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Mot de passe perdu?

Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Poudlard et ses environs

Heavy is the Crown
Professeure
Auror
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Poudlard
Adulte
Titre : Heavy is the Crown
Créé : 13/04/2025 à 17:36:58




Les serres baignaient dans une douce pénombre, bercées par le murmure régulier du vent glissant contre les vitres embuées. La nuit y déposait un silence feutré seulement troublé par le craquement discret d’une racine qui s’étirait ou le frémissement d’une feuille au passage d’un courant d’air. C’était dans ces instants que la Fourchelang trouvait le plus de paix. William, sans doute absorbé par une étude sur quelque plante rare dans la forêt interdite, brillait par son absence, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Au moins, les serres étaient à l’abri d’une catastrophe nocturne. Du moins, l'espérait-elle.

Sur son bureau d’ébène, parmi quelques grimoires ouverts et des fioles aux reflets ambrés, reposait une lettre soigneusement décachetée. L’élégante écriture appartenait à Isolde Darkflare, un érudit du Coven, reconnu pour sa fascination des créatures magiques et la précision redoutable de ses observations. Un allié précieux, aux silences aussi éloquents que ses mots.

Hellia se tenait devant la large baie vitrée de la serre, entre ses doigts, une tasse en porcelaine laissait échapper les effluves sucrés d’une infusion aux fruits rouges. Ce courrier n’avait rien d’un simple rapport. Les mots d’Isolde étaient porteur d'une gravité inhabituelle, assez pour éveiller l'inquiétude de la Fourchelang.

Le sorcier venait de découvrir une révélation troublante au sujet de son épouse Alistair, qui, visiblement, jetait une ombre menaçante sur l’avenir de sa progéniture. Thylas. Le nom faisait rejaillir des souvenirs dans son esprit. Serpentard, assurément. Une élève discrète, appliquée sans être passionnée par la Botanique, mais dotée d’une volonté sincère d’apprendre. Elle se souvenait aussi des paroles de Sixtine, qui lui avait déjà parlé de la jeune fille avec une certaine affection, évoquant son désir de la guider.

Entrer en contact avec Thylas serait donc chose aisée. Et d'après la demande d'Isolde, il fallait agir vite.

Ainsi, à l’aube, une lettre parcheminée reposait déjà sur la table de chevet de la jeune Serpentard. L’encre, d’un noir profond, dessinait des arabesques élégantes. Sa professeure de Botanique l’attendait dans son bureau, dès qu’elle aurait terminé de prendre son petit-déjeuner.

Chroniqueuse VIPère
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Serpentard
2e année
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 13/04/2025 à 19:35:47 - Modifié : 14/04/2025 à 19:09:04

Le réveil avait quelque chose d’étrange, ce matin là. D’abord parce qu’Alioth, son chat, n’était pas venu lui écraser le ventre comme à son habitude, ce qui lui avait presque offert quelques précieuses secondes de sommeil en plus et puis surtout… cette lettre. Elle était déposée avec soin sur sa table de chevet et elle se demandait bien comment elle avait attéri là. Thylas l’avait longuement fixée, les sourcils froncés, méfiante mais elle avait fini par glisser un doigt hésitant sous le sceau.

Le nom de sa professeure de Botanique y était calligraphié avec une élégance un peu intimidante. L’esprit encore embrumé, elle relut les mots plusieurs fois, essayant de comprendre ce qu’elle avait bien pu faire cette fois. À sa connaissance, elle n’avait rien cassé et la dernière fois qu’elle avait quitté la serre, elle avait pris soin de nettoyer ses gants. Tout était en ordre… non ? Mais en pensant à Orphée, le mamba noir de Hellia, une boule se forma dans son ventre. Ce n’était pas à cause d’elle… si ?

Les mots de la lettre continuaient de tournoyer dans sa tête lorsqu’elle entra dans la Grande Salle. Elle mordilla machinalement une tartine, trop distraite pour remarquer qu’elle avait pris de la confiture à l’orange, chose qu’elle détestait. L’amertume sur sa langue la ramena à la réalité et incapable d’avaler une bouchée de plus, elle se leva lentement, évitant soigneusement le regard perçant de Sixtine, qui avait sûrement compris que quelque chose n’allait pas.

Thylas marcha lentement jusqu'au bureau de sa professeure de botanique, les mains croisées dans le dos. Elle passa un bon moment devant la porte et inspira doucement. Ses cheveux teints en vert retombaient sur ses épaules alors qu'elle hésitait à toquer. Au bout d'un moment, elle prit enfin son courage à deux maains puis frappa deux petits coups discrets, presque timides.


C’est Thylas, murmura t-elle. Vous m’avez appelée ?

Son cœur battait un peu plus fort. Ce n’était pas de la peur, pas vraiment… mais quelque chose dans cette encre noire, dans ces mots pesants, lui avait rappelé ces heures passées, enfant, à rester assise en silence dans le bureau de sa mère. Elle restait immobile pendant que celle ci grattait des notes sur ses recherches botaniques, sans un regard pour elle. Thylas essaya de chasser ses souvenirs d'un coup de tête avant de pousser la porte pour rentrer dans le bureau. La professeure était assise sur son bureau, la fixant d'un regard perçant et Thylas avait déjà envie de faire demi-tour.

Présence réduite

Marraine de Malicia Lestrange <3


Professeure
Auror
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 13/04/2025 à 22:04:09

La nuit, bien que brève, avait été réparatrice. Hellia s’était habituée depuis longtemps à ce rythme effréné propre aux Aurors. Quelques heures de sommeil suffisaient à remettre son esprit en alerte. Assise à son bureau, ses mèches blondes retombant en cascade sur ses épaules, elle avait déjà rédigé et scellé sa réponse à Isolde. Une missive concise mais rassurante, affirmant qu’elle avait bien pris note des informations transmises et que sa fille était désormais sous sa protection. Le ton d’Isolde trahissait une angoisse palpable. Et à juste titre. Mais à Poudlard, Thylas ne risquait rien. Pas tant qu’elle même y veillait, et certainement pas avec Sixtine dans son ombre, attentive à ses moindres faits et gestes.

Pourtant, la révélation qui semblait bouleverser le Magizoologiste ne surprenait guère Hellia. Elle connaissait Alistair depuis longtemps, leur famille gravitant dans les mêmes sphères, leurs chemins s’étaient souvent croisés. À l’adolescence, toutes deux partageaient une passion similaire pour la Botanique, forgeant une complicité sincère autour de plantes rares. Mais les années avaient creusé un écart entre elles. Non par conflit, mais par divergence. Des idéaux opposés, des visions du monde Sorcier différentes. Ce n’était ni une trahison, ni une surprise. Simplement une évidence que le temps avait fini par rendre limpide. Et pourtant, ce n’était pas à elle d’ouvrir les yeux d’Isolde sur les convictions de son épouse. Aussi, elle se garderait du moindre commentaire à ce sujet.

Deux coups discrets, à peine un souffle contre le bois, tirèrent la Fourchelang de ses copies. Elle releva les yeux, sa plume suspendue au-dessus d’un parchemin à demi annoté. Dans l’encadrement de la porte, Thylas se tenait droite, une ombre d’inquiétude dans le regard. D’un signe de tête accompagné de sourire rassurant, elle invita la jeune fille à entrer.

Bonjour Miss Darkflare. Thylas, c'est bien cela ? Je t'en prie, tu peux t'installer.

D’un geste élégant, Hellia désigna un fauteuil en velours, parfaitement assorti à l’atmosphère feutrée de la serre. La lumière filtrée par les feuillages dessinait des ombres mouvantes sur le sol, tandis qu’un discret mouvement de baguette fit apparaître un plateau en lévitation. Il vint se poser en douceur sur le coin du bureau, révélant un pichet de jus de citrouille encore frais et deux verres en cristal ciselé. Avec soin, elle versa la boisson dans les deux verres, puis en tendit un à Thylas.

