement de doigts, et la baguette de Natacha revola droit dans sa main droite, là où elle était supposée se trouver. La mage noire avait beau révéler son terrible visage, Natacha n'avait pas peur – elle connaissait les points faibles de sa femme en duel, et surtout, elle voyait bien que la Camille à laquelle elle faisait face ignorait tout du monde. S'en prendre à Caitlyn ? Quand bien même, elle trouvait l'adresse d'Anastasia, rien dans l'avenir ne lui disait qu'elle serait capable de vraiment porter atteinte à cette enfant, dont le visage lui ressemblait tant. Nous étions dans le monde de Natacha, et, quoi que la mage noire veuille bien penser, elle avait besoin de la troisième œil pour être guidée.

Les projets de sa journée étant néanmoins compromis – elle n'avait aucune envie d'emmener cette femme dans le musée qu'elle avait réservé pour l'occasion, ni de réaliser avec elle la promenade bucolique qui était censée suivre — elle agita sa baguette, faisant voler des vêtements hors de sa penderie. En quelques secondes, un corset vint resserrer sa taille et ses jambes nues se firent habiller d'un pantalon en cuir noir orné de motifs cuivrés. Une cape de mi-saison épousa ses épaules, prête à s'adapter aux caprices du printemps norvégien, et des gants de combat noirs cachèrent ses mains. À ses pieds, de solides bottes lui ajoutèrent quelque centimètres, juste assez pour regarder de haut sa femme de la journée, et leurs lacets cuivrés vinrent s'assortir non seulement à sa chemise, mais aussi aux bijoux qui entourèrent son cou, désormais paré d'une imposante pièce qui, lorsqu'on la regardait de plus près, consistait en un élégant entrelas de runes Pertho.

En quelques gestes supplémentaires, ses paupières se parèrent d'une couleur également métallique, et ses lèvres s'embellirent d'une teinte bordeaux ; ses cheveux, désormais démêlés, s'attachèrent en une coiffure semi-relevée, dégageant son visage tout en ondulant le long de son dos.

Ainsi vêtue, sa silhouette n'avait plus rien de la fragile intimité révélée par sa nudité matinale ; son corps était désormais puissant, miroitant la force de sa magie, celle qui lui avait permis de s'élever avec sa femme dans le confort dont bénéficiait cette inconnue sans même le remarquer. L'élégance des tissus, des motifs de sa tenue témoignait de sa richesse et de sa gloire, et son regard, devenu froid, révélait l'aura de la sorcière qui était. Il n'y avait, en elle, plus aucune tendresse – l'autre Camille avait perdu tous ces droits à cela. La sorcière qui apparaissait désormais en face d'elle était celle qui, dans ses quelques apparitions publiques, suscitaient rumeurs et chuchotements, celle qui avait réconcilié puissance et douceur et dont les stratégies étaient craintes par leurs adversaires politiques. Camille voulait se servir d'elle ? Très bien, mais elle devrait aussi la supporter.


NATACHA · Plus tu me fais confiance, plus vite tu parleras à Lyanna. Crois-moi, il vaut mieux pour toi que ma baguette soit en ma possession...

À ces mots, elle se drapa d'un enchantement de protection, juste assez fort pour que Camille puisse en sentir l'apparition, avant de rattacher ce qui lui revenait de droit à sa ceinture. Plus vite cette imbécile rentrait dans son monde, plus vite elle pourrait profiter de sa journée – alors, autant lui donner ce qu'elle voulait. Après tout, si elle était à l'origine de l'invention initiale pour traverser les mondes, elle pourrait bien trouver comment sauver celui-ci de l'absence de Lyanna. Elle n'avait plus le cœur à rire, seulement à se débarrasser de cette vermine qui avait pris possession du corps de l'amour de sa vie.

NATACHA · Pour ta gouverne, tu es d'une fadeur sans nom. Cet air subversif que tu essayes de prendre te donne l'air d'une adolescente, et je ne suis pas surprise d'apprendre que tu n'avais pas la force d'être mère...

Alors que la main de Camille effleurait encore son coude, de vagues échos du temps, intraduisibles et ineffables, lui soufflaient des indices sur les faiblesses psychologiques de sa rivale nouvellement trouvée. Celle-ci essayait de la menacer ? Natacha n'avait pas peur des paroles en l'air, des mensonges de cette langue de vipère. La femme à qui elle parlait n'était qu'une petite peste, et elle n'avait aucun mal à laisser passer au-dessus de sa tête les insultes que celle-ci faisait à sa femme, et les menaces qu'elle proférait envers ses enfants. Elle faisait face à une gamine coincée dans un corps de cinquante ans, pensant encore que la magie était un jouet pour répondre à ses caprices. Elle était curieuse de rencontrer cette fameuse Lyanna, sa fille d'un autre monde, mais elle n'aurait aucun mal à dompter cette version de Camille.

NATACHA · Complais-toi dans ton malheur si ça te plaît, cela ne fait pas de notre bonheur une faiblesse. Nos enfants sont tous heureux et en sécurité, et, à te voir, il y a une très bonne raison pour laquelle notre Cassiopée a fait en sorte que Camille puisse m'épouser...

Puis, haussant les épaules, elle s'interrompit, d'un air aussi impatient qu'innocent :

NATACHA · Donc, la Norvège ? Je n'ai pas toute la journée.