Tu peux te détendre, jeune fille. Je ne t’ai pas convoquée en tant que professeur de Botanique. Dis-moi plutôt comment tu te sens à Poudlard ? Est-ce que Sixtine t’accompagne bien ?

Chroniqueuse VIPère
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Serpentard
2e année
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 14/04/2025 à 19:08:49

Thylas entra doucement, refermant la porte derrière elle comme si elle craignait de déranger les plantes elles mêmes. L’odeur familière de terre humide, mêlée à celle plus discrète d’infusions et de vieux parchemins l’enveloppa aussitôt. Elle resta un instant figée, les yeux posés sur le fauteuil qu’on lui désignait, hésitante, comme si le simple fait de s’asseoir rendait tout cela réel.

Oui… C'est bien moi Thylas Darkflare.

Elle s’installa prudemment avec le dos droit et les mains posées sur ses genoux, à peine effleurant le velours du fauteuil. Elle jeta un coup d’œil furtif au plateau en lévitation et prit le verre qu’on lui tendait avec une certaine réserve. Thylas n'était pas du genre à se laisser faire ou se faire toute petite, elle disait toujours ce qu'elle pensait mais là, dans ce bureau, avec l’odeur de mousse fraîche et de tisane qui flottait dans l’air, elle avait l’impression étrange d’être redevenue toute petite. Ce n’était pas à cause de la professeure… enfin, pas entièrement. C’était ce quelque chose dans sa voix, dans la façon qu’elle avait de verser le jus de citrouille comme si le monde pouvait bien attendre cinq secondes, exactement comme sa mère.

Cette manière qu’avait Hellia de l’observer sans juger mais sans détour non plus… ça la mettait mal à l’aise.


Poudlard c’est... bruyant, surtout les nouveaux quand ils s’excitent sur les couloirs et les escaliers qui bougent tout le temps, franchement, je suis pas sûre qu’ils soient pas hantés. Il y a beaucoup de gens qui parlent pour ne rien dire mais la salle commune est jolie et… j’aime bien la bibliothèque et les escaliers, même s’ils sont énervants.

Thylas déblatérait des mots sans prendre le temps de respirer, chose qu'elle faisait souvent quand elle stressait. Elle haussa les épaules, tentant un sourire mais ses doigts tapotaient nerveusement le bord du verre.

Sixtine me garde à l’œil comme d’hab, elle me repère même quand je pense à faire une bêtise haha, ce qui est étonnant mais je l'apprécie beaucoup et je n'aurais pas demandé mieux comme marraine. Elle peut se montrer autoritaire dès fois mais elle n'a jamais mis ses menaces à éxécution donc je me la coule douce. Je l'admire beaucoup, oui.

Un silence flotta, et elle lança un regard vers Hellia, presque en coin et hésitant à poser la question qui trottait dans sa tête depuis qu’elle avait lu la lettre.

Dites… vous connaissez ma mère, Alistair Darkflare?

La question était sortie, sans filtre mais sa voix s’était légèrement voilée, pas accusatrice mais juste... prudente.

Enfin, je veux dire, vous êtes toutes les deux dans la botanique, non ? Et vous avez ce même ton là, genre... comme si vous étiez sûres de savoir comment tout allait se passer, même avant que ça arrive. C’est énervant, vous savez ?... un peu rassurant aussi mais surtout énervant.

Elle marqua une pause, plissant un peu les yeux, puis ajouta, plus doucement.

Elle fait ça aussi quand elle m’appelle dans son bureau. Elle parle pas tout de suite, elle verse du thé ou du jus de citrouille et elle laisse du silence... beaucoup trop de silence. Je déteste le silence.

Elle rebaissa les yeux sur son verre et, cette fois, en but une gorgée comme pour noyer tout ça dans le jus de citrouille.

Présence réduite

Marraine de Malicia Lestrange <3


Professeure
Auror
Photographe
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 15/04/2025 à 00:48:55

Thylas parlait à toute allure, les mots se bousculant dans sa bouche comme s’ils craignaient de ne pas être entendus. Son agitation ne trompait personne tandis que face à elle, Hellia demeurait parfaitement immobile, sirotant son jus de citrouille avec sérénité. Son calme contrastait avec l’effervescence fébrile de la jeune Serpentard, telle une flamme vacillante face à un lac figé.

Lorsque Thylas évoqua Alistair, glissant quelques comparaisons entre sa mère et la professeure de Botanique, un sourire discret se dessina sur ses lèvres. La remarque était fine, subtilement formulée, et révélait une vive intelligence doublée d’un sens de l’observation affûté. Rien de surprenant, songea-t-elle, venant de la fille d’Isolde. Après tout, les Boursoufs ne donnent pas naissance à des Fléreurs.

Alors que Thylas achevait son flot de paroles par une gorgée de jus de citrouille, Hellia reposa délicatement son verre sur le plateau, dans un tintement discret. Sans un mot, elle se dirigea vers la porte de la serre, l’ouvrant d’un geste mesuré avant de se tourner vers la jeune fille pour l’inviter à la suivre. Dehors, l’air était frais et portait encore les effluves humides de la rosée du matin. Le calme enveloppant les serres contrastait agréablement avec le huis clos solennel du bureau, et l’atmosphère semblait immédiatement plus respirable. Ses talons résonnaient doucement sur les dalles bordant les allées
.

Tu es une jeune fille intelligente, Thylas, commença-t-elle d’une voix calme, son regard vert fixé droit devant elle. Je vois que Sixtine ne s’est pas trompée à ce sujet.

Elle avançait avec cette allure assurée qui ne la quittait jamais. Une élégance rare, presque déroutante, tant elle détonnait avec les idées reçues qu’on pouvait se faire d’un professeur de Botanique. Pas de terre sous les ongles, ni de bottes boueuses. Hellia St.James incarnait une perfection étudiée, exigeante, qu’elle s’imposait depuis toujours.

Effectivement, je connais Alis. Enfin, je la connaissais, serait plus exact. Nous étions amies, enfants, puis camarades ici, à Poudlard. Et comme cela arrive parfois, nos idées ont fini par nous éloigner. Rien de dramatique. Tu apprendras, en grandissant, que cela se produit plus souvent qu’on ne le croit.

Les mots de Thylas, un peu plus tôt, avaient trahi une distance, une fracture silencieuse entre elle et sa mère. Attentive à cette faille, Hellia n’avait aucune intention de laisser une distance s’installer entre elles aussi. Tournant la tête vers la jeune Serpentard, elle lui adressa un sourire espiègle, complice, semblable à ceux qu’elle réservait à Sixtine lorsqu’elles se laissaient aller à la confidence. Ce qui arrivait souvent.

Crois-tu qu’en étant la mère de Sixtine, je sache encore ce que signifie le silence ?

Un rire lui échappa, tandis qu’elle pensait au flot incessant de paroles que sa fille pouvait prononcer en une seule minute.

Vos relations sont compliquées, n’est-ce pas ? Avec Alistair, je veux dire.

Chroniqueuse VIPère
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Serpentard
2e année
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 15/04/2025 à 22:08:35

Thylas suivait Hellia dans les serres, d’un pas plus lent que d’habitude. Elle était pas fatiguée, c'était autre chose. Elle avait l’impression étrange d’être dans un rêve, ou peut être un souvenir. L’odeur de la terre humide, la lumière filtrée à travers les feuillages, les plantes qui semblaient se pencher en silence pour mieux écouter… Ça lui rappelait des choses et des moments qu’elle croyait enfouis. Pourquoi ça lui rappelait sa mère ?