Directrice adjointe
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Bienfaitrice du WHP
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : exile.
Créé : 23/11/2025 à 23:50:58

Dans n'importe quelle réalité, le froid de la Norvège était le même. Un vent glacial soufflait sur les deux silhouettes qui venaient d'apparaitre au pied d'une villa moderne. Un soulagement vite dissimulé était apparut sur le visage de Camille à la vue de cette villa, qui ne semblait pas si différente de celle qu'elle avait connu dans sa réalité. Une preuve que son plan précaire allait fonctionner. Elle prit la tête de la marche, confiante, sans un regard pour qui n'était qu'une pâle copie, prétentieuse, de la Natacha qu'elle avait appris à connaitre dernièrement. Pourtant, elle ne pouvait nier que cette parcelle de "ce qu'elle aurait pu devenir" attisait sa curiosité. Elle était plus affirmée, plus puissante, plus maitre d'elle-même qu'elle ne le serait jamais en tant que fantôme. C'était comme si, dans ce monde, Camille n'avait pas eu à devenir aussi impitoyable, à la recherche de plus de pouvoir, car elle avait toujours été épaulée. Etait-ce pour cela que Cassiopée avait renoncé dans ce monde à l'éliminer ? Avait-elle parié sur un duo et non pas seulement sa propre fille ? L'idée était bien trop perturbante pour que Camille laisse ces idées tâcher son esprit. Elle devait se concentrer sur son plan, une fois Lyanna rentrée, elle pourrait oublier cette réalité étrange qui fonctionnait sur un "et si ?".

Mais bien vite la mage noire perdit son sourire suffisant. Dès qu'elles franchirent la porte, la sorcière remarqua des détails qui affrontait sa vision planifiée idyllique. Il n'y eut pas d'elfe qui vinrent les accueillir, et seul le silence répondit à leur intrusion dans la villa. Une couche épaisse de poussière recouvrait les meubles et les photographies décorant le hall ainsi que le séjour.

Personne n'habitait plus ici depuis plusieurs années.

Se sentant tel un fantôme, Camille avança dans la villa, qui sans l'électricité moldue, ressemblait à une sorte de maison témoin prête à être utilisée pour de l'URBEX. Le coeur de la sorcière rata un battement lorsqu'elle saisit une photographie et essuya d'un mouvement de pouce la poussière qui recouvrait le visage souriant de sa fille. Lyanna. Elle était telle qu'elle s'en souvenait lors de sa cinquième année à Poudlard. Magnifique. Solaire. D'une beauté hypnotisante dû à ses gênes de vélane, mais sans la cicatrice qui avait orné son visage les dernières années. Son regard se détacha de celui de la descendante de vélane pour croiser un autre, malheureusement bien connu. Ses lèvres se pincèrent mécaniquement, ses yeux brillèrent d'une colère mal contenue.

A ses côtés, toute aussi éblouissante, toute aussi belle, une autre femme la tenait par la taille. Aurore. Sa mère biologique. Et sur leur poitrines respectives, les deux femmes arboraient un logo brodé qui fit serrer les doigts de la mage noire sur le cadre, jusqu'à que ses jointures en blanchissent. Un petit soleil représentant une secte dont elles faisaient toutes les deux parties manifestement. Camille releva la tête, se tournant enfin vers celle qui l'avait accompagné sans en avoir le choix.

« Dans ton... ce monde, qu'avons-nous fait à propos des Lighters ? »

Articula-t elle alors qu'elle tentait de prendre les réponses par la force dans son propre esprit. Mais rien de cohérent ne sortait, des images de combat, d'infiltration, de suppression mais ses versions se mélangeaient avec des nouvelles. Elle ne pouvait rien en déduire.

Dans son monde, Aurore avait tenté de récupérer Lyanna lorsqu'elle était dans ses dernières années à Poudlard. Camille l'avait empêché de recruter celle qu'elle avait déjà adopté sans le rendre officiel. Lyanna avait finalement réalisé le choix final, tuant sa propre génitrice et la grand-mère maternelle de Camille, Auriga Fawley, tout en récoltant une cicatrice défigurant une partie son visage de son sourcil à sa joue. Les Lighters étaient dangereux, testant des hybridations humaines afin de contrôler la magie et afin de produire un sujet possédant des capacités hors normes. Ils étaient également à la base de la création du Collyre, cette drogue puissante qui effaçait les souvenirs peu à peu.

Camille reposa le cadre, les autres photographies ne lui apprenaient rien. Quelque unes représentaient Lyanna enfant, puis adolescente. Hans Iversen, son père moldu était étrangement absent, et Camille se demanda si Aurore avait dû s'occuper de lui afin de récupérer l'ascendant total sur sa fille.

Si sa relation avec Natacha avait empêché son adoption, Aurore avait dû avoir le champs libre pour récupérer Lyanna. L'entrainer dans sa vision pervertie du monde, et peut-être pire, l'utilisant dans ses expériences inhumaines. Une peur sourde enfla dans sa poitrine, car pour l'instant, elle n'avait jamais pensé que le sort de sa fille avait pu être pire dans cette réalité. Que sans l'Organisation, Lyanna n'avait été qu'une enfant manipulable, une enfant potentiellement utilisée par quelqu'un d'autre, détruite par une autre. Elle se rapprocha de Natacha, l'urgence dans sa voix transparaissait.

« Natacha, avons-nous détruit les Lighters ? Avons-nous trouvé leurs sujets d'expériences ? »

Des images floues issues de sa propre réalité et celle de cette Camille se mélangeaient encore dans son esprit. Une cuve avec des cheveux blonds flottants. Des tubes reliés à des machines échangeant un sang pour un autre. Une adolescente suppliant qu'on l'achève ou qu'on lui donne une nouvelle dose. De Collyre ? De Sel d’Écaille ? Lyanna ? Ou Faith ? Non Faith était sa fille. Non, celle de l'autre.

Sans faire attention, elle prit sa tête entre ses mains, appuyant contre ses tempes, alors qu'un rire gelé retentissait dans son esprit brisé.



C'est Camille Dubois, évidement.

« You break the rules and become a hero. I do it, I become the enemy. »








































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