Ce n'était pas juste à cause des plantes. C’était Hellia avec sa manière de marcher droite mais fluide, comme si rien ne pouvait la faire trébucher, sa voix calme, comme un sortilège de sommeil et surtout… cette façon qu’elle avait de lire entre les mots, de deviner ce que Thylas n’avait pas dit. Son estomac se contracta en entendant le surnom "Alis". Elle n’avait pas entendu ce nom prononcé à voix haute par quelqu’un d’autre qu’elle même depuis... depuis toujours, en fait. Même son père disait "ta mère" et pourtant, ça sortait de la bouche d’Hellia comme si c’était une évidence, comme si elles avaient partagé des secrets. Elle sentit la colère monter mais une colère sourde, celle qui ne cherche pas à crier, plutôt à s’enfuir. Alors voilà, elle la connaissait. Elle savait peut être même pour René, peut être qu’elles avaient ri ensemble pendant qu’elle, Thylas, attendait une lettre qui ne venait jamais.

Hellia sourit. Ce petit sourire presque complice, comme si elle comprenait tout sans que Thylas ait besoin de parler. Le rire d’Hellia la désarma totalement mais ce qu'elle lui dit ensuite était vrai. Sixtine parlait beaucoup mais elle était d'une présence agréable. C’était peut être la seule personne à Poudlard qu'elle écoutait vraiment et à qui elle accordait beaucoup de respect.


"Vos relations sont compliquées, n’est-ce pas ? Avec Alistair, je veux dire."

Ce que Hellia venait de faire… c’était dangereux. Elle avait reconnu la fissure, celle que Thylas s’évertuait à camoufler et pire, elle semblait lui tendre une main chaleureuse. Les adultes posaient des questions, souriaient doucement, et avant qu’on s’en rende compte, on leur avait dit des choses qu’on pensait garder pour soi à jamais. Thylas redressa la tête, ajusta sa robe et recolla les morceaux de son masque.

Oui. Je veux dire, non. Enfin… tout va bien avec ma mère. C’est la meilleure. Vraiment.

Elle sentit le mensonge lui brûler la langue mais c’était mieux que la vérité. La vérité, on peut te la voler alors que le mensonge, c’est toi qui le contrôles. Elle poursuivit, récitant presque un script qu’elle avait perfectionné au fil des années tout en fixant une plante aux allures étrange pour éviter les yeux perçants de sa professeure.

Elle m’écrit… parfois et elle m’envoie des livres, plein de livres sur les plantes, surtout. Elle est super occupée, normal. Elle est brillante, vous savez. Elle sauve des trucs en Amazonie, je crois.

Dans sa tête, une voix rajoutait en silence "Mais elle ne m’a pas demandé ce que je ressentais quand René est mort. Elle ne m’a jamais demandé si j’avais peur, seule. Elle n’a jamais dit qu’elle était désolée de ses absences répétées." mais ça, jamais elle ne le dirait à Hellia. Elle se tourna ensuite vers elle, les sourcils légèrement froncés non pas avec arrogance mais avec prudence.

Mais du coup, c’est pas vraiment pour parler de Poudlard ou de Sixtine que vous m’avez convoquée, hein ?

Thylas n’était pas naïve. Elle connaissait ce regard que les adultes lançaient quand ils voulaient "aider" et parfois, "aider", ça voulait dire surveiller, enfermer, ou classer.

Je veux dire… y’a plein d’élèves en Botanique et à Serpentard. Des plus bavards, des plus discrets t des plus brillants aussi, sûrement. Alors… pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ?

Elle la regarda franchement, le menton levé mais avec une petite fissure dans sa voix, imperceptible pour ceux qui n’écoutaient pas vraiment.

Vous avez dit que vous connaissiez ma mère... Peut être que vous me connaissez moi aussi… mais ça, ça fait pas de moi quelqu’un d’intéressant ou spéciale ou… je sais pas quoi.

Dans un souffle à peine audible, presque comme une pensée qui s’échappe avant d’être retenue, elle rajouta

Alors… pourquoi vous m’avez fait venir ?



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Marraine de Malicia Lestrange <3


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Serpentard
6e année
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 24/04/2025 à 02:23:32

La Préfète détestait les matins. Ou, pour être plus précise, elle détestait être tirée du sommeil avant le reste des Serpentard, uniquement pour s'assurer que tous soient prêts à temps pour les cours. Ce n’était pas dans sa nature d’obéir aux habitudes imposées, et certainement pas pour faire plaisir à son grand-père. Non, la seule chose qui la poussait à enfiler son uniforme trop tôt et à traverser les couloirs encore engourdis de silence, c’était Keith. Quelques instants volés, rien qu'à eux, dans leur bulle où plus rien d'autre ne comptait.

Durant le petit-déjeuner, installée à sa place habituelle, elle avait repéré d’un coup d’œil le comportement inhabituel de Thylas. La première année, d’ordinaire si vive, toujours à lui poser mille questions et à lui emboîter le pas dans les couloirs, semblait soudain vouloir se faire oublier. Installée bien plus loin que d’ordinaire, elle évitait soigneusement son regard, baissant les yeux sur son assiette comme si le moindre échange visuel allait la pétrifier sur place. Il n’en fallait pas davantage pour piquer la curiosité de la Préfète. À peine la jeune vipère quitta-t-elle la table, que Sixtine se leva à son tour, discrète comme une ombre, la suivant avec discrétion.

Bien évidemment, elle ne connaissait pas l’emploi du temps de Thylas par cœur, mais elle était certaine que les premières années n’avaient pas cours de Botanique à cette heure-là c'était son premier cours de la journée, à elle et aux autres sixièmes années. Ce fut donc avec un froncement de sourcils intrigué qu’elle observa la fillette emprunter le chemin menant aux serres.


Malheureusement pour elle, sa filature fut interrompue avant même qu’elle ne puisse rattraper Thylas. Une Serpentard de quatrième année la héla d’un ton geignard, l’air contrarié, se plantant devant elle avec une moue boudeuse.

Sixtine, faut que je te parle ! Y’a un Serdaigle qui copie tout ce que je fais en Sortilèges, c’est insupportable !

La Préfète arqua un sourcil, visiblement peu impressionnée. Elle jeta un dernier coup d’œil à la silhouette de sa filleule qui disparaissait au coin du couloir, puis leva les yeux au ciel avec un soupir théâtral.

Tu as un cerveau, sers-toi en, marmonna-t-elle, d’un ton las, avant de tourner les talons. La plantant là sans autre forme de procès, prétextant à mi-voix être convoquée par sa mère, tout en accélérant le pas, bien décidée à découvrir ce qui pouvait bien tourmenter sa filleule pour qu’elle évite jusqu’à son regard.

Dans l'allée qui bordait les serres, sa mère était en pleine conversation avec Thylas. Leurs silhouettes se découpait avec élégance dans la lumière douce du matin. Fronçant les sourcils, Sixtine ralentit, intriguée. Que pouvaient-elles bien avoir à se dire ? Peut-être que Thylas avait finalement admis avoir besoin de cours de soutien. La Botanique n’était pas vraiment la matière la plus palpitante, après tout et la Préfète n’avait jamais compris comment sa mère pouvait trouver du plaisir à plonger ses mains dans la terre humide et collante. Rien que d’y penser, Sixtine grimaça de dégoût.


Maman ! Thy ! Attendez-moi !

Sa voix fendit l’air du matin, faisant sursauter un elfe de maison occupé à tailler une haie. Parvenue à leur hauteur, après avoir pris tout son temps, après tout elle n'allait tout de même pas courir comme une première année surexcitée et risquer d’abîmer son uniforme ou, pire encore, érafler ses chaussures. Elle les observa toutes deux, son regard passant de sa mère à Thylas, l’air faussement détaché mais clairement intrigué. Son sourcil gauche, haussé, trahissait sa curiosité.

De quoi parliez-vous toutes les deux ?

Chroniqueuse VIPère
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Serpentard
2e année
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 25/04/2025 à 21:26:14

Thylas sentait le regard d’Hellia s’alourdir sur elle, comme si la professeure avait lu entre chaque mot de son mensonge, ausculté chaque silence et disséqué chaque battement de cil. Chaque seconde qui passait lui donnait l’impression de se dissoudre lentement sous une loupe brulante. Elle aurait donné n’importe quoi pour disparaître à cet instant précis... que le professeur Pasteur surgisse en criant à l’invasion de strangulots, ou que les plantes alentour se mettent à danser la gigue en chantant l’hymne de Beauxbâtons, peu importait, du moment que cela brisait cet instant suspendu, ce face-à-face où elle se sentait mise à nu.

La voix familière de Sixtine fendit l’air, et le soulagement fut si intense qu’elle en relâcha tout son corps d’un coup. Un soupir s’échappa de ses lèvres, comme une bulle trop longtemps retenue sous l’eau. Elle se tourna vers sa marraine comme si cette dernière venait de la repêcher d’un naufrage. Un sourire crispé, presque une grimace, se dessina sur son visage tandis qu’elle balbutiait ses mots.


Ah, Sixtine, c’est… c’est pour les défis, hein ? Hein ? Ah oui, il est l’heure, hein, on doit y aller…

Sa main attrapa celle de Sixtine avec urgence, une prise brusque et désespérée qui trahissait bien plus que ses mots la panique sourde battant toujours dans sa poitrine. Elle n’osa pas accorder un dernier regard à Hellia. Son cœur cognait fort, et elle traîna Sixtine à sa suite comme on fuirait un Feudeymon. Elles marchèrent un moment en silence. Les couloirs défilaient dans un flou brumeux, baignés dans la lumière pâle d'une fin de matinée. Thylas gardait les lèvres serrées et le regard figé droit devant elle, sans vraiment voir. Lorsqu’elles atteignirent enfin un recoin tranquille du château, à l’abri des regards, elle s’arrêta d’un coup. Sa main restait dans celle de Sixtine, comme un fil fragile qui la maintenait à la surface puis, elle la lâcha, comme si ce fil venait de se rompre.

Thylas se laissa glisser contre le mur et s’asseya sans un mot. Elle ramena ses genoux contre sa poitrine, le menton enfoui, les bras serrés autour d’elle même. Elle avait cru que Poudlard serait une échappatoire ou une bulle à part. Un endroit où elle pourrait être autre chose que "la fille de", autre chose qu’un héritage de plantes, de noms anciens, d’attentes étouffantes. Elle voulait courir dans les couloirs sans qu’on lui demande où elle allait, voler trop haut sur un balai, rater des potions, inventer des sorts stupides, se cacher dans la bibliothèque pour lire des livres interdits, rire trop fort, se battre en duel et en rire après. Elle voulait être vivante et libre mais tout revenait. Faith et ses histoires de grandes lignées et d’organisations mystérieuses puis maintenant Hellia et ce regard. Ses épaules commencèrent à trembler d’abord doucement puis plus fort. Elle n’arrivait plus à contenir les larmes. Elles surgirent sans prévenir, comme un orage trop longtemps contenu. Elle se détestait pour ça et plus encore, elle détestait que ce soit Sixtine qui soit là. Pas parce qu’elle ne lui faisait pas confiance mais justement parce qu’elle ne voulait pas lui montrer ce qu’il y avait derrière ses sourires tordus et ses éclats de rire bruyants.

Elle releva la tête lentement et son regard croisa celui de Sixtine. Il n’y avait ni jugement, ni pitié dans ses yeux. Il y avait quelque chose de doux et de patient. Alors les larmes coulèrent encore plus et sans honte cette fois parce qu’elle comprit, en cet instant précis, que ce regard là n’était pas celui d’un professeur, ni celui d’un parent mais c’était celui d’un potentiel refuge.

Cela devint trop pour la jeune fille qui se leva d’un coup et trop vite. Sans prévenir, les jambes tremblantes et le cœur en vrac, elle prit ses jambes à son cou, courant sans se retourner. Elle ne savait même pas si Sixtine avait essayé de la suivre. Elle courut jusqu’à son dortoir et se mit sur son lit. Les larmes recommencèrent à couler, silencieuses cette fois puis, doucement, le sommeil la prit. Elle avait raté ses cours, mais elle trouverait une excuse. Elle en trouvait toujours.

~*~

Les jours suivants, Thylas se lança dans une mission quasi militaire, éviter Sixtine et Hellia à tout prix. Elle arrivait pile à l’heure en botanique, et quittait la classe dès que le cours était officiellement terminé. D’ailleurs, Hellia semblait avoir laissé le professeur William assurer les leçons. Était elle partie parler à sa mère ? Lui faire un rapport ? Thylas imaginait mille scénarios dans sa tête, chacun plus improbable que le précédent. Ce soir là, alors qu’elle rentrait tard de la bibliothèque, elle tomba nez à nez avec Sixtine à l’entrée de la salle commune. Elle aurait bien aimé faire demi tour, mais c’était l’heure du couvre-feu, et elle doutait que sa marraine la laisse transgresser les règles aussi facilement. Elle feignit un bâillement, comme si tout allait bien.


Salut marraine…

Elle priait intérieurement pour que Sixtine la laisse rentrer sans poser de questions et pour qu’elle laisse les larmes, les regards, et ce maudit instant… dans le passé.

Présence réduite

Marraine de Malicia Lestrange <3


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Serpentard
6e année
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 26/04/2025 à 17:48:38

Quelques jours s’étaient écoulés depuis cet épisode, et si la Préfète était de nature curieuse, elle savait aussi reconnaître quand il fallait faire preuve de retenue. Thylas semblait avoir besoin d’espace, et Sixtine n’était pas du genre à forcer une porte close. Si la plus jeune préférait l’éviter pour l’instant, elle respecterait ce choix sans rancune ni insistance déplacée. Elle reviendrait d’elle-même, lorsque le moment serait venu.

Bien sûr, l’idée de questionner sa mère l’avait traversée plus d’une fois. D’exiger des explications sur la nature exacte de cette conversation, sur ce qui avait bien pu secouer autant la jeune Serpentard, mais elle connaissait trop bien Hellia pour s’y risquer. Sa mère ne révélait jamais les secrets qu’on lui confiait. Alors, elle se contentait de garder un oeil discret sur Thylas de loin, sans jamais chercher à s'imposer.

Le nom de famille de sa filleule ne lui était pas étranger. D’abord parce que sa mère était une botaniste renommée dont elle avait étudié certains travaux en cours les années précédentes. Ensuite, parce qu’elle avait déjà croisé Isolde Darkflare, le père de Thylas, lors de quelques réunions organisées à Aberdeen où sa propre mère officiait en hôtesse parfaite. Elle se souvenait de cet homme aux manières impeccables. Or, puisqu’il n’était ni Auror, ni professeur à Poudlard, il y avait fort à parier que ses visites avaient un autre but. Il devait certainement être lié à ce fameux Coven, ce sujet qu’elle avait appris à repousser d'un revers de main agacé chaque fois qu’il revenait sur le tapis.

Alors, lorsque Thylas la salua ce soir-là en passant près d’elle à l’entrée de la Salle Commune, pendant qu’elle faisait sa ronde pour s’assurer que les Serpentard respectaient scrupuleusement le couvre-feu, Sixtine n’hésita pas une seconde. D’un geste vif, elle attrapa la jeune élève par la manche de son uniforme, l’entraînant à sa suite sans lui laisser le temps de protester. Elles traversèrent les couloirs d’un pas rapide jusqu’à atteindre le dortoir que la Préfète partageait avec Altaïre, qui, par chance, brillait par son absence. Refermant la porte derrière elles dans un claquement feutré, elle sortit de la poche intérieure de sa cape un morceau de parchemin froissé. Sans un mot, elle le planta sous le nez de Thylas, son regard bleu rivé au sien, brillant d’une curiosité mêlée d’une pointe d’impatience.


J’ai trouvé ceci. Peux-tu me dire ce que tu fabriquais dans la Salle sur Demande après le couvre-feu l’autre soir ? Et surtout, en compagnie de cette... Serdaigle ?

Elle avait craché le mot comme une insulte, refusant catégoriquement de prononcer le nom de celle qu'elle tenait pour responsable de la rupture avec son ancien meilleur ami. Après tout, c’était à l’instant où il s’était rapproché de cette Serdaigle qu’ils s’étaient disputés tous les deux. Et si, habituellement Sixtine était indifférente aux rumeurs qui couraient dans les couloirs, préférant consacrer son temps à des occupations plus utiles, elle se surprenait à leur prêter foi dès qu’il s’agissait de la septième année.

Tu as entendu ce qui se dit sur elle dans les couloirs ? Elle a agressé une élève plus jeune qu’elle. Sans même utiliser sa baguette. Elle marqua une pause dramatique, l’indignation perlant dans sa voix. Cette fois au moins, il a fait honneur à sa maison. Il a fait preuve d’intelligence en s’éloignant d’elle.

Thylas devait certainement se demander qui était ce "il" auquel elle faisait allusion, mais la Préfète n'avait pas la moindre intention de s'étendre sur ce sujet. Un autre sujet, bien plus important méritait d’être mis en lumière, et elle n’avait aucune envie de perdre du temps en explications inutiles. Ce qu’il s’était passé appartenait au passé. Elle rangea le morceau de parchemin dans la poche intérieure de sa robe d'un geste sec, avant de reporter toute son attention sur la jeune vipère.

Je ne vais pas te demander ce qu’il s’est passé avec ma mère pour que tu sois dans cet état la dernière fois. C’est à toi de m’en parler si tu le souhaites. Tu n’as donc pas besoin de dépenser ton énergie en m’évitant comme tu le fais.

Sans attendre de réponse immédiate, elle s'installa devant sa coiffeuse en bois sombre dont le miroir renvoyait la pâleur de leurs silhouettes. Sa brosse glissa lentement dans sa chevelure brune, capturant les reflets soyeux sous la lumière tamisée des chandelles. À travers le miroir, ses yeux accrochaient le reflet hésitant de Thylas, tandis que ses pensées vagabondaient.

Il devait s’agir d’histoires de famille. C’était presque une évidence puisque Thylas était encore trop jeune pour connaître une déception sentimentale. Et les tourments familiaux avaient parfois cette capacité de tordre l’âme, elle le savait, mieux que personne. Comme elle savait combien il était précieux d’avoir une épaule sur laquelle s’appuyer quand les secrets devenaient trop lourds à porter. Keith était cette présence rassurante pour elle. Mais Thylas qui avait-elle réellement ?


Si tu as besoin de parler de tout ça, tu peux me faire confiance, tu sais ?

Chroniqueuse VIPère
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Serpentard
2e année
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 27/04/2025 à 14:43:59

Thylas sentit le regard de Sixtine peser sur elle mais après ce que Faith avait laissé entendre, c'est à dire quelque chose de sombre et presque terrifiant, elle n’avait aucune envie d’impliquer sa marraine là dedans. Alors, elle se força à sourire et mentit.

Oh, ce n’était rien… Juste une Serdaigle qui me posait plein de questions sur Serpentard, tu sais… nos stratégies pour la Coupe, ce genre de choses… Je ne la connais pas

Elle lâcha un rire nerveux, priant pour que son excuse suffise mais au fond, une pensée plus inquiétante venait de lui traverser l'esprit. Le papier que Sixtine lui avait montré… N'était-il pas censé être caché dans son dortoir ? Ou l'avait-elle déplacé sans s'en rendre compte ? Son cœur manqua un battement. L'idée de demander à Sixtine où elle l'avait trouvé effleura son esprit, mais elle s'en ravisa aussitôt. Cela ne ferait que prolonger la conversation... et lui donner plus d'occasions de lire entre les lignes.

Bon, je vais aller dormir… À demain, hein.

Sans attendre de réponse, elle fila vers son dortoir. Ces derniers temps, fuir lui semblait plus simple que d'affronter ses propres démons. Elle faisait confiance à sa marraine mais elle ne voulait pas l'encombrer avec ses souçis. Elle n’était clairement pas prête à parler de quoi que ce soit ayant un lien avec sa famille. En se glissant sous ses draps, une autre pensée importune la traversa. Sa mère lui avait donné, avant son entrée à Poudlard, une liste très précise de familles "fréquentables", de jeunes sorciers, tous de sang-pur, dont elle pouvait se rapprocher si l'envie lui venait. Elle se souvenait de certains noms, d’ailleurs mais pas une seule fois, le nom St.James n’avait été évoqué. Pourtant, Sixtine était aussi de sang-pur, elle en était certaine. Était-ce simplement parce qu’elle était plus âgée ? Mais il y avait pourtant sur cette liste des élèves encore plus vieux… Alors pourquoi pas elle ? Cette incohérence la perturba un instant, mais, fidèle à elle même, elle balaya vite cette pensée d’un revers mental. À quoi bon ressasser ?

~*~


Les jours suivants, elle fit tout pour retrouver une apparence de normalité. Elle retourna s'asseoir à côté de Sixtine le lendemain, lui montrant tous ses devoirs marqué par la lettre "O". Elle aperçut Altaïre lever ostensiblement les yeux au ciel et aurait juré avoir vu Proventus Tal Moundine, à la table du personnel, murmurer "lèche-botte" à l'attention de la jeune fille. Elle s'en moquait car tout ce qu’elle voulait, c'était retrouver ce semblant de normalité qu’elle avait perdu.

Plus tard dans l'après midi, elle monta jusqu'à la volière, s’installa dans un coin, un parchemin sur les genoux et écrivit à son père. La lettre débuta comme toutes celles qu’elle n’envoyait jamais, quelques phrases banales, maladroites puis elle laissa les mots couler librement.


Bonjour père,

J'espère que tes recherches se passent bien. Je crois que Polly, notre elfe de maison, m'avais dit que tu étais en Bulgarie… ou peut être au Burundi ? J’ai un peu oublié. Dans tous les cas, j’imagine que tu es très occupé avec toutes tes bestioles. Je ne sais pas trop pourquoi je t’écris. Je sais que je n’aurai probablement pas de réponse, comme d’habitude mais ces derniers temps, je me sens un peu… perdue.

Il s’est passé des choses étranges ici. Une fille m’a parlé d’une Organisation, de notre directrice adjointe. Je ne comprends pas très bien de quoi il s’agit, mais… ça a l'air dangereux et je n’ai personne d’autre à qui en parler.

Notre professeure de Botanique m’a aussi posé des questions sur Mère. Je suppose qu’elles se connaissent. Dis-moi, est-ce que vous avez demandé aux professeurs de me surveiller ?
Ce n’est pas nécessaire, tu sais. Je fais tout ce qu’il faut pour que le nom Darkflare reste à la hauteur de ce que Mère attend alors s’il te plaît, laisse moi au moins avoir une scolarité normale. Et ne t'inquiète pas, je n'espère pas de réponses.

Thylas Darkflare


Elle replia lentement la lettre avec le cœur battant, incapable de décider si elle venait de supplier, d'accuser, ou simplement d’espérer. D'un geste résolu, elle l’attacha à la patte de Titi, son hibou petit-duc, et le laissa s’envoler. Elle resta là un moment, les bras serrés autour d’elle même jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus le voir, avant de redescendre les escaliers, un peu plus vide qu’à son arrivée.

Présence réduite

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Serpentard
6e année
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 01/05/2025 à 17:46:22

Même si elle préférait rester en dehors de toutes ces histoires de Coven dirigé par sa mère, Sixtine n’était pas stupide. Les souvenirs de ce qu'il s'était passé en Grèce, ainsi que le jour où elle avait été enlevée en compagnie d'Altaïre en France, étaient encore frais dans sa mémoire. Et ce n’était que deux épisodes parmi tant d’autres, liés aux secrets, aux dangers qu'engendrait ce monde-là. C’était justement pour tout cela qu’elle avait décidé de se tenir à l’écart.

Bien entendu, l'adolescente avait conscience de l'importance de ce que faisait Hellia. Préserver le monde magique, protéger les créatures, les sorciers en danger. Tout ça, c’était admirable. Mais ce n’était pas pour elle. Sixtine, elle avait d’autres projets, comme lancer sa propre ligne de vêtements, devenir une créatrice reconnue dans tout le monde sorcier. Et aussi, se marier avec Keith. En réalité, elle hésitait un peu sur l’ordre de ses priorités. Le mariage avant la carrière ? Peut-être. Mais bon, ce n’était pas le moment de penser à ça.

Ce soir-là, après les cours, Sixtine attendait la jeune Serpentard à la sortie de la bibliothèque et ne lui laissa pas vraiment le choix, lui adressant juste un regard insistant Suis-moi qui ne souffrait aucune contestation. Sans un mot de plus, elle avait pris la direction des serres. L’air était un peu plus frais que d’habitude, mais ni l’une ni l’autre ne semblait s’en soucier. Elles marchèrent quelques minutes en silence. Les bruits du château et des élèves s’éloignaient derrière elles, remplacés par le bruissement des feuilles et le chant lointain des hiboux.


Écoute, j'ai lu la lettre que tu as envoyé à ton père. Ma mère t’expliquera tout ça mieux que moi. Je sais ce que c’est d’être la fille d’une personne qui fait partie d’un truc qu’on ne comprend pas toujours. Ma mère dirige un de ces trucs. Le Coven. J’ai décidé de ne pas mettre mon nez dans tout ça. Et je pense sincèrement que tu devrais faire la même chose. Elle fit une pause, cherchant les mots justes. Après tout, c’est leurs problèmes, pas les nôtres, non ? Je pense aussi que tu devrais rester loin de la Serdaigle. Réfléchis-y. Elle n’a pas hésité à te parler de tout cela alors que c’est dangereux. Ce n’est pas un jeu et ni toi, ni moi, n’avons à prendre part à tout ça. Nous avons cette chance de ne pas avoir à le faire, alors profitons-en.

Sa vision des choses était sans doute un peu égoïste, mais à seize ans, elle n’était pas prête à porter sur ses épaules des histoires qui la dépassaient. Elle avait déjà assez à gérer avec ses devoirs, ses émotions, ses rêves, ses envies. Pourquoi s’impliquer dans des affaires de Coven, de secrets trop lourds pour une adolescente ? Elle avait la chance d’avoir une mère qui, justement, l’en tenait à l’écart, un père qu’elle apprenait encore à connaître mais qui s’était montré à la hauteur, et un grand-père qui comblait presque chacun de ses caprices. Elle savait qu’elle avait de la chance. Une chance insolente, peut-être, mais elle n’allait pas s’en excuser.

Persuadée d’avoir dit ce qu’une amie dirait dans une telle situation, elle l’entraîna à l’intérieur d’une serre. Peut-être que Thylas n’écouterait pas. Peut-être qu’elle prendrait ses propres décisions malgré tout. Mais Sixtine, elle, avait fait sa part.


La chaleur humide enveloppa aussitôt les deux adolescentes, tandis qu'elles entraient dans une serre. À l’intérieur, une silhouette familière les attendait, debout près d’un long plan de travail en pierre envahi de feuilles, de fioles et de bocaux de graines soigneusement étiquetées. Hellia était là, droite, élégante malgré l’atmosphère rustique des lieux. Ses yeux trahissaient une concentration sérieuse, mais son expression s’adoucit en voyant les deux jeunes filles s'approcher.

Voilà. Thylas est là maintenant. Explique lui, moi je dois retourner au château, ça va être l’heure de faire ma première ronde.

Alors que Sixtine s’éclipsait en silence, tirant doucement la porte derrière elle, elle entendit la voix familière de sa mère résonner dans la serre.

Bonsoir Thylas. Je suis contente que tu sois venue.

La Préfète ne se retourna pas, laissant derrière elle cette conversation qui ne lui appartenait pas. C’était désormais à elles de parler, à elles de se comprendre.

Chroniqueuse VIPère
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Serpentard
2e année
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 01/05/2025 à 20:26:31 - Modifié : 01/05/2025 à 20:27:37

La lettre. Elle avait lu sa lettre.

Quand Sixtine le lui dit, Thylas sentit son cœur rater un battement. Son souffle se coupa net, comme si elle venait de recevoir un sortilège en pleine poitrine. Elle ne répondit rien et suivit la préfète dans un état second, les yeux légèrement écarquillés, la bouche entrouverte, les joues pâles. Chaque pas résonnait dans sa tête comme un écho vide. Elle n'écoutait qu'à moitié les explications de Sixtine sur le Coven, Hellia, la Serdaigle, tout ça se mélangeait dans une brume floue et sourde.

"J'ai lu la lettre que tu as envoyée à ton père."

Elle sentait une colère sourde grandir et elle se mordilla la lèvre inférieure pour éviter de dire quelque chose qu'elle regretterait. Une fois seule avec Hellia dans la serre, elle resta plantée là, immobile puis elle s’assit lentement sur un banc un peu humide, les mains sur ses genoux, la gorge nouée, et fixant un point invisible dans le vide.

Y'a vraiment… aucune intimité dans ce château, hein…

Thylas eut un rire nerveux, sans joie. Elle tourna la tête vers Hellia, les sourcils froncés et la voix un peu tremblante.

Mon hibou a été intercepté ? Ou vous avez des sorts pour lire les lettres avant qu’elles partent ? Elle fronça les sourcils, un peu plus vivement cette fois. J’avais rien écrit de dangereux. Juste… j’avais besoin de parler. C’était à mon père, pas à Sixtine, ni vous.


Elle marqua un silence puis elle inspira, profondément, et dit d’une voix plus posée, les yeux toujours ancrés vers le sol.

Je vais pas fuir cette fois. Je suppose que c’est mieux de… mettre les choses au clair.

Thylas releva enfin la tête. Son regard cherchait celui d’Hellia, hésitant mais sincère.

Alors… qu’est-ce que vous voulez me dire ?


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Professeure
Auror
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 07/05/2025 à 01:09:34

Lorsque les deux adolescentes avaient fait irruption dans les serres, l'attention de Hellia était portée sur Luci, la plante farouche de son adjoint, dont les lianes s'agitaient étrangement. C'était un mouvement discret, mais inhabituel. Le Filet du Diable avait ses manières bien à lui de percevoir ce que les humains ne sentaient pas toujours immédiatement.
Dès le départ de sa fille, son regard s'était dirigé en direction de Thylas, assise sur un banc. Une crispation, à peine visible, tendait les traits de son visage et il n'en fallait pas plus pour confirmer ce que la plante semblait pressentir. Les émotions de la jeune élève semblaient se battre en duel.

En écoutant Thylas aborder le sujet de l’intimité à l’école, elle sourit, vaguement amusée car l’intimité, à Poudlard, était un luxe rare, presque illusoire. Les couloirs avaient des oreilles, les murs savaient chuchoter, et les hiboux, parfois, changeaient de mains. Laissant à la fille d’Isolde le temps de s’exprimer, elle se contentait simplement de l’observer attentivement.


Penses-tu vraiment que je m’amuse à intercepter les hiboux, Thylas ? demanda-t-elle d’un ton calme mais ferme. Fais honneur à l’insigne que tu portes, je te prie. Elle désigna léger mouvement de baguette l’emblème de Serpentard sur l’uniforme de la jeune fille. Essaie de réfléchir correctement.

D’un geste souple de sa baguette, la porte de la serre se referma derrière elles. Le claquement était net, sans agressivité, juste assez pour signifier qu’il n’y aurait pas de fuite, ni physique, ni émotionnelle.

C’est Isolde qui m’a transmis ta lettre. Il s’inquiète pour toi.

Puis, elle s’éloigna lentement pour rejoindre un établi non loin, où elle se mit à trier avec méthode une série de graines disposées dans de petits bocaux en verre. Des étiquettes manuscrites flottaient doucement autour d’elle, pour se coller d’elles-mêmes une fois le bocal fermé.

Cela ne sert à rien de fuir. Tout finit par nous rattraper, tôt ou tard. Tu es jeune, Thylas, mais tu dois apprendre à regarder la vérité en face. Ce n’est qu’en l’acceptant que tu pourras avancer. Elle marqua une pause, reposa une poignée de graines dans un bocal, puis leva enfin les yeux vers la jeune Serpentard. Et ce n’est sûrement pas en pleurant dans les couloirs de l’école que tu trouveras des réponses.

Il n’y avait ni dureté ni condescendance dans sa voix. Seulement une franchise empreinte d’expérience.

Alors dis-moi, Thylas. Que sais-tu exactement de l’Organisation ? Et ne tente pas de me mentir. Je le saurais, crois moi.

Elle s’approcha, son regard planté dans celui de la jeune fille.

N'imagine pas qu'Isolde ait confié la protection de sa fille unique à n'importe qui. Il tient trop à toi pour cela. Et moi, vois-tu, je prends très au sérieux la confiance qu'il m'accorde.

Chroniqueuse VIPère
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Serpentard
2e année
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 13/05/2025 à 00:01:28

Thylas ne répondit pas tout de suite. Elle restait assise sur le banc, le dos bien droit et le regard fixé sur un point flou quelque part entre les bocaux flottants et les racines étranges qui pendaient du plafond. Elle se sentait prise au piège, comme si la serre s'était soudaineent changée en prison de verre mais pas une jolie, une où on l'observait à travers chaque paroi.

Quand elle parla enfin, sa voix tremblait un peu non pas de peur mais de rage contenue.


Bien sûr qu’il s’inquiète pour moi, dit elle en appuyant chaque mot avec ses mâchoires serrées. Tellement qu’il a trouvé plus intelligent d’envoyer ma lettre à ma professeure plutôt que de me répondre lui même.

Ses mains se crispèrent sur ses genoux et ses ongles s'enfonçèrent dans le tissu de sa jupe d’uniforme.

Et bien sûr que je ne peux rien garder pour moi. Je pleure une fois dans un couloir, une seule et voilà que même ça, c’est rapporté. Comme si j’avais pas le droit d’être paumée, ou triste, ou en colère sans que tout le monde s’en mêle.

Elle releva les yeux vers Hellia. Elle était intimidante oui mais Thylas ressentait une émotion qu'elle ne comprenait pas encore totalement. C’était de la colère, de la fierté et une blessure sourde, plus profonde que tout.

Pourquoi est-ce que tout le monde pense qu’on est trop petites pour choisir? Qu’on est trop bêtes pour comprendre? Sixtine, mon père, vous… Vous croyez tous savoir ce qui est "bon pour moi" mais c’est mon cerveau, mes souvenirs, ma vie.

Elle avait envie de se lever, de claquer la porte mais elle savait que ça ne servirait à rien alors elle resta là, droite comme une pique, les yeux humides mais brillants.

L’Organisation, je sais pas tout mais je sais que ça a un rapport avec les gens qui disparaissent, que c’est dangereux et je sais que cette fille, cette Serdaigle… elle m’a parlé comme si j’étais pas une idiote, pas une gamine à protéger. Juste… quelqu’un à qui on peut dire la vérité.

Elle marqua une pause et baissa un peu la tête.

Je sais pas si j’ai envie de votre protection et je ne sais pas pourquoi j'en aurais besoin d'ailleurs. J’aurais préféré une réponse de mon père, pas une leçon de morale et sûrement pas une mise en scène dans une serre pleine de plantes qui sentent le moisi.

Elle se leva, cette fois, lentement. Le ton était moins tranchant, plus douloureux. Elle fit un pas vers la table.

Si vous voulez que je sois digne de mon insigne, alors traitez moi comme quelqu’un qui le porte pour une raison, pas comme une enfant à qui on planque les bouts de vérité pour la faire dormir tranquille.

Elle recula sans baisser les yeux et croisa les bras.

Maintenant, si vous avez des vraies réponses… je suis là mais épargnez moi les demi mensonges. J’en ai eu assez pour une vie entière. Pourquoi ai je besoin de votre protection?

Présence réduite

Marraine de Malicia Lestrange <3


Professeure
Auror
Photographe
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 24/05/2025 à 23:30:10

La tirade de Thylas s’était éteinte dans un souffle, et Hellia était restée immobile, silencieuse. Elle l’avait écoutée jusqu’au bout, sans l’interrompre, ses yeux verts posés sur elle, impassibles. Ni jugement, ni pitié, juste une attention calme et pleine de retenue. Puis, d’un simple signe de tête, elle lui avait indiqué la sortie de la serre, l’invitant à la suivre.

Elles quittèrent la chaleur moite de la serre pour l’air frais du soir. Le soleil déclinait à l’horizon Le vent caressait doucement les branches des arbres, transportant avec lui les murmures indistincts du château derrière elles. Le sentier qu’elles empruntèrent serpentait le long de la Forêt Interdite, là où peu d’élèves, mis à part les inconscients, osaient s’attarder à la tombée du jour. Ici, les bruits familiers de Poudlard semblaient lointains, comme si un voile avait été tiré entre elles et le reste du monde.

Les talons de la Fourchelang claquaient contre les cailloux du chemin, contrastant avec la souplesse de sa silhouette élancée. Finalement, elle s’arrêta à l’orée du bois, près d’un vieux tronc d’arbre, à moitié recouvert de mousse sur lequel elle s’installa sans cérémonie, soupirant en massant ses chevilles engourdies.


Je continue de porter ces maudits talons. Une erreur que je fais tous les jours, marmonna-t-elle avec un sourire.

D’un geste de sa baguette, elle fit apparaître Orphée. Le mamba noir ondula lentement au sol, profitant de l’espace et de la fraîcheur, ses écailles captant les dernières lueurs du soleil couchant.

Tu veux la vérité ? Celle que ton père tente de te cacher pour te protéger ? Très bien. Je vais te la donner. Mais promets-moi de m’écouter jusqu’au bout. Ensuite, tu pourras dire ce que tu en penses. Car bien sûr, tu as le droit d’avoir une opinion. C’est même essentiel.

Sans attendre un signe d’assentiment de la jeune Serpentard, elle poursuivit.

Ton père a découvert récemment qu’Alis fait partie de l’Organisation. Nous avions des soupçons auparavant, mais les soupçons ne sont pas des certitudes. Cette fois, Isolde en est sûr. Ta mère a quitté votre foyer et son mari. Il t’expliquera cela lui-même. Ce n’est pas à moi de raconter cette partie de l’histoire. Elle reprit, sans détour. Et il a peur. Pas seulement pour ta sécurité. Il a peur que tu sois tentée de suivre les pas de ta mère. Que tu sois séduite par leurs discours. Il ne t’en croit pas capable, mais il sait que les enfants cherchent parfois à comprendre leurs parents. À leur ressembler, même sans s’en rendre compte.

Elle inspira lentement, comme si elle devait choisir chaque mot avec soin.

Je vais être claire, Thylas. L’Organisation n’est pas un club d’idées ou une société secrète anodine. C’est un groupe radical, dangereux. Leur idéologie est simple et terrible. Les Moldus sont des êtres inférieurs, leur monde ne mérite pas de coexister avec le nôtre. Ils veulent que le monde magique prenne le pouvoir. Pas pour vivre ensemble, non. Pour dominer. Asservir. Écraser.

Elle planta ses yeux dans ceux de la jeune Serpentard.

Et ce n’est pas un fantasme. Ce n’est pas un vieux mythe. La dirigeante actuelle de ce groupe est une des directrices adjointe de Poudlard. Une femme que tu croises peut-être tous les jours, qui prend des décisions concernant ta sécurité, tes cours, ton avenir. Elle est là, au cœur de l’école. Et ton père sait que c’est une menace. C'est pour cette raison qu'il s’inquiète et pour la même raison qu'il m'a demandé de veiller sur toi comme si tu étais ma propre fille.

Le silence se fit un instant. Le bruissement des feuilles, le sifflement discret d’Orphée dans les herbes, tout paraissait suspendu.

C’est à toi de choisir. Je ne t’obligerai à rien. Ce n’est pas ainsi que je fonctionne. Je ne suis pas ta mère. Ni ta professeure à cet instant. Seulement une adulte qui connaît ce monde et qui se bat pour en préserver ce qu’il reste d’humain et de juste. Si tu veux mon aide, je serai là. Si tu préfères qu’on n’en parle plus, je respecterai aussi ce choix.

Elle se leva en époussetant doucement sa cape noire, puis conclut d’une voix plus douce.

Mais promets-moi de réfléchir. De ne pas te laisser aveugler par ce que tu crois savoir. Par ce que tu ressens. Parce qu’un jour, tu seras face à un choix. Et ce jour-là, il faudra être prête, car tout cela est loin d’être un jeu. Crois moi, j'en ai fait l'amère expérience.

Chroniqueuse VIPère
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Serpentard
2e année
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 21/06/2025 à 23:23:44

Sowwy for the delay :')



Thylas ne comprenait plus très bien si elle devait être soulagée… ou encore plus inquiète. Les mots de Miss St.James avaient résonné dans son esprit avec une clarté troublante, chaque phrase éveillant des souvenirs qu’elle n’avait pas vraiment questionnés jusque là, à savoir la retenue étrange avec la directrice.

Et pourtant… malgré toutes les révélations, ce n’était pas ce qui la troublait le plus. C’était l’endroit et le sifflement bas d’Orphée qui glissait dans l’herbe, comme une ombre vivante et cette impression de plus en plus forte qu’elle n'avait pas vraiment de choix et qu'on l’amenait doucement là où d’autres avaient déjà décidé pour elle.

Son regard s’était posé sur Miss St.James, son élégance froide et sa posture maîtrisée, tout jusqu’à sa voix semblait calculé. Même ses talons, elle s’en plaignait mais les portait quand même. Thylas recula d’un pas quand Orphée s’approcha, luttant contre l’envie ridicule de grimacer. Elle n’avait pas oublié ses mésaventures avec le mamba noir.


Pourquoi ici? marmonna-t elle pour elle même. Pourquoi me dire tout ça… ici?

Elle n’était plus tout à fait sûre que cette discussion relevait de la "protection". Les mots de Hellia résonnaient comme une mise en garde, oui… mais les images dans sa tête commençaient à s’emballer. Si son père était prêt à envoyer sa lettre sans la prévenir, alors quoi d’autre? Elle fit un pas en arrière un peu trop brusque, et son pied heurta une racine couverte de mousse. Le sol sembla s’ouvrir sous elle. Elle bascula en arrière, un cri bref lui échappa mais elle ne tomba jamais. Deux bras fermes l’avaient rattrapée juste à temps.

Elle leva les yeux, haletante… et son cœur fit un bond.


M-Monsieur Ituski…?

Présence réduite

Marraine de Malicia Lestrange <3


Professeur adjoint
Serveur
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : Heavy is the Crown
Créé : 21/06/2025 à 23:56:44

La lumière déclinante filtrait à travers les branches de la Forêt Interdite et dessinant sur le sol des arabesques mouvantes que Heiji suivait du regard, accroupi près d’un vieux chêne. Il venait d’achever une série d’observations sur une colonie de Salamandres, une espèce discrète qu’il n’avait pas vue depuis des années. Il aimait ces moments là. Le calme du bois, les bruits sourds de la terre sous ses doigts et les traces presque invisibles laissées par les créatures qu’il traquait sans jamais trop les déranger.

Cela faisait une semaine qu’il était arrivé à Poudlard. Il n'était pas vraiment enchanté de se retrouver enfermer dans cette position de professeur mais il devait sa vie à Isolde et s'il pouvait l'aider en surveillant sa fille pendant quelques temps, il le ferait volontiers. Avec amertume, mais volontiers. Depuis, il se contentait de rester dans l’ombre, de croiser Thylas de loin, entre deux couloirs, une serre ou un escalier grinçant. Elle était vive, farouche, fière et elle ressemblait à Isolde, un peu trop d’ailleurs. Heiji ne savait pas encore s’il devait s’en inquiéter.

Ce soir là, en remontant lentement le sentier qui longeait la lisière de la forêt, il s’apprêtait à regagner ses quartiers. Il avait de la terre sur les mains, une odeur de mousse dans les narines et le bruit familier des hiboux au loin. Il leva les yeux par réflexe lorsqu’il sentit un mouvement au bord du chemin et vit deux silhouettes.

Il s’arrêta aussitôt. C'était Thylas et la silhouette d'une femme. En se rapprochant, il reconnut l'allure élégante et droite de Hellia, la professeure de Botanique qu'il connaissait de nom. Ce n’était pas tant sa présence qui le fit sortir de sa discrétion, que l’attitude de Thylas. Quelque chose dans son corps tendu, mal à l’aise et ce moment, si bref, où elle perdit l’équilibre en reculant, happée par ses pensées. Il n’eut pas à réfléchir, il courut et la rattrapa. Il la maintint fermement mais doucement, jusqu’à ce qu’elle retrouve ses appuis. Elle semblait agitée, son regard un peu perdu. Il reconnut l’expression d’un enfant perdu qui semblait ne pas savoir quoi faire.

Il se tourna vers Hellia. Une évaluation muette passa dans son regard.


Bonsoir mademoiselle St.James. Je me présente, Heiji, professeur adjoint en Soins aux Créatures Magiques.

Il inclina légèrement la tête avec un respect mesuré, mais son ton était parfaitement clair.

Je suis un peu surpris de voir une élève aussi proche de la forêt… aussi tard. Même si, bien entendu, j’imagine que ce doit être une promenade pour lui montrer ces valérianes qui poussent non loin.



Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Poudlard et ses environs

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